‹ Lettres de la révérende mère Marie de l'Incarnation (née Marie Guyard) première supérieure du monastère des Ursulines de QuébecChapitre 84 sur 101 · LETTRE CCII · texte numérisé non relu

LETTRE CCII

A lA SDFÉEIEDRE DES UKSULIHES DE SAINT-DENIS EN FRAHCB. {La Mirt Marie Oe Satnte-Catheritu.)

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Bll» l'sihort* à la Miuion de U MirtÎDiqne, «t lai montre qu'il (knt m lotitci lei contradiction* quand il faut randre aerrice t Dian dana eea aortM d'entrepriaei .

Oui, ma trôa-hoDorée Mère, je sais tout à toos dans l'union dn cœur tout aimable de noire bon Jësds; et non-seulement à tous, mais encore à votre sainte Communauté que j'honore infiniment. Son zèle pour le saint des âmes me console à un point que je ne pois exprimer, et ta nôtre chérit l'union sainte que tooi et elles voulez bien avoir avec nous. Nons avons reça vos lettres si tard, que nous avions déjà perda l'esp^ rance d'en recevoir cette année. Une personne de France . nons a écrit par le premier vaisseau qui est arrivé en c^^ pays, que vous étiez parties pour les îles de la ifarï^^ nique, ce qui me fit désirer d'en apprendre la ^^^W^^ et louer Notre-Seigneur du choix qu'il avait fait (f&^ ^/^ fllles pour cette mission. M. de Tracy, comme aoi ^^^^^ personnes de créance (dignes de foi) qui ont /a/f "^^^z *** en ce pays-là, nous ont assuré que les Urav *"ot„ ^

ûlim reprSïBDtent Anna de BeaDvaia aox différaotea 4^,^^ .

portMll etl eototM da méduillonB. «aUèioatiiiMa, -. ,.„^' V.

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auraient un grand emploi, et qu*on leur amènerait des pensionnaires de toutes les îles, où il y a an grand nombre de personnes fort accommodées (ayant de la fortune), qui ont de la peine de retenir leurs filles, et ne peavent leur donner Téducation nécessaire pour être bonnes chrétiennes.

Il y. a trois ans que nos Mères de Tours furent demandées pour ce dessein : je ne pus savoir alors ce qui en empêcha Texëcution ; mais j*ai su depuis que la guerre qui était entre la France et TÂngleterre leur avait donné de la crainte, comme aussi ce grand oura- • gan qui avait fait tant de débris en ce pays-là. Mais quoiqu'il faille avoir de la prudence, et user de précaution en semblables entreprises, il faut pourtant beaucoup donner à la Providence, et s'abandonner à ses ordres, lorsque sa volonté nous est connue par le conseil des personnes sages et éclairées. Si Ton ne faisait de la ^rte, l'on abandonnerait souvent des biens que Ton voit ^^ossir après un peu de patience. J'ai vu plus d'une '^is former des desseins de nous renvoyer en France ^^r la crainte des Anglais et des Iroquois : et lorsque ^^tr^ monastère fut brûlé vous auriez de la peine oroire les peines et les afflictions qu'il nous fallut à ce sujet, et combien il nous fallut . livrer de pour résister à de bonnes têtes dont la force et dence semblaient le devoir emporter. Nous voilà oins encore; Dieu a donné sa bénédiction à notre >ï^i<:^ité, et il a fait avouer à ceux qui avaient conclu

retour, que Dieu nous veut en Canada pour

iter les filles, tant Françaises que sauvages.

Térité les premières seraient pires que les der-

s'il n'y avait ici des Ursulines pour les élever

ultiver.

DB LA MËRB MARIB DE l'INGARNATION. 431

en perfection, qu'elle allait par tout son village pour instruire les grands et les petits, afin de les attirer à la Foi. Elle a été extrêmement persécutée de sa nation, mais enfin elle est demeurée victorieuse malgré Tenfer et ses suppôts.

Je vous suis bien obligée de la bonne volonté que vous avez eue de nous offrir de vos chères filles, et à elles d'avoir été si bien disposées à venir nous aider. Vous êtes, possible, plus canadienne que moi, puisque vous y avez l'esprit. Suppléez à mes défauts et à mes lâchetés par vos prières; et si j'ai encore quelques petits biens, je vous y donne la part qu'il plaira à notre divin Maître. Mais faisons mieux, mon intime Mère, que nos biens soient communs. Agréez, s'il vous plaît, le trèsrespectueux salut de notre Communauté, qui vous demande la permission de saluer aussi la vôtre; ce que je fais plus particulièrement après vous avoir embrassée dans l'aimable Cœur de Jësus.

De Québec, le 11 iToctobre 1669,

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