LETTRE LXXX VI
À UNE RELIGIEUSE BÉNÉDICTINE DU CALVAIRE, SŒUR DE LA MÈRE MARIE DE SAINT-JOSEPH.
Elle lui parle du progrès de la foi, et de la Mère Marie de Saint-Joseph, que ses parents voulaient faire repasser en France.
Ma révérende et très-chère Mère,
Ce m'est une singulière joie de me voir honorée de votre souvenir, et encore plus de votre affection. Cela me fait croire que j'ai en votre chère personne une avocate auprès de Notre-Seigneur, à qui elle représente mes grandes nécessités. C'est de quoi je me sens infiniment obligée, ma très-honorée Mère, et de ce que vous continuez d'aimer la nouvelle Eglise du Fils de Dieu. Ma chère Mère Marie de Saint-Joseph, notre assistante et votre bonne sœur, est encore en état de vous en mander des nouvelles, qui sont toujours de plus en plus à la gloire de Dieu, y ayant eu neuf cents personnes baptisées cette année, avec espérance d'un plus grand accroissement. Les Iroquois ont massacré un bon dogique (catéchiste) en détestation de la foi. C'est un second martyr dont la Relation vous racontera l'histoire, avec toutes les affaires de cette Eglise.
Quant à la maladie de votre chère sœur, elle a été plus longue cette année que les années dernières, ayant été quatre mois entiers à l'infirmerie, ce qui l'a entiè-
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