‹ Lettres de la révérende mère Marie de l'Incarnation (née Marie Guyard) première supérieure du monastère des Ursulines de QuébecChapitre 12 sur 101 · LETTRE CXXI · texte numérisé non relu

LETTRE CXXI

AU MéME.

ElU lui parle d» la Rtlation d« sa m qa*«lle loi «iToie, et de la manière atee laquelle elle l'a tente. -— Pourquoi Dieu permet que eeox qui gooTenieat les âmee soient tentée. — > Us ne doîfent pas pour cela quitter leur onplm.

Mon très-cher et bien-aimë fils,

J*ai mis enfin entre les mains dn révérend Père de Lionnes les écrits que je tous ai promis, afin qall vous les donne en main propre. Je les mets au hasard d'être perdus à cause des dangers éminents de la mer : mais il y a bien des choses plus importantes que Yon risque cette année. Je vous ai simplement exposé mes sentiments sans ordre ni politesse (élégance), mais dans la seule expression de mon esprit et de mon cœur. Si j'eusse voulu faire des comparaisons et des discours pour me faire entendre, cela aurait tir^ i longueur, et j'aurais étouâé la pureté de Tesprit des choses que j'ai écrites, qui ne peuvent souffrir de mélange. Je vous dis par la lettre que j'y ai jointe^ que si vous y avez des difficultés vous pouvez me 1 proposer en me marquant les endroits; mais vous n< devez en attendre la réponse que l'année suivante, cause des grandes aflaires qui m'occupent dans l temps que les vaisseaux demeurent à notre port.

Pour lln4kx que je vous envoyai Tannée demiàre, je

l'ai suivi en sa substance; mais, en écrivant, l'esprit qui m'a fait produire mes sentipients, m'a souvent obligée d'en changer l'ordre. Je n'ai pas eu le loisir de relire ce que je vous envoie, et beaucoup moins d'en faire une copie. Si néanmoins le vaisseau du Père ne part sitôt, il me faudra faire un acte d'obéissance au révérend Père Lallemant, qui est d'en faire écrire une copie par ma chère Mère de Saint- Athanase, qui a été ma supérieure, et en qui seule je pourrai avoir cette confiance. Cela néanmoins ne laissera pas de me mortifier beaucoup, mais je passerai par-dessus, parce que si ces écrits venaient à être perdus, vous pourriez exiger de moi un second travail que je ne serais peut-être pas en état d'entreprendre. Le tout contient environ deux cents pages. Mais si j'eusse pu dire ce que Dieu a fait en mon âme par sa sainte et divine opération, il y en aurait eu bien davantage. Si même j'eusse écrit les choses dans les temps où elles sont arrivées, et lorsqu'elles étaient récentes, cela aurait été encore bien plus loin. Mais, absolument parlant, il m'aurait été impossible de dire tout ce qui s'est passé dans l'abondance de l'esprit. Les choses symboliques ou qui se peuvent attacher à quelque forme ou sujet qui tienne de la matière, se peuvent étendre ; mais Dieu ne m'a pas conduite par ces voieslà. Il est saint et magnifique, qu'il soit béni en tout et partout I

Vous me proposez quelques doutes sur tlndex que Je vous ai envoyé^ : vous en trouverez l'éclaircissement dans les cahiers que je vous adresse, et il vous sera (&cile de distinguer les états d'oraison qui ne font rien

0) On a ta oei Indeœ dans la Lettre GXVIII, ci-dessus page 26.

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lui l'vinii MuliMlarilifil, roaii à rélévation que Dieu ùit il luui Aiud tit Hiix dilata que produisent ses impreasiou.

t.<% rôvériiiul rèra I^e Jeune a bien raison de dire . %\\\\\ \\\'i\ axaroén en la vertu. Ce n*a été que pour mon Uu\u. c^t ja |uiiH asHurer que je lui ai de très-grandes ohu^^luaiai \\owv tous les soius qu*il a eus de ma per- ^xiu"^^ : s>\\ uu mot« c'est un saint homme qui voudrait ^^^ fouA vH^ux qu'il conduit fussent saints comme lui. ^Kx .^^(« W siuUtaatiel de mes croix dans les écrits que t^ wvxv^ ^nvoio; mais vous pouvez bien juger qa*ii se ^!\v^\^ un uv^mbrt) inuombrable de croix» tant domes- Kv^^s^ ^ut'ivciugèi'oe. qui ne se peuvent dire. J*en si ^x^ ^\i X':iuv> pari, mais notre bon Jsscs m'en a donné v^vxi.-. vU ;^vt\> quellt;» ont toutes produit de bons ;^\vs, ;;^ $4i àixiuo Mc^jetftê eu a tiré sa gloire. De sorte ,^v N» :iu vM vl«M wvncrHiliocion8« cela est passé, et Dieo :». \ .<^;»o j'Hucrt;^ ;wutimeucs. Je pourrai encore en \x.x:. v% ^;!itf^i\> qu'il eu :$erH Je^ même si je lui sus ^^\r« :u. \i 061 bs>iï ^( ^leiu de miaéricorde envers

^: v^i'quoi» luou rrd^Hïiier dls^ voua atfrayeg-VDOS .« !iL .^c%\ ;uc vous souitlrtM, puisqu'elle ne aéra qns /K^*% vo^ic >wu Ji u'étt^-^crHoà -Heu/ Pour moi» j*eatzme ^^.s.c? '.i.*«^ ^a;wcfccL«i^ai.e4le« ^ 40^ la nonviBautë du ^w^«v*a<^va%. oàuw iox ài^pmutioti» «iea peraonnas ^Mv ^v^w.x iwv^ i :oaùULi>»^ ''oM rdii maître. Il &at «ww.^ ^ N.jf;v^^*(«^* '<i4' V. -ou^ jce;^ :^ar .e goav^Ksieu».^.. % >i ^^M^^oUM^.ii^^tiie ^i a - ertiauie vie «le Peqirit. • «^j^ u^^^diw. '«4» ii\<<4><^ X pft>uvt»«^. II importa beau*

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DE LA MÈRE MARIE DE l'INCARNATION . 53

nimes font de lourdes fautes, ne voulant pas passer outre, et choisissant Tétat de vie qui leur semble devoir les exempter de telles et telles souârances. Elles quittent celui où la divine Majesté voulait se servir d'elles. Elles sortent de ses saintes dispositions, et cela Toblige de les laisser dans les mains de leur conseil, puisqu'elles aiment mieux suivre leur route que la sienne. Pourquoi donc vous défiez- vous? Armez-vous de courage et de confiance, votre salut est entre les mains d'un très-bon Père.

Pour l'autre point, j'en dirai comme du premier. Le diable voit que vous contribuer au salut d'une âme ; il vous attaque à ce sujet, afin de vous faire quitter cette bonne œuvre. Il ne le faut pas croire ; c'est son ordinaire de livrer de semblables assauts aux serviteurs de Dieu, pourles empêcher d'avancer sa gloire. J'en connais un qui était dans des hasards et des dangers extrêmes, au milieu d'une barbarie où on lui livrait d'étranges combats. Il en était presqu'au mourir, car cela dura plusieurs années. Il en a remporté des victoires sans nombre, sans quitter pourtant les fonctions de. son ministère. J'en sais un autre qui a eu une maladie qu'on estimait mortelle, pour avoir soutenu des combats extrêmes sans cesser de garder la fidélité qu'il Rêvait à Dieu dsms toutes ces circonstances. Je vous lusse à penser combien toutes ces résistances lui ont mérité de couronnes. Ne laissez donc pas, pour toutes vos croix, le bien commencé ; l'oraison et la mortification seront votre force. De mon côté, je ferai pour vous auprès de Dieu tout mon possible, afin que sa très- sainte Tolonté s'accomplisse en vous.

Pour mon particulier, je suis en assez bonne santé, grâces à Notre- Seigneur. Nous avons fait nos élections.

oh Ton m'a continuée en ma charge contre hk» inclination ; mais il m*a fallu sabir le jong. Priei Noire- Seigneur qoll me fàœ la grâce de le porter comme il fant, et comme il le désire de moi.

De QuOee, le 12 août 1654.

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