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certains points où il faut s'attacher fortement selon otre état présent. De ce que je vous écrivis l'année dernière vous pouvez juger pourquoi je vous fais ce discours. Or voici les maximes où je m'exerce à présent, même par obligation de vœu.
I. Etant accusée d'avoir fait quelque faute, ne s'en point excuser, encore qu'on soit innocente; et n'accuser point ceux qui les auraient faites, pour se décharger, si ce n'est qu'il y aille de la gloire de Dieu, au jugement de qui il appartient. (Ce mot est à l'impersonnel.)
I. Veiller sur son esprit et sur son cœur pour ne s point laisser surprendre à dire des paroles plaintives et exagérantes, lorsqu'on pense être, ou qu'on est en effet offensé, choqué, rebuté et humilié, soit de paroles, soit par des actions.
III. Ne rien dire à sa louange; ni ravaler autrui tacitement ou apparemment (par des indices extérieurs), Lbrsqu'il est loué de quelqu'un, ou qu'il est questions
2 que l'occasion se présente) selon l'ordre de la charité,
de le louer et d'en dire du bien.
IV. Fuir l'émulation et la jalousie des biens et des satisfactions d'autrui, soit intérieures soit extérieures ; mais plutôt s’en réjouir, et s'estimer indigne d'en posséder autant. |
V.S’exercer à une pieuse et charitable affection envers cœux pour qui l’on a de l’antipathie naturelle; prendre innocemment leurs actions (les interpréter dans un bon sens) et juger de leurs intentions selon l'ordre de la charité.
VI. S'exercer à un esprit de patience envers le prochain, selon les maximes prescrites dans l'Evangile.
VII. Travailler au retranchement des tendresses sur soi-même, et des réflexions superflues sur ce qui pourrait donner de la peine.
VIII. Travailler tout de bon à la douceur intérieure et extérieure, et à la mansuétude et humilité de cœur. conformément à l'Evangile.
IX. Ne prendre pas de l'ombrage volontairement, ni de la défiance pour de petites apparences, et ne point s'en laisser aller à l'inquiétude.
X. Souffrir avec amour et douceur les douleurs du corps et les afflictions de l'esprit; les humiliations et les mortifications de la part de Dieu et du prochain.
XI. Mortifier certains petits appétits, inclinations et pentes naturelles en tout ce qui se pourra, sans faire tort au spirituel et corporel.
XII. Obéir avec fidélité aux mouvements et inspirations de Dieu; et en tout ce que dessus suivre l'obéissance et la direction du Père spirituel.'
Quand je vous dis qu'il ne se faut pas attacher à une suite de vertus spéculatives, c'est que, comme il y a divers degrés et états dans la vie spirituelle, il y en aun entre les autres où l’entendement a plus de part que la volonté; et si l'âme n'est fidèle et généreuse, elle ne se peine guère à (ne se donne guère de peine pour) faire des réflexions sur la pratique des vertus solides; ce qui fait qu'elle bronche souvent et qu'elle donne sujet de croire qu'elle n'a pas de mortification. Au lieu que dans l'état où l'entendement et la volonté agissent de concert, l'âme travaille et avance beaucoup, sans se peiner (se fatiguer) toutefois, dans la pureté de cœur, dans la pratique des vertus, et dans la droiture sur ses actions.
Mais ensuite il y a encore un autre état qui la met
(1) Une communauté ou une famille, dont tous les membres mettraient parfai- @
tement ces douze règles en pratique, serait un ciel sur la terre. L'Eglise catholique seule possède un pareil enseignement, avec le secret de le faire accepter. Voili pourquoi, seule, elle peut avoir de vraies communautés religieuses.
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érieure limitation de JEsus-Carisr, et cette nécessité est dans dune une paix intérieure qui ne se peut exprimer. Car il n'est plus ici question d'un certain bandement (effort) de tête ement, quon a lorsqu'on commence, ni d'une certaine ferveur pe qu'on expérimente dans les sens, et qui fait qu'on s'exaté di nine avec tâche (travail pénible) et par certains actes. Mais l'âme dans sa paix voit tout d'un coup en son JESUS eat ls vertus divines qu'il a pratiquées; elle les voit, dis-je, a dans un attrait très-doux, qui la porte à suivre dans ad ses actes son divin prototype (modèle par excellence); et enfin elle ne peut et ne veut être qu'un continuel bébés holocauste à la gloire de Dieu, en l'honneur de celui ap de JESUS depuis le moment de son incarnation jusqu'à l'obéis- D, ort de la croix.
ee Elle a donc deux choses en cette imitation, savoir ND la pratique extérieure des maximes de l'Evangile et la bat familiarité FAVATISUTe par rapport à la vie intérieure art que de Jésus. Je n'aurais jamais cru, mon très-cher fils, FAN que la vie la plus sublime consiste en cela, si je n'en Les pabt étais assurée par une voie que je ne puis écrire sur ce scie: papier : car dans l'apparence il Ja des temps d'extase | ne'sujét et de ravissement qui sembleraient être quelque chose |! Ft qe de plus sublime; mais non, notre JESUS, sa sainte Mère, }! FRSFACN et les saints Apôtres nous sont des témoins fidèles du () der contraire. Quoique toutes ces choses soient bonnes | én dans a saintes quand elles proviennent de l'esprit de Dieu, l rs ce n'est rien en comparaison des aundites vertus ni des | be -nidt dispositions intérieures de grâce dont j'ai parlé, et qui A! sont toute ma vie, ma force et mon soutien. l| ient pari. M Je vous écrirai ce que vous me demandez! Mais e catholique epter. Voilà
(1) Ce sont ses dispositions intérieures. (Note de CI. Martin.)
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pourquoi ne m'avez-vous pas dit quelle est cette autre chose que vous désirez de moi? Si elle m'eût été possible, je ne vous l'eusse pas refusée, De vous envoyer à pré. sent celle que vous me marquez, j'y aurais un peu de peine : outre qu'il ne me serait pas possible de le faire avant le départ des vaisseaux, qui ne sont pas encore tous arrivés, et ceux qui le sont se disposant à leur retour, parce qu'ils pensèrent périr l'année dernière, étant partis trop tard. Enfin si Dieu le veut, je vous enverrai quelque jour ce que vous me demandez, ou d'autres le feront pour moi, et j'écrirai, après la presse de mes affaires d'obligation, ce que vous désirez, afin que la chose soit en état de vous être envoyée quand la divine Providence l'ordonnera.
Tout ce que je vous ai dit ci-dessus est une suite de ce que j'écrivis l'année dernière. Je suis consolée à un point que je ne puis vous dire, de vous voir en des dispositions si religieuses, et je suis de votre sentiment, que aos entretiens doivent tendre à la fin où nous aspirons. Je vous avoue que je n'ai de consolation solide en cette vie que dans la pente qui me fait soupirer après cette bienheureuse fin. Obtenez-moi de Dieu que je prenne les vrais moyens qui y conduisent, que je ne m'y égare point, et que je ne me cherche point moimême au lieu de chercher Celui dont l'imitation est notre véritable moyen. Il n'y a rien que nous devions tant appréhender que les dévotions écartées (éloignées de la voie ordinaire), et qui ne sont pas fondées sur les maximes et sur la vie de JESUS-CHRIST : pour l'ordinaire la fin en est funeste. L'on m'en écrit de France des exemples épouvantables, arrivés à quelques personnes religieuses qui ne sont pas loin de vous; vous le pouvez savoir mieux que moi.
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Je ne doute point que vous ne me vouliez assez de bien pour me désirer une mort aussi heureuse que celle du Père Jogues. Mais, hélas! je suis bien éloignée de la mériter. Il me semble que ce me serait la plus grande consolation qu'on se puisse imaginer; mais j'ai tout sujet de me défier de moi-même, et de craindre que je ne tournasse le dos aux souffrances, au lieu que ce saint martyr les a embrassées en vrai disciple de JÉSUS-CHRIST.
Vous m'avez beaucoup obligée de me mander le progrès de votre Congrégation, car outre la part que je prends à ses biens et à ses maux, à cause de ce que je lui suis et de ce qu'elle m'est en votre considération, cela me sert d'instruction pour nos propres affaires. Il faut que vous sachiez que quelque faveur que nous ayons pu avoir du côté de la cour, on ne nous a point voulu donner nos bulles à Rome, qu'il n'y ait ici un évêque. Ce refus nous a obligées à prendre d'autres mesures et à consulter les docteurs sur les bulles de nos Congrégations. Ils les ont trouvées bonnes, et ont jugé qu'elles pouvaient légitimement s'étendre jusques ici avec les assurances et les approbations des prélats qui nous y ont envoyées. Ainsi, sans autres nouvelles bulles de Rome, nous pouvons recevoir des novices, faire des professes et accomplir toutes les fonctions de notre institut de la même manière que si nous étions en France. Nous sommes déjà dans l'exercice de cette résolution : car nous aurons, avec le secours de la grâce, deux professes le jour de la Présentation de la sainte Vierge.
Quant aux doctrines qui font aujourd'hui tant de bruit en France, je n'ai garde de me mêler d'en parler, et encore moins d'écrire en aucune manière ni mes sentiments ni ceux de qui que ce soit touchant l'affaire de
M. Arnauld. Une personne de France qui y est fort engagée m'en ayant écrit, je ne lui ai point répondu, afin’de ne lui point donner sujet de m'en écrire à l’avenir. Vous m'avez obligée de l'avis que vous m'avez donné sur ce sujet; je m'en servirai pour mon particulier.
Je me réjouis de ce que vous êtes à la fin de vos études. Il est vrai que le grand temps qu'on y emploie et les diverses matières qu'il y faut traiter sont capables de soustraire la douceur de l'esprit intérieur. Ces dernières néanmoins qui vous occupent n'étant que de choses saintes, elles ne peuvent vous remplir que de bons sentiments.
Je m'assure que cette solitude que vous souhaitez vous sera douce après tant de spéculations (travaux de l'esprit). Quand vous y serez, joignons-nous ensemble pour chanter intérieurement les miséricordes et les bontés divines. Vous espérez d'y trouver ce double esprit intérieur où vous aspirez : je m'assure (me tiens pour sûre) que, si vous ne l'avez déjà, Notre-Seigaeur vous en fera un présent. C'est ce que je lui demanderai chaque jour pour sa plus grande gloire, et pour la sanctification de votre âme. Ne laissez point abattre votre cœur, mais par une amoureuse confiance, attendez cette grâce de sa bonté : et plutôt, unissons-nous d'esprit pour la demander à Dieu l'un pour l'autre, encore que je sois la plus indigne et la plus abjecte créature du monde, je l’attends de Celui qui ne refuse rien à ceux qui s'abandonnent à sa conduite.
Je suis bien consolée de la résignation où je vous vois pour votre mal de gorge. Les goies de Dieu sont secrètes, il sait celles par où il veut conduire notre vie. Peut-être vous veut-il sanctifier dans la solitude; ce n'est pas la prédication qui sanctifie le prédicateur :
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un bon acte de vertu, comme d’humilité, de charité, de patience, est quelquefois plus agréable à Dieu. L'un et l'autre néanmoins peuvent compatir (exister ensemble); et s'il vous les donne, je l'en bénirai avec vous et lui demanderai qu'il vous fasse la grâce d'en faire un bon usage, afin qu’un jour vous puissiez comparaître en sa présence avec des œuvres pleines. Demandez-lui aussi pour moi la grâce de correspondance et de fidélité. Je finis ; vivons en JESUS.
De Québec, le 7 de septembre 1648.