A UNE JEUNE RELIGIEUSE URSULINE
Elle l'exhorte à mourir à elle-même, et à s'avancer sans relâche dans
la perfection.
Ma très- chère et bien-aimëe fille,
Puisque vous le voulez, j'en suis contente, je vous donne cette qualité, et je vous embrasse comme telle dans l'aimable cœur de Jâsus notre unique et suradorable Sauveur. Ce m'est toujours une nouvelle joie de ce que vous lui apparteniez, et de ce que vous vouliez le suivre sans réserve. Qu'il fait bon, ma très-chère fille, de l'aimer, mais de l'aimer de la bonne manière, c'està-dire en mourant à soi-même mille fois le jour en esprit de sacrifice. L'état où sa divine bonté nous a appelées, vous et moi, nous donne le moyen, par préciput à tous les autres états, de le faire. Que nos cœars n'aient donc plus de mouvement que par l'esprit de ce divin Maître, qui absolument et sans réserve veut être l'esprit de notre esprit. Il a des jalousies qui ne se peuvent exprimer, à ce que nous ne nous écartioiu jamais de sa divine et douce maîtrise. Je crois, ma bien -aimée fille, que vous êtes dans la disposition de lui tout céder, et de courir plus que jamais dans la voie du saint amour. Je lui demande qu'il perfectioDue encore en vous cette sainte disposition, parce qnil J
/ DE LA MÈRE MARIE DE l'iNGARNATION . 187
de continuelles ascensions à faire dans le chemin de ; perfection, qui ne trouvera point de terme que dans Heroité. Demandez-lui aussi pour moi que je lui sois dèle en cette course. Je souhaite plus que je ne puis DUS le dire, que veus et ma nièce soyez toujours unies Eir le lien de la sainte dilection ; ce lui sera un grand \rantage, puisque nos faiblesses veulent du secours ans une affaire aussi importante Qu'est celle de notre drfection, que je sais bien que vous cherchez en >as aimant. Âimez-vous donc et aimez-moi en Celui li n'est que pureté et amour. Je suis en lui toute )tre...
De Québec, le 23 octobre 1660.