LETTRE CXXX
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DE LA MÈRE MARIE DE l'INCARNATION. 79
ne soient point tombés en d autres mains que les vôtres. Ce ne m'eût pas été une petite mortification s*il en fat arrivé autrement, comme vous lavez pu remarquer par les précautions que j*ai apportées pour les rendre secrets. Je les avais recommandés bien particulièrement à ce révérend Père, quoiqu'il ignorât ce que .c'était; mais enfin Dieu soit béni de ce que le tout a réussi jusqu'ici selon mon désir.
J'ai appris de quelques-uns de mes amis que vous êtes prieur aux Blancs-Manteaux à Paris, c'est ce que je ne puis concevoir, puisque vous êtes de Tordre de Saint- Benoît où l'on porte le noir; vous m'éclaircirez ce mystère, si vous le jugez à propos. Quoi qu'il en soit, (se m'est un très-grand contentement, que vous serviez notre bon Dieu, en quelque lieu et en quelque qualité qu'il vous mette.
Si vous avez senti votre cœur ému en lisant les grandes miséricordes que la bonté divine nous .a faites à vous et à moi, j'ai été puissamment consolée dans la créance que vous aurez fait quelque acte de pur amour de Dieu. Car j'estime tant ce pur amour, que je me tiens noti-seulement payée de la peine que j'ai eue à les écrire ; mais jô voudrais encore faire des choses «que je ne puis dire, et qui ne sont pas même en mon pouvoir, parce que le pur amour mériterait une correspondance infinie; et je suis bornée dans mes opérations aussi bien qu'en moi-même. Demeurons-en là, et bénissons Celui qui n'est que charité, et qui est par conséquent le pur amour.
J*ai vu et considéré tous les articles de votre lettre, qui me prépare bien de l'ouvrage, qu'il me serait impossible d'entreprendre maintenant. Pour l'amour de Celui qui nous a tant aimés, il faut que vous preniez patience;
ce me sera un travail poar le printemps prochain, si Dieu me conserve la vie, auquel temps je répondrai . à vos articles et interrogations à loisir. Il vaut mieux en user de la sorte que de faire plusieurs pièces déta^ chées. Je vous dirai seulement ici que j*ai remarqué que vous avez de la peine dans un point qui vous regarde, et où vous vous appliquez au sujet de votre salut. Je vous demanderais volontiers pourquoi voui demeurez si fort dans la crainte, car je ne doute point que ce ne soit une tentation ou une épreuve que Dieu permet pour vous épurer. Il en fait bien souvent de même aux âmes qull veut faire avancer dans la vie spirituelle ; mais si elles n'y prennent garde, elles sont retardées par cela même qui leur avait été donné pour leur avancement, ne se servant pas de cette épreuve selon l'intention de Dieu. Au lieu de s'humilier et ds s'abandonner à sa conduite, sans désirer savoir curieusement ce qui arrivera d'eux (qui est le point de la tentation), ils perdent le temps en des réflexions vaines et superflues.
Mon très-cher flls, Dieu a des bontés immenses sur les âmes simples et qui se conflent en Lui. Défaitesvous donc de ce désir, qui vous jetterait dans un fâcheux labyrinthe, ce qui ôterait à votre âme la capacité et la simplicité requises pour recevoir les pures impressions . de Dieu. Vous remarquerez que les trop grandes réflexions vous nuisent, et que lorsqu'un saint prophète fut nonmié l'homme de désirs, il lui fut dit, ouvre la bouche et je la remplirai. Ce remplissement de bouche s'entend de la dilatation de la volonté et non des réflexions de l'enteûdement. Un autre dit : J'ai ouvert la bouche et j'ai attiré l'esprit. Tout cela, nion très-cher flls, regarde la volonté, qui plus elle est simple, plus elle
est capable des impressions de Tesprit de Dieu. Formezvous à cette pratique, je vous en conjure, et croyez que nous avons un Dieu qui a eu jusqu'à présent et qui aura encore à Tavenir soin de vous. Faites donc en sorte de ne pas détruire par votre propre opération ce qu'il édifie en vous. Nous en parlerons plus amplement dans l'écrit que j'espère vous envoyer l'année prochaine. Cependant tâchons, vous et moi, de nous rendre fidèles à Dieu, et de profiter de ses grandes et immenses miséricordes sur nous. Vous m'obligez infiniment de m'ofifrir tous les jours au Père Eternel, en lui offrant à la sainte Messe le sacrifice de son Fils ; je vous prie de me continuer cette grâce. Vous avez aussi part à tous mes petits biens, disons mieux, à tous. les biens que Dieu fait en moi et par moi, car de moi-même je ne puis rien que la misère et le péché.
Il est vrai, mon très-cher fils, que c'est de vous et de ma nièce que j'ai voulu parler en faisant le récit de mes tentations. Notre-Seigneur m'a donné pour son salut et pour le vôtre un amour si particulier, que je ne pouvais vivre vous voyant dans le monde où l'on court tous les jours des risques de se perdre. Il me semblait donc en ce temps-là que j'étais chargée de votre salut; ainsi ne vous étonnez pas si je souffrais, vous voyant tous deux marcher dans des voies qui vous en éloignaient. Nous en dirons davantage une autre fois.
Je suis à présent dans l'exécution d une affaire qui ma ci-devant causé de grandes croix. Ce sont deux de nos sœurs qui veulent retourner en France dans la maison de leur profession. L'une est de Tours, l'autre est de Ploërmel en Bretagne, toutes deux de diverses Congrégations. La première a demeuré avec nous plus de onze ans, et l'autre plus de douze. Il y a près de
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f«hM| iiMM «iiin Jn ootrihatii oe dessein, et qae je les exhorte h MM t«iiHlt'n (lihMnii A lour vocation; mais Dieu n*a pas iIhiiiiiI MMunM (In ((rAoo A mes paroles pour les retenir. Vmiim |mmivom oroiro que des esprits si peu affermis HMMiMinniMMlont \H\n lumuooup une Communauté; je ne MiV^|)lli|Uo |mM dnvnnta^v il suiBt de vous dire qne i«i«llo \^v\\\\ o»t uut> do celles dont j*ai voulu parler M\ oonuu^MUViuout de m» seconde supériorité. Ce n'est \\f\'^ \\\w \S^ ne 9\nont deux Nmnes filles, qui sortent d>^\>s^ uo^ii {\\\v |vii\ et douceur et STec des obédiences di^ U'\>\« iiU(s'ivutv$ vie KrmnvV foQ«2éâs sur des infir- \^^\hw ^U' xv^'^vk ^;u K'ct re«rwjM ec TKîubies. Il nous .'^«^\^u >^xM^î<svï^$ xSîe Nwtïcvvir^ rC:» dcox de les voir h^^tM'*^- x^^-^nV ^n>$ >cWv à I^x»xjà^ <» sucre chère xW- V ^.^ vV i<Nfcr xvvr â^-c^ xi» ^À:a i^i peut tirer ^ X \v-v sy^ ^v ^.v .t4:.7îi it^ $;!..»? »t xTszci^aBes à la yA- V N^ 'Vnv s^ t^ Nwy *>î ïkfCTîr r 'nTfnrmaaiTtf Mais
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