‹ Lettres de la révérende mère Marie de l'Incarnation (née Marie Guyard) première supérieure du monastère des Ursulines de QuébecChapitre 20 sur 101 · LETTRE CXXXI · texte numérisé non relu

LETTRE CXXXI

A UNB JEUNE NOVICE.

Elle lui témoigne sa joie de ce qu'elle se donne à Dieu, et l'exhorte à dtre Adèle

à la gr&ce de sa ▼ocation.

Ma très-chère et bien-aimée fille,

Ma nièce m'ayant mandé que vous avez la bonté de vous souvenir de moi , je m*en suis ressentie votre obligée, et j*ai toujours espéré cela de la fermeté de votre affection. Je vous assure, ma chère fille, que je me souviens aussi de vous dans mon éloignement, et que j'ai toujours conservé l'amour et raffection tendre que j'avais pour vous lorsque je demeurais à Tours. Cela étant, il ne se peut faire que je ne ressente une consolation très-grande, apprenant que vous vous êtes donnée à Dieu et qu'il vous a mise dans la voie des saints. Oh ! que vous êtes heureuse de ce qu'il vous a fait cette grande miséricorde! Je l'en remercie de tout mon cœur, et lui demande que ce soit pour vous y faire marcher en vérité et avec fidélité, afin que vous puissiez parvenir au but où vous aspirez. C'est peu à un voyageur d'entrer dans le droit chemin qui doit le conduire à son terme, s'il n'y marche et s'il n'y avance; et il est inutile à une âme d'être appelée dans la voie de la perfection, si elle n'avance de vertu en vertu; et si elle ne fait ses efibrts, avec la grâce de

Celui qui l'y a appelée, pour y marcher à pas de géa. Demandez-lui aussi la même chose pour moi, je y< en conjure, et croyez que je suis en loi, votre...

De Québec, le 2 d'octobre 1655.

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