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rement abattue. Ce qui la fait souffrir est un mal de poitrine avec un asthme, sans parler du poumon qui s'attache aux côtes de temps en temps. Je mande à madame sa mère ce que l'on pense ici de son mal;
et, sur le désir qu'elle a de la faire retourner en
France, je l'assure que cela ne se pourrait pas faire, à cause de la mer. Mais quand cela se pourrait, ni elle ni notre communauté n'y consentiraient jamais. Quand iln'y aurait que moi, je m'y opposerai toujours, non que je ne voulusse donner tous les contentements possibles à madame votre mère, mais je sais qu'elle a trop de piété pour ne pas laisser achever le sacrifice entier à une si chère fille, qui n'est ni à charge ni inutile, ainsi qu'elle croit, à ce petit séminaire; mais plutôt elle lui sert beaucoup par sa vertu, et par ses exemples; outre qu’elle a de bons intervalles de santé, durant lesquels elle garde la règle et s'acquitte louablement de ses fonctions. Pour mon particulier, je suis bien résolue de lui rendre le plus fidèle service qui me sera possible. Le bon Dieu nous a unies dès le commencement, j'espère qu'il n'y aura que la mort qui nous séparera, pour perfectionner notre union dans l'Eternité. Je vous remercie de tout mon cœur des bonnes lancettes que vous m'avez envoyées; j'en avais un extrême besoin. C'est pour la charité que vous me les avez envoyées, je les emploierai aussi pour la charité, après laquelle je demande encore qu'il vous plaise vous ressouvenir de mes nécessités spirituelles auprès de Notre-Seigneur, aux pieds duquel je me souviens aussi de vous, et y suis, en toute humilité et sincérité, votre.
De Québec, le 8 d'octobre 1648.