‹ Lettres de la révérende mère Marie de l'Incarnation (née Marie Guyard) première supérieure du monastère des Ursulines de QuébecChapitre 25 sur 101 · LETTRE CXXXIX · texte numérisé non relu

LETTRE CXXXIX

AU MÊME

. dispose les ftmes à de hauts desseins par la solitude. — Tout profite à une ne qui se conserve dans Funion avec Dieu. ^ Etat de ses affaires domestiques de oelles du pays.

Mon très -cher fils,

Jésus soit notre vie et notre amour.

Voici la réponse à votre lettre du 28 août, que j'ai jue avec deux autres de votre part, auxquelles jpôre. pareillement répondre avec le temps. Puisque Dieu vous a mis dans la solitude, et qu'il us en donne de l'amour, c'est une marque qu'il veut ras faire quelque nouvelle grâce, et qu'il a dessein ) vous fortifier et de vous fonder (affermir), afin de )nvoir travailler dans les services qu'il demande de )ns. Car c'est la conduite que sa majesté tient pour ordinaire sur ceux dont il veut se servir dans la nduite des âmes. J'ai été très -consolée d'apprendre e vos études n'apportent point d'empêchement au ^vice de Dieu; c'est une marque qu'il demande cela vous dans votre solitude. Je loue et estime le de^^sein e vous y avez pris, qui ne tend qu'à la sainteté; ^is je vous dirai un mot sur le point que vous dites d vous donne de la peine. Le peu d'expérience que ti m'a fait connaître cette vérité, qu'il* faut bannir

toQs les raisonnements saperflas et les réflexions trop fréqaentes sur ces sortes de matières, qai pour lordinaire sont platôt des tentations que des choses réelles. Je crois que ce qui vous travaille de temps en temps est de cette nature, et je tire cette conclusion de It consolation que vous ressentes, lorsque dans vos peines TOUS vous abandonnez à Dieu et à sa sainte conduite sur vous.

Je suis ravie de Huclination que Diea vous donne pour la perfection, vous appelant par état a sa sainte union. Vous êtes obligé de vous mêler de diYerseï affaires, tant pour le spirituel que pour le temporel dans lesquelles il ne se peut faire, dans la condition de la faiblesse humaine, qu'on ne contracte un peu de poussière. Ces sortes de fautes ne sont pas des infidélités, mais des fragilités qui se guérissent par ce fond d'union avec Dieu dans le cœur et dans Tesprit. Oai, les actes réitérés dans cette union sanctifient merveilleusement une âme. Et n'estimez pas que les distractions que vos études ou vos affaires vous causent soient des infidélités, si ce n'est que vous vous amusiez trop à raisonner sur des matières curieuses, ou controversées, ou sujettes à la vanité, ou enfin contraires à lesprit de Jësus-Christ. Quand une fois Dieu a fait présent à une âme du don de sapience (sagesse) et de celui d'entendement, ce qu'il fait ordinairement dans cette union, les distractions ne nuisent point. Je prie sa bouté de vouloir vous départir (donner en partage) Tun et l'autre pour sa plus grande gloire, pour votre .sarotification, et pour le bien des âmes qu'il a soumises à votre conduite. Je ne sais si vous ne goûtef point tellement les douceurs de l'union, que l'action passe en votre esprit pour une distraction. L'action

DB LA MËRB MARIB D£ L*INCARNATION. 125

émanée des sources dont je viens de parler est une espèce d'oraison, parce qu'elle vient de Dieu et se terinine à Dieu. Ainsi ne vous afiSigez point dans vos emplois, et ne distinguez point ce qui est le plus parfait, ainon dans l'état où vous êtes, et où vous ne vous êtes pas mis de vous-même.

Quand on appartient à Dieu, il f^ut le suivre où il veut; et il en faut toujours revenir à ce point, de se perdre dans sa sainte volonté. J'estime que c'est ce que l'esprit de Dieu veut dire dans l'Ecriture : Elle aura nom, ma volonté est en elle. Pour arriver à cette perte il faut vivre de foi, car elle dit encore : Mon juste vivra de foi. Sortez donc des peines qui agitent votre esprit, autrement vous tomberiez dans l'inconvénient que votre ami vous a marqué, après quoi votre perfection souffrirait une grande altération, et le trouble intérieur traverserait les saintes entreprises que vous avez conçues pour la gloire de Dieu et pour le service de l'Eglise. M. de Bernières me mande, et le révérend Père Lalemant me le confirme, que Ton nous veut envoyer pour évéque M. l'abbé de Montigny, qu'on dit être un grand serviteur de Dieu. Ce serait un grand bien pour ce pays d'avoir un supérieur permanent, et il est temps que cela soit, pourvu qu'il soit uni pour le zèle de la religion avec les révérends Pères Jésuites, autrement tout irait au désavantage de la gloire de Dieu et da salut des âmes. Ces personnes qui disent que les ; Jéraites gênent les -consciences en ce pays, se trom- . pent, je vous en assure; car Ion y vit dans une sainte liberté d'esprit. Il est vrai qu'eux seuls ont la conduite f des âmes, mais ils ne gênent personne, et ceux qui cherchent Dieu et qui veulent vivre selon ses maximes, ont ia paix dans le cœur. Il pourrait néanmoins arriver

\9t .^rî^tir.â ;m ; la .araïc TeaoÉB. vie racourir à

l'iinrpps -n r^r -iiir -^îaeacarae^meroii aouiiaiteki

:n -r^nur- .^lea r.ooâ e .aiuie jamcpars&mÎBëncQrdft!

..•» .rn-iuôid :ii uiâfle .eor l'oi -ât rompa la pan.

.!.« -cvaiesi ..^nid "snsmre :e l'aiie aïoorii^ idob ki

>-rP5 ^î v.ria re Jranoaià /n :^iaiims aToe eox; noii

N'être- reîffnéir .îa . '.roieffsa :?£ ttm ^ie leurs iwmim

^anf9 a ^nccn .ii u :a "^ai. 7e Tnoa en parl^û ptai

^n onfiT laiiâ ;iiè lucre .ecire. .'ecs numre. Jointe aux

'lari-^eS .rr a ner. ;ui ^oar ,r\nu3. r'aiî que nous w

i^mantionâ i::cv.i2ie ;'^i:;^eaâe :e France cette anuéâL

il 7 % rrncore ice uizre /ru5on ionc je ▼ous pariii

.'^nnée lem.rrre. îavrir .èi :errea ioe Xocre-âeusiieiir

a permijs oonii irr:ver. l\iTan^veiile 'ie nos moiaMHUf,

an ?r^nii Toar^iLioa uHXjmaagné fiin coup de toi-

nerre écrasa en m Jionienc .a jhuict «le notre mëtairie,

îiia non nœafâ ^r -HTrasa notre .abourenr. ce qoi nous

mit '^n perte, le pias iô juaire mille livres. Depdi

<1enx joarî. il aoos est e^.icore irrivé on autre accident

[I ne f'^.staif; jius ea ?e .ieu-îa qa'one petite maison oè

nog ger.s 'le Tî^viil avaienc i»acume de âe retirer, cif

p»onr la ^ange. aoun l'avioas ^t rebâtir dans laooor

d^; no^re monastère. |ai n'âst éloigné de notre teffl #j

r|ne d'an demi-'iaart de lieae. Sar les huit hearesA 1^^

floir, les Iroqaoiâ ont appelé de loin un jeune hoouw f^

t\n\ y d^mearait seal pour faire paître nos faœoA i l^-j^

dft«««iri c/mtùe Ton croit, de l'emmener vif. comflw* fc^

«vwifint fait A on vacher quelques jours aaparanat ft^^^

<;« ji fi fifl homme e»t demeuré ai effrayé, qu'il a qaiW hi^^^

l« rrinlAon pour «lier se cacher dans les haliewdel» 1^.^.^

'•Mri»|mj(iio. Ktant revenu à loi. il est venu nous direca j^:;^^

»M<'II avait eiiteadut et aussitôt nos gens au noœtae

•'« tllll tmà JÊtât pour aller défendre la pUoe. Maisib

Ot(

sont arrivés trop tard, parce qu'ils ont trouvé la maison en feu et nos cinq bœufs disparus. Le lendemain on les a trouvés dans un lieu fort éloigné, où, épouvantés du feu, ils s'étaient retirés, ayant traîné avec eux une longue pièce de bois où ils étaient attachés. Dieu nous les a conservés, excepté un seul qui s'est trouvé tout percé de coups de couteau. La maison était de peu de valeur, mais la perte des meubles, des armes, des outils, et de tout l'attirail nous cause une très -grande incommodité. C'est ainsi que sa bonté nous visite de temps en temps. Elle nous donne et elle nous ôte; qu'elle soit bénie dans tous les événements de sa providence !

Ce n'est ici que ma première réponse : j'espère vous écrire par tous les vaisseaux; mais j'ai tant d'embarras, mon très-cher fils, dans l'économie de nos petites affaires temporelles, que je ne puis écrire que par reprises. C'est moi qui aurais grand sujet de dire que je suis distraite sans fin, et que je commets un nombre innombrable d'infidélités à Dieu, qui, par sa bonté, ne me rebute pas ; mais plutôt il me continue ses grâces et ses miséricordes. Pour vous, continuez généreusement à le servir, employant les talents qu'il vous donne selon sa volonté et de la manière dont il sera le plus glorifié. Je le prie d'y donner sa bénédiction, et de mettre sur votre langue et dans votre cœur les productions de son esprit, afin que sa parole ne soit point Jiée ni étouffée en vous par des respects trop humains, et que par une sainte hardiesse, accompagnée d'une l^udence divine, vous puissiez rendre au prochain les Mcours dont sa grâce vous rend capable. Je suis en son jsint amour ce que vous savez; et en vérité je suis votre...

De Québec, le 24 août 1658,

128 i£rrsEB

ConÎTi ration secrète le» '.rvnuais -rantr? o .aferemia ?Ana Jéaaâas «C la Finirais. \uu -^n etact arertu. •« re«ire*ic recreteiaem i TfniiriMi — Phijil te mêmes Pores le reunzzcer lixx IrL*«iaois.

Mon rrès-oher dis.

L'amoar et la vie ie Jésus soient notre Tie et ootn amour pour le temps et pour l*éteraitë.

Dans les lettres que je tous ai écrites de ce qui s'est passé, je ne vous ai point parlé de cette noaTeUe é^ôse. Je ne veux pas laisser partir ce ▼aisKaa sazis toos en dire un mot en auendant la Relation^ qui tous ea parlera plus au long. Celle de Tannée dernière tous apprit l'espérance qu II j avait d*un grand progrès de notre sainte toi; mais à la iin vous vîtes une lettre, qui donnait sujet de craindre ce qui est arrivé. Lorsque les aHairea de Dieu écaient dans la plus belle disposition du monde, une troupe diroquois forma one oonspiration de massacrer tous les réTérends Pères et tou les Français de leur maison et de la garnison. C'était un ouvrage des démons enragés de ce qa*on leur amcbait tant d'âmes. Ce dessein barbare eût réossi sans doute, si an Iroquois chrétien n en eut arerti les Pères en êecretf et de mettre ordre au plus tdt à leurs affidree. GamBl^fti^ «onDiit le génie des sauvages» Ton vit bi^

que le dessein allait pins loin, et que la résolution était, après avoir défait les Français qui étaient sur le lieu, de venir ici sous une amitié déguisée, pour mettre tout à feu et à sang. C*est pourquoi les Pères donnèrent aussitôt avis en ces quartiers de ce qui se passait, pendant qu'ils cherchaient les moyens de se sauver. Gela leur était assez difficile, ne le pouvant faire sans canots ; mais parce qu'ils n'en avaient point, et qu'ils n'en pouvaient faire sans le secours des sauvages, ils prirent la résolution de faire de petits bateaux semblables à ceux de notre Loire. L'on y travaillait sans cesse dans le grenier et cependant l'on donna avis aux Pères qui étaient dispersés en mission, de se trouver à jour nommé. Il est à remarquer que depuis le matin jusqu'au soir, la maison des Pères était continuellement pleine de monde, à cause du grand abord des nations Iroquoises. G*était là que se tenait le conseil des anciens; et le jour désigné pour partir, il devait s'y- faire une assemblée générale extraordinaire des sauvages. Âân de les surprendre (de leur donner le change) on s'avisa de leur faire un festin. Â cet effet, un jeune Français, qui avait été adopté par un fameux Iroquois, et qui avait appris leur langue, dit à son père qu'il avait songé qu'il fallait qu'il fit un festin à tout manger, et que s'il en restait on seul morceau, infailliblement il mourrait. Ah! répond cet homme, tu es mon fils, je ne veux pas que tu meures : fais-nous ce festin, nous noangerons tout. Les Pères donnèrent les porcs qu'ils faisaient nourrir pour en conserver l'espèce dans le pays, et afin de vivre en partie à la française. Ils donnèrent encore tes provisions qu'ils avaient d outardes, de poissons et autres, et tout cela joint avec ce que le jeune Français avait pu avoir d'ailleurs, fut mis en de grandes

LBTTR. M. II. 9

chaadièrea pour préparer le banqaet à la mode dei saayages.

Toat étant prêt, ils commencèrent à manger pendant la nuit; ils se remplirent de telle sorte qolls n'en pouvaient pins. lia disaient aa jeone homme qoi faisait le festin : Aie pitié de nous, enYoie-nous reposer. L'antre répondait : Je moorrai donc. A ce mot, moorir, ils se creyaient de manger, afin de Tobliger. Il faisait en même temps joner les flûtes, trompettes, tamboon, afin de les faire danser et de charmer Tennoi d*an à long repas. Cependant les Français se préparaient i sortir. Ils faisaient descendre les bateaox, et embarquer tout ce que Ton avait dessein d'emporter, et tout cela se fit si secrètement, qu'aucun sauvage ne s'en aperçai Tout étant disposé, l'on dit au jeune Français qall fallait adroitement terminer le festin. Alors il dit à son père : C'en est fait, j^ai pitié de vous, cessez de manger, je ne mourrai pas. Je m'en vais faire jouer d'un doux instrument pour vous faire dormir, mais ne vous leve^ que demain bien tard; dormez jusqu'à ce qu'on vienne vous éveiller pour faire les prières. A ces paroles on joua d'une guitare, et aussitôt les voilà endormis du plus profond sommeil. Alors les Français qui étaient présents se séparèrent, et vinrent s'embarquer avec les autres qui les attendaient. Rema^ quez, s'il vous plaît, que jamais ce grand lac ou fleuve n'avait porté de bateau, à cause des sauts et rapides d'eau qui s'y rencontrent, et même pour le traverser, il fallait porter les canots et le bagage avec beaucoup de peine. Il survint encore un nouvel accident, savoir que le lac commençait à geler. Cependant les bateaux de nos fugitifs voguaient avec une vitesse nonpareille parmi tous ces périls et entre les bancs de glace qu'iLs

avaient des deux côtés. Ils se suivaient tous en queue, parce que la rivière étant prise, il fallait suivre le premier qui ouvrait le chemin. Enfin, par un secours de Dieu que l'on estime miraculeux, ils se sont rendus en dix jours de temps à Montréal, ce qui est une très-grande diligence, sans qu'il leur soit arrivé aucun accident, soit de la part des Iroquois, soit du côté des glaces et des autres dangers de la navigation.

Les barbares étant éveillés, et voyant que le jour se passait contre l'ordinaire sans entendre parler de là prière, ni faire (ni qu'il se fit) aucun bruit dans la maison des Pères, furent bien surpris. Ils le furent encore davantage lorsqu'étant entrés dans la maison, ils ne trouvèrent ni personnes, ni meubles, ni bagages. Ils virent alors que les Français s'étaient retirés, ce qui les étonna fort, car ils avaient si bien caché leur conspiration, qu'ils ne croyaient pas que personne du monde en eût la connaissance. Mais la manière de leur retraite les étonna plus que tout le reste; car sachant que les Français n'avaient point de canots et d'ailleurs le fleuve 86 trouvant glacé, ils ne savaient que penser. Il survint encore un accident qui porta leur étonnement à l'extrémité; car il neigea toute la nuit, et ne voyant point de vestiges d'hommes sur la neige, ils ne purent s'imaginer autre chose, sinon que les Pères et les Français s'étaient envolés.^

Les sauvages voyant leur conjuration découverte,

(1) Quand on lit en détail \t récit de cette évasion, de quelques Jésuites et des diiquante-trois Français qui étaient avec eux, on est porté à la regarder conune une miniature des plus mémorables retraites militaires dont l'histoire fasse mention. En effet, jamais aucune de celles qui ont réussi n'a offert plus, et peut-être autant de difficultés. La mort de tous les Français était certaine s'ils ne parvenaient à s'échapper ; <* mais, écrivait l'un des Pères, comment partir sans être

»f «p •oiitant 'î«*n . ae ea rrrincaia iraiwit à main forte ..^nr ■'iWTP' 'a eaerrp. rnvoverent aa niaa tôt des présents inx nations ^-nisines .ai ear étaient alliées, aân d'en ùr^T 'in "^econr? :\n remua «'.e :a nécessité. Les Françm îp l^nr :Mi^ -raient zi :ans .a :rainxe ^lua les cinq nations .roonoisi» ze sunissaxc ^naonfale pour voir nons rav9i£rer: -^c iTanc Tiftme me !es Pères rnasent .^rriv^s :]9 rusaient ^arae xsnmmeiie. <ie crainte de ^nrnrise. .^orront .iyant aopns iiue trois Français avaient sffi -n»*s nrnrne :»* jJontreai :ar ^»a Iroonoia Onneîoaiïteronon? "«Mià :onc a jnwre léciarèe de part et d*^nrrp ''bacnn -hjbt: lana .a «:raini&. ^iiacan néanmoins

'«i^'iT^* :-ji :•* '"^^«du-^- : Lar;?s .* ::atre sausozi. .Jin ^'èoiar sas iaaardui f

:^rr» ^••r* r?i»-r*«t'^:'» ai^rai»-oTr «9>A3TT£a. r :cmnieni i«L il ,>caia. f Pjg ■.-l'nT* '^^ '^jtr:»'"?-» :»"t.« i^'-'c* aie -a -u":*ca- âi * ^en» ??*«.

r :7.* v*n^3i'# jf JTr'**'*^ti^ ytsK^iaJ9. 'Zm zm itshbs :m :acT pis fi

.'^"•;'^i2* •* yrrry f-»;^?"^ vi r^«« 11 irvLi irar. & nmimn-Mi. icaf JcMotC

f4rr?« t'j^ :i*fnfiTf» #< jf^ym-pt^mm ni 1» wb â« maboai, lû Ih îBsroNrii

• Of ^/ 7^< ^M4il1 I II î)^r*mvoÎ9 jcru m» jeu avec unt d'admse que cftaev T'-ï^iH *«/*f^/?M* I li )■»?• {««^JiqM. Cr«UJt à qui jetterait dei cm {i2asp«fu<K ^99f im MffttM>f I c» f«t« jv«. DO diitribna dei prteeaU à eenz qui fainiaf i» ^Ivi 4* fiHfll. ilfS ^ 0Mtrir nivi qv vue quarantaine de noa gcu /umM •V 44»'t« 4ibfl b ltMl«figH d« toal notre équipage. Tout lembaïqaeiDMt «iK •«l»»ta M U f«ffltt f)tt). 1<»i wntiAa e» re Umit et sont bicntM pris par Je Mwaf. Al'fH ^l'tfli f9HflM9l fitf «nP iwM* de derrière et nous now embsrqitoei «1 Ait* ^i\»n i 1^*tt •ivvtffvt, qui faiment lee tins..-.

■ La l*9iMf I^Miniée «ttlt la pluadaB«ereuae;car«ïeilioijaoiiMn««

attaque et se défend. L'on a pris plusieurs de ces barbares, et plusieurs ont été tués. Eux de leur part ont tué une femme algonquine et en ont pris deux autres avec leurs enfants. L'une des deux fut si courageuse qu'elle perça le ventre de son Iroquois de son couteau. Ses compagnons en furent si effrayés qu'ils laissèrent armes, bagages, les femmes et les enfants qu'ils tenaient, et s'enfuirent. Ces captives étant ainsi délivrées, apportôrent leur butin aux pieds de M. le Gouverneur, qui tient en ses prisons vingt et un des plus fameux de toutes les nations iroquoises, qui sont bien étonnés de se voir si à l'étroit, quoiqu'on ait soin de les bien traiter. Ils ont prié M. le Gouverneur d'envoyer un d'entre eux en leur pays pour renouer la paix et y faire

rent de Dotre fuite, ils nous eussent coupé le chemin, la rivière étant trèsétroite et se terminant, après dix lieues de chemin, par nn précipice affreux, où nous fûmes obligés de mettre pied à terre et de porter, l'espace de quatre heures, notre bagage et nos canots par des chemins perdus et couverts d'une forêt épaisse.

» Dix jours après notre départ, nous trouv&mes le lac Ontario encore gelé en son entrée ; il fallut prendre la hache pour fendre la glace et se faire un passage ; nais ce fut pour entrer deux jours après dans une chute d'eau, où notre petite flotte fut sur le point d'être engloutie. Nous nous trouv&mes au milieu de brisans qui élevaient des montagnes d'eau et nous jetaient dans autant de précipices. Nos hateanx se trouvèrent bientôt chargés d'eau, et tous nos gens dans une telle confusion, que leurs cris mêlés au bruit du torrent nous faisaient regarder le Banfrage comme inévitable.

• La frayeur redoubla & la vue d'un de nos canots englouti dans un brisant qui barrait le passage où était néanmoins la seule route que les autres devaient suivre. Trois hommes furent noyés, un quatrième échappa & peine. Ceux qui furent noyés ânisnt communié le matin.

• Le 3 d'avril nous abordâmes & Montréal, d'où les glaces n'étaient parties que }• jour même. Le 17 nous étions aux Trois-Rivières et le 23 & Québec. Partout ^ DOQS regardait comme des gens venus de l'autre monde. »

Ls véoérable Mère s'est trompée en disant que les fugitifs arrivèrent en dix ^^ à Montréal ; ils en mirent quatone ; elle parait avoir ignoré l'accident où « tftfii ito°UBA> furent noyés.

retonmer les Pères. Cela leur a été accordé, et l'on eo espère un bon succès.

Le chef de ces prisonniers faisait ses plaintes il y a peu de jours au révérend Père Chaumonnot, lui disant qu*il n'avait point d'esprit de les avoir quittés, et qae c'était lui qui était la cause de tout le mal ; qu'on le regardait comme le premier homme du monde, et qu'en cette qualité on le faisait présider dans tous les Conseils; qu'on les blâmait, mais que c'était à lui qu'on devait attribuer tout le blâme ; que pour l'acte d'hostilité qui s'était exercé, il n'était pas venu de lui ni des anciens, mais de quelques jeunes brouillons qui n'avaient point d'esprit; puis il ajouta, parlant de M. le Gouverneur: Ononthio nous méprise, nous sommes maintenant ses chiens d'attache; encore s'il nous faisait ses chiens domestiques, en sorte que nous pussions aller par l& maison, cela serait supportable. Mais quelques plaintes que fasse ce sauvage, il est nécessaire de les teo^^ à l'attache, car ils prendraient bientôt la clef des chaïU-P^ si on les faisait chiens domestiques, ainsi qu'ils diseX^*' L'on a dressé des articles de paix dont les ambassadei^ ^ sont les porteurs. Le plus essentiel de tous est qu*^^ ne leur accordera point le retour des Pères qu'ils t^^ donnent des otages, savoir des filles pour être gardé^^ dans notre séminaire ; car pour des hommes ou d^^ garçons, il n'y a nulle assurance.

Vous apprîtes l'an passé ce qui était arrivé aux pauvres Hurons que le révérend Père Ragueneau menait à Onontagé sous la bonne foi des Iroquois, et de quelle manière ils furent massacrés. En cette troupe il y avait de bonnes Huronnes qui avaient été nos séminaristes et qui étaient encore très- excellentes chrétiennes. Il y avait surtout une jeune veuve qu'on menait exprès pour

donner bon exemple aux femmes Iroquoises. Elle fat

prise captive par un barbare qui lui voulut ravir son

honneur à une descente qu'on fit à terre. Cette femme,

quoique faible et délicate, se dégagea de ses mains

et prit sa course dans le bois, en sorte que ne la pouvant

suivre, il fut contraint de Tabandonner. Il se rembarqua

avec sa compagnie, et elle cependant demeura perdue

dans cette immense forêt oii jamais homme n*a habité,

mais seulement toutes sortes de bêtes sauvages. Elle fut

bien trente jours sans manger autre chose que des

racines d'herbes sauvages. Enfin se voyant à deux

doigts de la mort, elle se traîna le mieux qu'elle put

snr nne roche au bord de Teau, s'abandonnant à la

Providence de Dieu. Comme c*est une personne d'oraison

^ de vertu, elle s'entretenait sur la roche avec Dieu

OQ attendant la disposition de sa volonté. Mais ce divin

Père des abandonnés, qui ne la voulait pas perdre,

permit que de quelques canots que le révérend Père

^dperron conduisait aux Iroquois, on aperçut quelque

<^ho8e remuer sur la roche. Il y voulut aller, mais il fut

pi>évraa par un Iroquois qui la mit dans son canot,

disant qa elle était sa captive. Elle ne fut pas néanmoins

^ngtemps en son pouvoir, parce que le révérend Père

^racheta; et après l'avoir fortifiée il lui donna la liberté.

Quand elle fut arrêtée, ses sœurs et sa nièce furent

iQassacrées, et comme c'étaient d'excellentes chrétiennes,

J6 crois qu'elles sont bien avant dans le ciel. Elle seule

fiit ramenée des Iroquois, où les révérends Pères ont

iainé eoTiron cinq cents chrétiens, sans pouvoir faire

autrement, et c'est le sujet de leur douleur, car ces bons

oéc^bjtes sont dans un danger imminent de perdre ou la

Fdoa la vie. Cela fait qu'ils soupirent après leur retour

afin de les aider et de risquer leurs vies avec celles de

136 LBTTIUIS

leurs enfanta en Jsbus-Christ. Ils ne les aarueot januù abandonnés, si la nécessité ne les eût obligés de venir mettre en assurance les Français de nos habitatioDS. Car ces barbares avaient résolu, après avoir défait ceux qui étaient en leur pays, de venir sous ombre d'amitié fondre dans toutes les habitations, et par trahison y mettre tout à feu, après avoir tout pillé. Vons vojrei, mon très-cher fils, de quel accident Notre- Seignear nous a délivrées, et comme il ne fait guère bon se fier à des barbares lorsque les démons leur possèdent le cœur; car il est sans doute que cette conjuration est un ouvrage de ces princes des ténèbres, qui, envieux du grand progrès i)ui s'était fait en si peu de temps, veulent étouffer cette nouvelle Eglise dans son bercean. Les Iroquois Àgnerognons n'ont fait aucun acte d'hostilité depuis quatre ans au regard des Français. Les Hollandais même de la Nouvelle-Hollande, dont ils sont voisins, demandent des Pères pour les assister, parce qu'en certains cantons le nombre des catholiques est plus grand que celui des hérétiques. De plus il y s une colonie d'Anglais catholiques dans une terre nonvellement découverte, qui étant fugitifs de leur paji pour la Foi, sont venus s'y établir. Il n'y a de la nouvelle-Hollande chez eux que pour deux fois vingt-quatre heures de trajet. En général les Hollandais ont très-bien reçu le révérend Père Le Moine, quoiqu'il fût dans soi habit de Jésuite, ce qui facilitera beaucoup la commonication aux Agnerognons, parce qae lé commères eft grand entre les Français et les Hollandais ; et actosliement voilà à notre port uneWqoedo ce pays-H?iu c'y en retourne. Pour notre colonie française, cUb multiplie de telle sorta qwe \e çays tfe&t plus recon- t^ naisaable iifl»-6i**°'^"'iMiag>!>àtMiVa.ïi^6tt&te\\Bmi»t '

iH

DE LA MËRE MARIE DE L*INGARNATION. 137

bëoi les labours, que la terre donne des blés très-bons et en assez grande quantité pour nourrir ses habitants. L*air y est plas chaud, à présent que la terre est plus découverte et moins ombragée de ces grandes forêts qui la rendaient si froide. L'hiver néanmoins y a été long cette année, et comme les semences ont été tardives, il y a encore à présent des blés à couper. Voilà, mon très-cher fils, en abrégé, ce que vous verrez plus au long dans la Relation, si vous vous voulez donner la peine de la lire. Continuez, je vous prie, de me recommander à Notre-Seigneur ; et surtout n'oubliez pas nos pauvres chrétiens qui sont aux Iroquois, non plus que le dessein que les révérends Pères ont pris de les aller secourir au péril de leur vie. Je n'ai pas le temps de relire ma lettre, excusez mes fautes et Fempressement.

De Québec, le 4 d'octobre 1658.

Page 1