A UNE DE SES SŒURS
Chacna doit Undre an ci«I par des moyens confomMa à sa eonditÎMi. — Les lûana do la grico tt do la gloire, sont les aenii TéritaUes bioas.
Ma très-bonne et très-chôre sœur,
Jésus et sa sainte More soient votre nniqae et entiàre consolation.
Ce m*en est toujours une bien grande d'apprendre iiu'ils TOUS protègent et qulls donnent la bénédiction k Tos affaires. Il faut tout attendre et tout espérer d*un si bon Dieu, qui est le Père des orphelins et le protecteur des veuTes. Je dis encore qui est le Père de tous, car ses miséricordes sont infinies. Nous rexpérimentons en ce bout du monde, où la paix continue depuis un an, ce qui facilite beaucoup les afiairéb de Dieu au sujet du salut des âmes. Les affaires temporelles du pauvre peuple prospèrent par la liberté du commerce^ Nous espérons que cela continuera pour la gloire de Dieu et pour la consolation de son peuple. Cest une chose ravissante de voir la ferveur de nos chn$iiens sauvages. Si noos Tovons dans quelque temps dlci les Iroquois convertis, comme Ton y travaille puissamment^ nctre joie ::e se pourra exprimer. Ah ! ma chère sœur, que c'est j::ie ^r^aie chose que le salut des àmâs qui ont coàté :oct le sao^ eu Fils de Dieu! ^ue la mort SHuit douce.
endurée pour un si digne sujet! Oh! plût à Dieu que la mienne y fût toute consumée ! Mais je ne mérite pas un si grand bonheur.
' Vous me consolez de me donner des nouvelles de vos enfants. Je les présente de bon cœur à notre bon Jésus, et le prie de les vouloir remplir de son Saint-Esprit pour la conduite de leur vie. Pour vous, ma très-chère sœur, vous approchez tous les jours aussi bien que moi de l'éternité. Nos dispositions pour ce passage sont difiérentes , selon la différemce de nos conditions. Nous tendons à une même fin, à un même paradis, à la jouissance d'un même Dieu ; nous devons , chacune selon notre état, nous y préparer et mettre ordre à nos affaires. Vous avez à ménager votre salut particulier en gouvernant prudemment votre famille, en élevant vos enfants dans la crainte de Dieu, et en les pourvoyant d'une telle manière qu'ils fassent plutôt leur salut que leur fortune : et moi je dois travailler au mien en me consumant au service de Dieu et m'ofirant en holocauste à sa divine Majesté. Prenons donc courage, ma très-bonne sœur, pour servir un si bon Maître. J'espère que nous nous verrons un jour dans la céleste patrie, pour nous conjouir de ses grandeurs; et que nous y bénirons ensemble ses miséricordes de ce qu'il nous a élues pour ses enfants.
Je vous offre chaque jour à sa divine Majesté, et je ne fais nucune action pour son service à laquelle vous n*ayez part, car mon cœur et mon esprit sont très-unis au vôtres. Je vous le répète et vous l'inculque encore ^6 fois : faites tout votre possible pour donner à vos enfants plus d'estime de la vertu que de tout ce qui est 8Qr la terre. Tout cela passera comme le vent, mais les biens de la vertu suivent jusque dans Tétemité ceux
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qui las ont aimés, ^oas penaerex peut-être que je suis indisposée, puisque je yoqs p^e de la mort : nui ma chère aœar, je sois, grâce à Notre-Seignenr» en trèsbonne santé, et y ai été toute Tannée; mais psree que je Tondrais être délivrée de œ corps mortel pour jouir de Dieu dans une meilleure ^ie, je parie ¥oIoBti0n de ce que j'aime et de ce que je souhaite.
De QuOec, le 13 août 1654.