LETTRE CLXXXIII
A SON FILS
uois demandent la paix aux Française — Mission aux Outaouak et autres nations plus éloignées. — Retour de M. de Tracy en France.
Mon très-cher fils, '
70US ai fait savoir par une autre lettre ce qui s'est cette année au sujet des Iroquois, et comme, par :e conduite de M. de Tracy, ils sont venus après iéroute nous demander la paix. Deux nations lées de soixante lieues Tune de l'autre, et qui it les plus orgueilleuses et les plus cruelles; ont 'emières fait cette démarche. Celles-ci et toutes très ont été si effrayées de la perte des Agnero- 3t du grand courage des Français, qu'ils n'avaient lés jusqu'alors que comme des poules, qu'ils s'imant qu'une armée française était toujours à leurs es et les suivait partout. Dans cette frayeur, ils é heureux d'avoir entrée pour demander la paix, e sorte qu'ils ont acquiescé à toutes les conditions ur ont été proposées : savoir de ramener tous nos s de l'un et l'autre sexe, et d'amener ici de leurs es pour otages des Pères et des Français qui ^ envoyés dans leur pays. Tout cela s'est exécuté nt en point. Les Pères sont partis avec quelques ais et quelques Iroquois, qui durant leur captivité
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ftd, aller et venir comme un insensé. Cette jeune e cependant ne faisait que se rire de lui, et tout le roâensait point.
IX avec qui nous avons la paix sont les Agneron- Bt les Oneiousteronnons. Il y a encore les Onon* :>nnons, les Oiogneronnons et les Sonnontoueronqui n'ont point encore paru. Ils disent pour raison
se préparent à la paix, et ils s'excusent, disant ont déjà fait ici onze ambassades, sans qu'on leur onné satisfaction. La vérité est que ces peuples
naturellement orgueilleux, ils ont de la jalousie I que les autres les ont devancés; et de plus, ils me grande guerre contre les Andastaoueronnons Nouvelle- Suède. Ils donnent néanmoins espérance le printemps prochain, et voilà où nous en sommes les Iroquois.
la Nouvelle-Hollande, aujourd'hui occupée par les ds, appartenait au roi de France, on serait maître [is ces peuples et on y ferait une colonie française rable. Les forts qui ont été faits sur le chemin des lois, sont demeurés avec leurs garnisons : l'on y îhe beaucoup, surtout au fort de Chamblay et à
de Soret. Ces Messieurs qui sont fort honnêtes
sont pour (sont gens à) établir (avec la permission >i) des colonies françaises. Ils y vivent de ménage, ant des bœufs, des vaches, des volailles. Ils ont 3aux lacs fort poissonneux, tant en hiver qu'en )t la chasse y est abondante en tout temps. Tous it en bons chrétiens. Les révérends Pères et les ecclésiastiques y vont faire des missions, outre \i. l'abbé de Carignan, aumônier du régiment, fait lidence au fort de Chamblay, autrement de Sainte- ^. L'on a fait des chemins pour communiquer
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xtrememenc j^nês^ «= reveremi Père Alloues qui a éi# .e!zx os 'Ox imcuaK ans uaon iic pu apprauiiB .e^ <« oaveiies. -5« ::*venu :a mois iaoùt dendtf ;rf>e rî? :rtn3 e eîte iiaaon* ,ai ont lait le voyap
iVir A 'T^iw. = on 1-ère a rapporté que ne pouvant jiSL^sner -^ orar :es . utaouaK. pour ia Foi^ il âe rtsoitf /it'û^r -nerrfîer m uxne leupie plus âuscepâbie è vrre grAce-. Il 1 :'air i je les&ein quau>rze ou quin» ^^r.r.Q lenes :•» .-aeniin -hl sorte qu'il en a tronf^ m Tès-nrmrrEui lui ieac rendu très-docile, etqoii r-^^n ^an^ r^siatance La iemence de TEvangile. Il* ^ r.flip^i?^ "rcî3 :!8at joarante, dont trois cents sont ^o^r^^ npr^.^ ^ivoir reca Le japtème. Ceux-là étaient to /i^ill?»r'U '^t les enfanta, car an ne confie ce Sainreinetf
i^ autres qu'après de grandes dispositions et des maries de persévérance. Voyez quelle grâce Dieu a faite ceux-là, qui seraient à présent dans l'enfer pour ternité.
Ce Père a extrêmement souâert dans cette mission. iwsnt deux ans il n'a presque vécu que de gland et de ci.on qu'il ratissait sur des roches. Je lui demandai Dament il avait pu vivre de cette mauvaise nourriture, <}uel goût il y trouvait. Tout semble bon, me dit-il, :^«lui qui a faim. Pour manger cette mauvaise viande, la faisait bouillir dans de la lessive pour diminuer DQertume du gland, auquel il mêlait ensuite son limon;
cela composait une sagamité noire comme de l'encre
gluante comme de la poix. Voilà le festin de cet ^vrier de TEvangile, sans parler du pain de douleur,
veux dire des autres travaux de la mission. Il est >Xïc venu quérir du secours pour travailler avec lui Bms cette grande nation. Il a trouvé des Pères disposés
cela, avec lesquels il est parti, n'ayant resté que H>i8 jours. Ils sont allés d'abord à Montréal, pour faire e voyage avec les Outaouak, de qui ils n'ont pas eu peu l^aanjÛTrir ; parce qu'ayant fait embarquer leur bagage. Me barbares, par je ne sais quelle quinte, le rejetèrent kterre avec les Pères et le^ Français, quelque récompiose qu'on leur pût promettre. Ces Pères furent extrê- Qement affligés de se voir dans l'impuissance de passer filtre. Deux néanmoins d'entre eux, savoir le Père klois, et le Père Nicolas, se jetèrent à la dérobée dans box canots séparés, sans autre bagage ni provision [lie leurs écrits des langues sauvages, en sorte que I Dieu ne fait un miracle en leur faveur, adoucissant ft cœur de ces barbares, ils mourront de faim et de Ikiaère, ayant trois cents lieues à faire en leur corn-
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lo Oan^la que Sa Majesté le Tonlât ravnjBt. Notf
priff rorm pf^ar cela; joignez tos prières aux nOtm.
Iffl Québec, U 1H doctabre 1667.
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