‹ Lettres de la révérende mère Marie de l'Incarnation (née Marie Guyard) première supérieure du monastère des Ursulines de QuébecChapitre 30 sur 101 · LETTRE CXLV · texte numérisé non relu

LETTRE CXLV

AU MÊME

KiAt «iu paj*. — S^* propre» dispositioc*. — EHo^ Je il^r r«T*|«e de Pétrèe, «c Je M. d'Arv:eB403. iDJav^rctfar. — AccîTÏ'e de la Mère de rioearottioD •iaa» Tiw mesures Je défesde ccstr»? l«s rrcqaois-

Mon très-cher fiK

Jai reçu votre lettre du A> mars, sans avoir vu le» autres dont vous me parlez. Loa dit quelles ont été brouillées et ensuite portées à TAcadie (Nouvelle-Ecosse). Si cela est nous ne pourrons les recevoir que Tannée prochaine- Celles de M. le Gouverneur et de nos révérends Pères, et quasi toutes les autres sont tombées ds^ns la mèuîe tortune. U me suffit, mon très-cher fil», que jaie apt^is de vous-même votre bonne disposition ,^tat de sautci pour en rendre grices à Celui qui vous la douue. Je vous ai ùéjà écrit une lettre bien ample par le pivmier vaisseau parti au mois de juillet, une airre plus courte, par le révérend Père Le Jeune, et uao iivi^èmo {.vHr un autre navire, afin de vous ôter rappréhensiou que vous pourriez avoir à notre sujet, emoiuiaat parler ces iusultes que nous font les Iroquois. Noire Iva Uieu nous en a délivrées par sa grande

lis^ricorde ; ils sont retournés en leur pays, et pendant i*oxi traite avec eux pour l'échange de quelques isonniers, on prend favorablement le temps pour irr^er les moissons. Elles sont déjà bien avancées, ; les nôtres sont faites; car on ne lève les grains d'en septembre; elles vont quelquefois jusqu'en octobre, 1 sorte que la neige surprend les paresseux. Depuis quelques mois les Outaouak sont venus avec n grand nombre de canots chargés de castors, ce [ui relève nos marchands de leurs pertes passées, et 3LCCommode la plupart de? habitants : car sans le commerce, le paj's ne vaut rien pour le temporel. Il peut se passer de la France pour le vivre ; mais il en dépend entièrement pour le vêtement, pour les outils, pour lô vin, pour l'eau-de-vie, et pour une infinité de petites coQd inodités, et tout cela ne nous est apporté que par le Oaoyen du trafic.

Auprès ce petit mot de l'état du pays, je réponds à

votre lettre, après vous avoir dit que Dieu par sa

lûis^ricorde me conserve la santé, et que' toute notre

Communauté est dans une paix et dans une union aussi

parfaite qu'on le saurait souhaiter. Notro révérende

Mère de Saint-Athanasea été continuée en sa charge dans

Vélection que nous avons faite au mois de juin dernier.

Pour moi j'ai toujours les aflfaires de la maison sur

les bras, je les porte par acquiescement aux ordres

de Dieu, car toute ma vie j'ai eu de l'aversion des

choses temporelles, surtout en ce pays où elles sont

épineuses au point que je ne vous puis exprimer. Mon

cœur néanmoins et mon esprit soiit en paix dans les

tracas de cette vie si remplie d'épines; et j'y trouve

Dieu, qui me soutient par sa bonté et par sa miséricorde,

et qui ne me permet pas de vouloir autre chose que

ce A\}ï\\ voudra de moi dans le temps et dans réternité. Par co peu de mots, vous voyez, mon très-cher fils, ma disposition présente, et que je suis à la bonté divine par labandon d un esprit de sacrifice continuel. Je no sais si, ayant passé soixante ans, il durera encore longtomps. Des pensées que le terme de la vie approche; sans i^uo j y fasse réflexion, me donnent de la joie : mais quand je men aperçois, je la mortifie pour me lonir eu mv^n esprit de sacriîîce, et pour attendre ce cv'ir," final dans le dessein de Dieu, ei non dans la ;;ikîAÙon où mon esph; voudrai: s'emporter, se voyant sur îo jviuî deure dèira^ des liens de cette vie basse ^ Tertvsstre. o; si pleine ^:e pié^^es : car sans parler i^^ vvux du dehors qui soc:î liiûnis. qui ne refuirait vVïiX iî^ îa r*sîu:>e. ^u: plus ils virillissest, plus ils sont s^î>::is tx k ora:::.:rpi rVI^j I^if-. p::isqu'ii veut que

\l*rr rs^'-M^i* î^^;^I« es; :^^ i-r ;f to^::* laî mandé par TïW^ vcw^^^r.tes. «v::r. r^s-sfir rû i::3exîbîe. Zélé Tv^r.r ?a'.» ohwcv*c vc: .v ;z':l rr:ii îr^rc-dr aiiementer )k ÇK\T^ à^ ?:;>:. ^: .T.f,;.x:rCt£ Tirer -f pMn; céder ^r *v c^: V »: .vrîr^r:" 7= r.5^ Tiri^T rccs^re vu fv^r^i^ir.r^ r^<:.:T ^\ ?fcrr.fr :if .-:.. te re* ir::x pMnls-

n>M>4V \f ri'TTs ^.J5s :•:*: f tr t. c^ ...-usr.ijî îe? riens

iVMV .^>< vv^V '^Vi-'^ Cl .. % 'i^'r.-: Ûi: TU-XIXTeiê. Ce

Jt pas tant, tout en irait mieux ; car on ne peut rien 3 ici sans le secours du temporel. Mais je puis me aper, chacun a sa voie pour aller à Dieu. H pratique 3 pauvreté en ^a maison, en son vivre, en ses ibles, en ses domestiques; car il n'a qu'un jardinier, L prête aux pauvres gens quand ils en ont besoin, n homme de chambre qui a servi M. deBernières.

ne, veut qu'une maison d'emprunt, disant que nd il ne faudrait que cinq sols pour lui en faire , il ne les voudrait pas donner. En ce qui regarde nmoins la dignité et l'autorité de sa charge, il n'omet vine circonstance. Il veut que tout se fasse avec Onajesté convenable à l'église, autant que le pays peut permettre. Les Pères lui rendent toutes les t stances possibles, mais il ne laisse pas de demander

prêtres en France, afin de s'appliquer avec plus ^iduité aux charges et aux fonctions ecclésiastiques. 1". le Gouverneur (M. d'Argenson) fait de son côté aître de jour en jour son zèle pour la conservation pour l'accroissement du pays. Il s'applique à rendre ustice à tout le monde. C'est un homme d'une haute tu et sans reproche. Je vous ai mandé par mes 'nières lettres les soins qu'il a eus pour notre conser- LioD, étant venu lui-même plusieurs fois dans notre )nastère pour visiter les lieux et les faire fortifier, donnant des corps de garde, afin que nous soyions )rs des dangers des Iroquois, dans le temps de leurs îmuements.* En votre considération, j'ai souvent l'honeur de sa visite, outre celles qu'il donne à notre réve-

il) L'extrémité du couvent à IWit était la limite de la ville de ce côté. Il résulit de là que les Ursulines pouvaient être les premières exposées à la fureur * sauvages.

î;7K>k LRTTRSS

r«^ctie M^K. Il Y a toujours à profiter avec lai, car il m i^.t^ ;ue vie Dieu et de la vertu, hors la nécessté de bo iâiûjre«^ <îue nous lui comoiuniquons comme i m :j%^r?sea:xe de ccnfiance ei remplie de charité. U 1 ~A;ar.e» Ie$ viêvotiocs publiques, ecaac îe iooaer l'exemple aux Frac<;ais ec à nos noaTeanx diM leu». Nous avoirs rerrda grloes à Diea ea appRBU )u':i -itait wnciitué en sa charge pour troLi ans. la jà i ^tb aDiver^iie es pabli^ae. ec ziocs soafiKsmoi 4U :i y :uc oouLinué par Sa Majesté ie reste L» ses jam S% Mes^ieurs^ àe ia Compagnie savoieu.!: «a mécise^ i i^mpiûieraieuc i;s«^rémeac i se procurer ce litm. à eu 3iemefr c( 1 :cuc ^e uavs.

Lift !x}niies^ Mèn:s Hospitaiières qui vinrgxc TamM lernière s^étauiir à Mouînâai. oui :jté a la viaîLe i repttftiittr trii if rauoe. Leur :omLaiiun i^tait Hitr? 1< ;e M. N. ns:eveur le;* "iiiiles. lui -^sc 3iar lU ittH<.uiaireft; ec jomme ^ :ùarJ>3 ^c ses ?iexs aoié ^ai^iâr .es ieuier» ie :**» yauvrw* illes 5^^;- «m œ« "t:* ruveiOjjjjes, -t -u es icuc jouime Ténias. Mai Mgr 'luir- '-^'•tiaf. es» i •t?i.triatî*, ^ur a .•e^i'iete laih 1 :i,e i..i*f?â*:uititî irti* •c:> .:ai. li.îiii'.s .'i .■loat;^^ai. .arc •4jut '.ea .liiè» i uue ^v>>.Liù^ 'trr'Li ■{. «iiii-jau-ja. Ja aixi

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DR LA MËRB MARIE DE l'iNGARNATION. 171

a serait arrivé si l'armée des Iroquois, qui venait ici qui Dons eût trouvées sans défense, n'eût rencontré [•sept Français et quelques sauvages chrétiens, qu'ils t pris et menés en leur pays. Je vous en ai mandé istoire bien au long dans une autre lettre. Â présent 16 leur retour a donné le loisir de se fortifier, l'on n'a 18 tant sujet de craindre, surtout dans nos maisons I pierre, d'où l'on dit qu'ils ne s'approcheront jamais, irce qu'ils croient que ce sont autant de forts. Nonobs- Dt tout cela, nous avons fait une bonne provision t poudre et de plomb, et avons emprunté des armes il sont toujours prêtes en cas d'alarmes. GTest une chose admirable de voir les providences les conduites de Dieu sur ce pays, qui sont tout à fait hdessoB des conceptions humaines. D'un côté, lorsque m devions être détruits, soixante hommes qui étaient rtis pour aller prendre des Iroquois ont été pris eux- Smes et inunolés pour tout le pays. D'ailleurs les ançais d'ici et les Algonquins prennent presque tous i avant-coureurs des Iroquois, qui étant exposés au I. découvrent tout le secret de la nation. Enfin Dieu tiHime les orages lorsqu'ils sont prêts de fondre sur I tètes; et nous sommes si accoutumés à cette Provi- DOe, qu'on de nos domestiques que je faisais travailler los fortifications, me dit avec une ferveur tout animée eoofiance : * Ne vous imaginez pas, ma Mère, que m permette que l'ennemi nous surprenne; il enverra dque Horon par les prières de la sainte Vierge, qui n donnera tous les avis nécessaires pour notre con- Tation. La sainte Viercre a coutume de nous faire te (aTear en toutes occaâions. elle le fera encore «Tenir. • Ce discours me toucha fort, et noua en feffet dès le jour même oa le lendemain, .^uô

deux HuroDS qui avaient été pris et qui a'étaient sauvés comme miraculeusement par Fassistance de la sainte Vierge, arrivèrent et apportèrent la nouvelle de la prise de nos Français, et que l'ennemi 8*ëtait retiré en son pays.

Cette nouvelle fît cesser la garde dans tous les lieux, excepté dans les forts, et tout le monde commença à respirer, car il y avait cinq semaines qu*on n'avait point eu de repos ni de jour ni de nuit, tant pour se fortifia que pour se garder. Pour moi, je vous assure quej*étaii extrêmement fatiguée; car nous avions vingt-quatre hommes sur lesquels il fallait que je veillasse continuellement pour leur donner tous leurs besoins de guerre et de vivres. Us étaient divisés en trois corps de garde^ et faisaient la ronde toute la nuit par des ponts de communication « qui allaient partout : ainsi ils nous gardaient fort exactement Je veillais au-dessos de tout cela. Car erccne que je fosse enfermée dans notrv^ dortoir, mon oneille néanmoins faisait le guet u>uto la r.uit do crainte c alarme^ et pour être toujours prv^ie à ooruerà rcv$ soI<?ais les munitions nécessaires «ru va:$^ aat:;ftvrv:e. Mi'un. nous fûmes heureuses d'être cUvivntVs de «* finieAU. et Ton en chanta le Te De^m ^r. tv^ut^\? It« i^^î:5^s. K V a p?è$ de cinq mois qullse ùu ;ou;«i io$ \^uns^ uu s;*!^; s<I«:iseî cù le saint Sacreux^'r.; e^iî^: ^;*xjxvs5c>. a^r, cu\I ^^^aise à Dieu de prot^gtf V jv^x;?. Voî*À n:v^r. jv»ir;^'r r^a^a. il dut qtie je finisse. v\ui* ;î^urrIîÀr,: d;? ^^rv:^î tvx? rrt^n» aux nôtres, et de ;tcu* prvvi;?^ e?vvw v^hI^^ ie 2a« lêvérends Père»

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DB LA MÈRB MARIE DE l'iNCARNATION. 173

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