LETTRE CLXXXIV
AU MÊME
l'entretien familier avec Dieu fortifie l'âme dans les emplois extérieurs distrayants. — Elle parle encore de l'amour qu'elle a pour les souffrances 'elle endure.
Mon très-cher et bien-aimé fils,
!e 8ont ici les dernières voies par lesquelles tous evrez de nos lettres cette année. Dans le peu de ips qui me reste de vie rien ne me contente comme m'entretenir avec vous. Mais c'est avec douleur et lO un sentiment de compassion que j'apprends l'état faiblesse où vous êtes. Infailliblement vous vous usez trop dans les fonctions de votre charge, quoi- ) je voie bien que Dieu vous honore beaucoup de 18 donner de si nobles emplois. Mais j'estime que 18 vous laissez trop abattre par la grande austérité vos règles. Si vous voulez rendre du service à tre- Seigneur vous devez vous fortifier et vous couver. Mais il semble que vous soyez las de vivre. ! pourquoi ne voulez-vous pas vivre, puisque votre > est si bien employée pour Dieu et pour son service? vous possédez cet entretien amoureux de cœur avec ^u, vous êtes heureux dès cette vie. En cet état les plois n'empêchent pas l'union avec Dieu, mais ils tsent toujours l'âme dans son centre, qui est Dieu,
^t \it titwçoaÊBt à idb pins haine et pim [TfMte vdqii ^àvee [ai. .Si toos Timies ;eciff [a ti» aor les éedb foa je 70IU ai anxr^iâ eiLToyes. tdob ume^ qpe Jaî été plomeon années en cec éiaiL qui me donnait une gmds force pour porter ea ^raranx â les gnmda ngeli de dUtraction que j'avais cfaea znoiK frère^ avec lefod fa douoré onze ans. Cet âat change Tâme^ et fl la eo^ doit, en râevant de piia si ploa, à ramoa Is ptai intime arec la diTine Majesté. Sares pomt de voloBfaL laisKx-vQns condmze à son (iiTm esçrxki c'ait es faH j^ammnàÉB^ de VOUS. 9oit pouT le jqrirffaiftl, aoik fsarlei ^npiois eztârîeaia; crayea-flifli, je Tona en aoppfie.
Je vona ai mandé par mes précédentes IirttRt It disposition de ma santé, je ^^n^tmir» 4 *vaiZ8 dire qiK je sois dana on canmmel âat de auuirranee dans mos floz hépatique qni ne me qmtïB points et que je porta il y a pins de tims ans. Je sonSn de grandas eoliqBei caosées par une hnmenr de bile qni se jette ëans mt booche, en sorte qne j 7 ai tonjonra cnnune da fiel, qui me donne du d^oût de tontes sorta d*aîiB&aita. Aoemi remède ne me soulage, an contraire, une dragme (quiire grammes) de rhubarbe me met i Textrémité; siee tout cela je ne pois mourir, d'où Tckl iniëre que Dieo Teut que je soufOre, et j en ai lesprit s conTsinco, que de moi-même je ne voudrais pas guérir pour tooi les trésors de la terre. Je chéris tant mon mal, qne j'ai peur d 7 avoir de 1 attache. Je souhaiterais bîa que Ton ne s'en aperçût pas, mais Ton ne peut cscier cette sorte de maladie, à cause de ses drconstasoei. Nonobstant ma faiblesse et mon état languissant. As rna encore continuée dans ma chaige. II me TtAIlo fiubir puisque Dieu le veut On dit que les penoiuia qui ont tant de bile sont colères; je ne le sois 1»^
et mon cœur ne peut porter d'aigrear. Cette humear de bile s'étant formée tout d'un coup, se répand par tout le corps et y cause une maladie universelle. J'étais d'une constitution fort saine et robuste, aujourd'hui tout mon tempérament est changé. On dit que c'est le trop grand travail qui l'a changé et corrompu de la sorte; et moi je dis que c'est la bonté de Dieu qui m*a envoyé cette maladie, de laquelle je la remercie de tout mon cœur comme d'une preuve de l'amour qu'elle me porte. Qu'elle en soit louée et bénie éternellement des Anges et des Saints.
De Québec, le 19 éCoctobre 1667.