‹ Lettres de la révérende mère Marie de l'Incarnation (née Marie Guyard) première supérieure du monastère des Ursulines de QuébecChapitre 3 sur 101 · LETTRE CXIII · texte numérisé non relu

LETTRE CXIII

A SON FILS

Elle dit avec assurance que Dieu a voulu le rétablissement de son monastère, quelque apparence qu'il y eût du contraire. — Troubles de'France, dans lesquels les soldats français ont été plus à craindre en quelque façon que les Iroquois. — Raisons pourquoi il n'était pas expédient pour un temps d'appeler des religieuses de France. — L'archevêque de Rouen se déclare ordinaire du. Canada, et en fait les fonctions.

• Mon très-cher fils,

Voici la réponse à votre lettre du 13 d'avril ; car touchant les affaires générales du pays et les particulières de notre Communauté, je vous ai amplement écrit par trois autres lettres que vous avez reçues, ou que vous recevrez de moi cette année. Cette quatrième est pour vous parler confidem ment, et pour vous dire en premier lieu que j*ai été affligée de ce que la lettre que je vous écrivis Tannée dernière vous ait fait de la peine, vous donnant sujet de croire que c'était de vous que je voulais parler en tierce personne. Mais pourquoi de vous? je n'avais garde de le dire, puisque je n'en avais pas la pensée ; et cette pensée n'avait garde de me venir,

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puisque je sais assurémeDt que cela n'est pas. Je vous parlais de certains reproches que nos Mères de Tours m'avaient faits assez mal à propos, quoiqu'assez innocemment; et je touchais en tierce personne celui qui en avait été l'auteur, ne le voulant pas nommer pour le respect que je lui porte et pour les obligations que je lui ai. Croyez donc, mon très-cher fils, quertout ce que vous m'écrivez m'est d'autant plus agréable, que je n'y reconnais que de la vérité et de la solidité.

Je trouve tout ce que vous me dites touchant notre demeure en ce pays ou notre retraite en France, dans le véritable raisonnement que la prudence peut produire. J'ai les mêmes sentiments que vous; mais l'exécution s'accorde rarement avec nos pensées, comme le remarquent ceux qui ont connaissance de la conduite de Dieu sur ces contrées, où il semble que sa Providence se joue de toute la prudence humaine. Je suis aussi certaine que sa divine Majesté a voulu notre rétablissement, et que la vocation que j'ai eue d'y travailler est venue d'elle, que je suis assurée de mourir un jour. Nonobstant cette certitude et les dépenses que nous avons faites, nous ignorons ce que le pays deviendra. Il y a pourtant plus d'apparence qu'il subsistera qu'autrement, et je me sens aussi forte en ma vocation que jamais, disposée pourtant à notre retraite en France, quand il plaira à Dieu de me la signifier par ceux qui me tiennent sa place sur la terre.

Madame notre fondatrice est aussi dans la même disposition quant à sa vocation, mais non pas pour son retour en France, Dieu ne lui ayant pas encore donné cette grâce de dénûment; au contraire, elle a de si forts mouvements de nous bâtir une église, que les insultes des Iroquois n'empêchent pas qu'elle ne fasse amasser

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des matériaux pour ce dessein . On la persuade fortement de n'y pas penser; mais elle dit que son plus grand désir est de faire une maison au bon Dieu; ce sont ses termes, et qu'ensuite elle lui édifiera des temples vivants. Elle veut dire qu'elle fera ramasser quelques pauvres filles françaises écartées (éloignées, ou abandonnées), afin de les faire élever dans la piété, et de leur donner une bonne éducation, qu'elles ne peuvent avoir dans leur éloignement. Elle n'a point eu d'inspiration de nous aider dans nos bâtiments ; tout son cœur se porte à son église, qu elle fera faire peu à peu de son revenu, qui est assez modique. M. de Bernières lui a envoyé cette année cinq poinçons de farine, qui valent ici cinq cents livres. Il nous a aussi envoyé une horloge, avec cent livres pour nos pauvres Hurons. Que direzvous à tout cela? Pour moi, toute ma pente intérieure est de me laisser conduire à une si aimable Providence, et d'agréer tous les événements que sa conduite fera naître de moment en moment sur moi.

Je parlais encore ce matin à deux personnes trèsexpérimentées dans les affaires du pays, touchant deux filles que nous voulons faire venir de France pour les faire converses. Il n'y trouvent nulle difficulté; pour moi j'y en trouve beaucoup : premièrement à cause des dangers de la mer, secondement à cause des troubles du royaume, et enfin à cause de la société ou conjonction (contact) des personnes. C'est pour cela que nous n'avons point encore pris de résolution. Pour l'hostilité des Iroquois, ce n'est pas ce qui nous retient. Il y en a qui regardent ce pays comme perdu, mais je n'y vois pas tant de sujet d'appréhender pour nous, comme l'on me mande de France que les personnes de notre sexe et condition en ont d'appréhender les soldats

flrançais. Ce que Ton m'en mande me fait frémir. Les Iroquois sont bien barbares, mais assurément ils ne font pas aux personnes de notre sexe les ignominies qQ*on me mande que les Français ont faites. Ceux qui ont habité parmi eux (parmi les Iroquois) m*ont assuré qu'ils n'usent point de violence , et qu'ils laissent libres celles qui ne leur veulent pas acquiescer. Je ne voudrais pourtant pas m'y fier, parce que ce sont des barbares et des infidèles. Nous nous ferions plutôt tuer que de nous laisser emmener, car c'est en cette sorte de rébellion qu'il tuent ; mais, grâce à Notre- Seigneur, nous n'en sommes pas là. Si nous avions connaissance des approches de cet ennemi, nous ne l'attendrions pas, et vous nous reverriez dès cette année. Si je voyais seulement sept ou huit familles françaises retourner en France, je croirais commettre une témérité de rester; et quand bien même j'aurais eu une révélation qull n'y aurait rien à craindre, je tiendrais mes visions pour suspectes, afin de nous attacher, mes sœurs et moi, au plus, sûr et apparent. Les Mères Hospitalières sont dans la même résolution. Mais, pour vous parler avec simplicité, la difficulté qu'il y a d'avoir les nécessités de la vie et du vêtement fera plutôt quitter, si Ton quitte, que les Iroquois : quoiqa'à dire la vérité, ils en seront toujours la cause foncière, puisque leurs courses et la terreur qu'ils jettent partout, arrête le corn* merce de beaucoup de particuliers. C'est pour cela que nous défrichons le plus que nous pouvons. Le pain d'ici a meilleur goût que celui de France, mais il n'est pa^ du tout si blanc ni si nourrissant pour les gens de travail. Les légumi?es y sont aussi meilleurs et en auâsi grande abondance. Voilà» mon trè»<^her fiK où aoos en sommes^ au regard des Iroquois.

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J'entre fort dans vos sentiments touchant la nécessité de pourvoir pour l'avenir à l'observance de nos règles. Pour le présent, je le dis à ma confusion, je ne vois pas en moi une seule vertu capable d'édifier mes sœurs. Je ne puis répondre de l'avenir, mais, à ce que je puis voir de celles qui sont passées de France, je m'assurerais de la plus grande partie comme de moi-même; et quand même elles y voudraient repasser, ce qu'elles sont bien éloignées de faire, celles du pays que nous avons faites professes ayant été élevées dans nos règles et n'aj'ant jamais goûté d'autre esprit, seraient capables de le maintenir. C'est pour cela que nous ne nous pressons pas' d'en demander. De plus, la plaie que ta main de Dieu nous a faite est encore trop récente, et nous en ressentons trop l'incommodité. Nous craignons encore qu'on ne nous envoie des sujets qui ne nous soient pas propres (ne nous conviendraient pas), et qui aient de la peine à s'accommoder au vivre, à l'air, aux personnes. Mais, ce que nous appréhendons davantage, est qu'elles ne soient pas dociles, et qu'elles n'aient' pas une bonne vocation : car comme elles apportent un esprit différent du nôtre, si elles n'ont de la soumission et de la docilité, elles auront de la peine à s'accommoder, et nous peut-être à les souffrir.

Cette contrariété d'esprit a déjà fait repasser deux Hospitalières, et cet exemple que nous avons devant les yeux fait le sujet de ma crainte. Car quelle apparence de faire faire mille ou douze cents lieues à des personnes de notre sexe et de notre condition, parmi les dangers de la mer et des ennemis, pour les renvoyer sur leurs pas. J'aurais de la peine à me résoudre à cela, à moins d'une nécessité absolue, comme si une fille était si

arrêtée à vouloir s'en retourner qu'on ne la pût retenir

tju'avec violence et peut-être au préjudice de son sahit. J*avais un grand désir de faire venir ma nièce de Tlncarnation, qu'on ni*a mandé plusieurs fois être sage et vertueuse, et avoir une grande vocation ; j'eusse même pris plaisir à la dresser en toutes nos fonctions, et en tout ce qui regarde le pays. Mais la crainte que j'ai eue qu'elle ne fût pas contente, et de l'exposer au bazard d'un retour, m'a retenue. De plus, j'ai de Tâge, et en mourant je la laisserais dans une solitude qui lui serait peut-être onéreuse. Et enfin, les empêchements que les Iroquois apportent au christianisme, ne nous permettant pas d'avoir comme auparavant des filles sauvages, ce lui serait une peine bien grande de se voir privée de la fin pour laquelle elle serait venue. Car à vous dire la vérité, ce point est extrêmement pénible et abattant. Comment une jeune fille aurat-elle le cœur d'apprendre des langues très-difficiles, se voyant privée des sujets sur lesquels elle espérait les exercer? Si ces hostilités devaient durer peu de temps, l'esprit ferait un efibrt pour vaincre cette répugnance; mais la mort viendra peut-être avant la paix.^

Voilà ce qui m'a arrêtée pour ma nièce, nonobstant le désir que j'avais de la satisfaire, et la consolation que j'en pouvais espérer : car, étant éloignée de vous et hors des occasions de vous voir, elle m'eût été un autre vous-même, puisque vous êtes les deux personnes pour lesquelles mon esprit fait le plus souvent des voyages en France ; mais plutôt dans le cœur de notre

(1) Nous avons fait remarquer au Chapitre XV de la Vie de notre vénérable Mère qu'il y eut une diminution de séminaristes sauvages pendant les trois premières années qui suivirent l'incendie du monastère; mais ensuite, la paix ayant été faite avec les Iroquois, la confiance succéda à la crainte, et on grand nombre d'élèves indigènes furent confiées aux Ursulioes.

aimable Jësus, où je vous. visite lun et Tautre dans les souhaits que j*y fais de votre sanctification et de la parfaite consommation de tout vous-même. Mais je fais un sacrifice de cette satisfaction à mon divin Jésus, abandonnant le tout à sa conduite pour le temps et pour l'éternité. Il sait ce qu'il veut faire de nous, prenons plaisir à le laisser faire, et si nous lui sommes fidèles, notre réunion sçra d'autant plus parfaite dans le ciel que nous aurons- rompu nos liens en ce monde pour obéir aux maximes de son Evangile. Mais revenons à notre propos.

Nous ne nous pressons donc pas de demander des soeurs de chœur en France, et nous croyons qu'il faut un peu diflFérer, afin de prendre des mesures si justes que nous et elles n'ayons pas sujet d'être mécontentes. Nonobstant néanmoins ioutes les raisons que j'ai apportées, nous ne pourrons nous dispenser de demander deux sœurs converses, et peut-être dès cette année.

Je ne sais si je vous ai dit ailleurs que comme il n'y a point ici d'évêque, celui de Rouen a déclaré qu'il nous en tenait la place. Et pour se mettre en possession, il a institué pour son grand-vicaire le révérend Père supérieur des missions, lequel d'ailleurs étant le principal ecclésiastique du pays, nous nous reposons sur son autorité pour la validité de nos professions, après la consultation qui en a été faite en Sorbonne, signée de six docteurs.

Quant à ce qui vous touche, n'attribuez point à un défaut d'affection si je ne vous ai pas envoyé les papiers que vous m'aviez demandés ; je ne les gardais que pour cela, car autrement je les eusse fait brûler après avoir satisfait à mon supérieur, qui m'avait demandé de les écrire, et qui me les avait remis entre les mains : mais

comme je vous le mandais Tannée dernière, un autre feu les a consumés. Néanmoins, puisque vous le voulez, si je puis dérober quelques moments à mes occupations, qui sont assez continuelles, j*écrirais ce que ma mémoire et mon affection me pourront fournir, afin de vous l'envoyer Tannée prochaine.

Voilà, mon très-cher fils, comme la vie se passe ; si notre bon Dieu n'y suppléait par l'infusion de ses grâces actuelles, qui pourrait subsister? Je. vous confesse que je n'ai point de quoi me plaindre, mais plutôt que j'ai sujet de chanter ses miséricordes. Je vous assure qu'il me faut un courage plus que d'homme pour porter les croix qui naissent à monceaux, tant dans nos affaires particulières que dans les générales du pays, où tout est plein d'épines, parmi lesquelles il faut marcher dans Tobscurité, où les plus clairvoyants sont aveugles, et où tout est incertain. Avec tout cela mon esprit et mon cœur sont dans le calme, et ils attendent de moment en moment les ordres et les événements de la Provividence, afin de s'y soumettre. Toute Tobscurité qui se rencontre me fait voir plus clair que jamais dans 'ma vocation, et me découvre des lumières qui m'étaient obscures et inconnues lorsque Dieu me les donnait avant que je vinsse en Canada. Je vous en parlerai dans les écrits que je vous promets, afin de vous faire connaître et admirer la conduite de la divine bonté sur moi, et comme elle a voulu que je lui obéisse sans raisonnement humain, me perdant dans ses voies d'une manière que je ne puis exprimer. Notre chère Mère de Saint-Joseph étant au lit de la mort, me prédit que j'aurais bien des croix à supporter. Je les attends, mon très-cher fils, et les embrasse .à mesure qu'elles se présentent; et après tout, notre cher Sauveur me fait

expérimenter, que son joug est doux et son fardeau léger. Qu'il soit béni éternellement d*âvoir tant d*égard à mes faiblesses qu'il ait voulu goûter toute lamertume de la croix pour ne m'en laisser que la douceur.

Quand je vous parle de notre pauvreté, ne croyez pas que je "vous demande rien, sinon des prières, que j*estime pour moi de véritables richesses. Je laisse tout le reste à la conduite de la divine Providence, qui est surabondamment riche pour subvenir à nos besoins. Je vous assure qu elle ne nous a pas encore laissé manquer , parmi toutes, nos pertes, du nécessaire à la vie, non plus que du vêtement, et qu'elle a paternellement pourvu à tout. Et même dans la longue maladie de la bonne Mère de Saint-Joseph, cette Providence nous a tellement aidées, qu'elle n'eût pu être mieux secourue en France au milieu de ses parents, ôté l'incommodité du logement. Je vous ai déjà parlé de sa mort, je n*en dis rien ici davantage*. Je perds à cette privation, mais je me console de ce que Dieu la possède, car sans cela la perte d'un si digne sujet me serait extrêmement sensible. Mais enfin Dieu soit béni de tout; il est mon tout et ma vie, en quelque part que je puisse être.

De Québec, 1652.

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9b teSs-daère et fsâf-aiméé saur.

L'amour €fc la TiedeJAcrs aoft Totre vie poor rékemité.

J'ai fsçi TGkre lettre datée de la fia de mars, dans kifjflMe fai tmawé m graad rajet de rendre grâces à 9fotr8:-96^gnear pour les bëaédktioQS qnll Terse sur "P^HSn ùmîUe et sor toos en partienBer. Je le prie de Hém fenre tocu saints. Cest oà noos derons tons aspifisr^ et à ({«H lUKBs deroQS traTainer sans cesse, pois- (iv» éeA noire unique nécessaire, qni n empêchera pas p6!»rtaftl ta n^oee <m Dîen toos a appelé en ce môt^éf pottrra que toos rapportiez tont à cette fin, Mm me à soD dernier point de Tne.

La eompasiion que vous avez de nos croix est une «Mt(\xie de Totre bon cœur et de Tafiéction que tous a^ê^ pour ce payt , où elles foisonnent aussi bien qu*en ^otr^ France, dont nous continuons d'apprendre les déêMiren. Nous apprenons que six cents Iroquois ont Msié^é \eê Trois-Rîviêres, et que notre très-cher Père P(n$^et eni entre lenm mains, ce qui afflige universeliétùeuî tout le pays. Mais le révérend Père Mercier, iopërieur des missions,, a tellement fortifié ce lieu que

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les Français y sont en assurance. L*on craint seulement qu'ils ne brûlent les moissons, comme ils ont déjà commencé. On parlemente avec eux pour échanger le Père et un homme qui est avec lui contre d'autres prisonniers Iroquois que nous avons. On ne sait point encore l'issue de cette négociation. Ces misérables ont tant fait de rav/tges en ces quartiers, qu'on a cru quelque temps qu'il fallait repasser en France. Tous ces bruits néanmoins sont dissipés, et depuis quelques mois ils n'ont point paru. L'habitation de Mont-Réal leur a puissamment résisté et donné la chasse avec perte de leurs gens. Maintenant on fait les récoltes qui sont belles. Avec cela il vient du secours de France, ce qui console tout le pays, car c'eût été une chose déplorable s'il eut fallu venir à cette extrémité que de quitter. Plus de deux mille Français qui l'habitent et qui ont fait- de grandes dépenses pour s'y établir, n'ayant point de bien ailleurs, eussent été misérables ; et de plus, les sauvages n'ayant pas assez de force pour résister aux Iroquois, ils eussent été en des hasards continuels de perdre la vie et peut-être la foi. Mais enfin nous attendons le secours que M. de Maisonneuve, gouverneur de Mont-Réal, amène de France, où il était allé exprès. Cependant priez Dieu qu'il protège deux mille sauvages qui se sont assemblés en un lieu hors de l'incursion des Iroquois, et qui veulent venir ici pour lier le commerce avec les Français. Ils auront de la peine à passer, parce que les Iroquois, qui les haïssent à mort, comme les restes de leur carnage, occu[ient les passages. S'ils peuvent venir jusqu'ici, on aura le moyen de les instruire, et la porte sera ouverte à de plus grandes nations. Comme cette affaire est de conséquence, je vous la recommande, et à tous

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C6QZ qoi aiment Taugmentation da royaume et de la gloire de Jésus-Christ. Nous avons de trèsi-bonnes séminaristes, entre lesquelles il y en a une que Dieu a élevée dans un état d'oraison très-particulier, et qui est dans une pratique de vertu qui y correspond.

Vous me demandez des graines et des oignons de fleurs de ce pays. Nous en faisons vçnir de France pour notre jardin, n*y en ayant pas ici de fort rares ni de fort belles. Tout y est sauvage, les fleurs aussi bien que les hommes. Aidez-moi de vos prières dans mes grandes nécessités. Quoique j'aie la santé bonneip je cours sans cesse à la moft, et une pauvre pécheresse comme moi a besoin de secours pour le passage de l'éternité.

De Québec, le 12 a(mt>1653.

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