‹ Lettres de la révérende mère Marie de l'Incarnation (née Marie Guyard) première supérieure du monastère des Ursulines de QuébecChapitre 87 sur 101 · LETTRE CCV · texte numérisé non relu

LETTRE CCV

AU MÊME

M. Talon, après une farieose tempête, arrive enfin en Canada, où les référtnda Pères Récollets, qui en araient été les premiers missionnaires, reTienoeiit ayec lui. — Progrès de la Foi chez les nations iroquoises , outaouak et antres. — Prodiges miraculeux en faveur du saint baptême. — - DécouTerte d« la grande baie du Nord par un Français tourangeau. — NouTelle peuplade pour le Canada.

Mon très- cher fils,

Votre première lettre m'a apporte une très-sensible consolation, m'apprenant que Dieu vous a renda la santé. J'ai admiré sa bonté sur vous, de ce qull yoqs a donné des forces pour porter jusqu'à présent les austérités de votre ordre, attendu que vous étiez d'une complexion assez délicate. Que son saint nom soit béni de ses conduites sur vous et sur moi. Mais il faut vous dire quelque chose de l'état présent du Canada.

Enfin M. Talon est arrivé à Québec. Il a pensé faire naufrage une seconde fois proche de Tadoussac, où une tempête jeta son vaisseau sur des roches et le mit sur le côté. Tous ceux de l'équipage eurent une plus grande frayeur qu'à leur premier débris (naufrage) : car je crois que vous avez su que son vaisseau, q\ie nous attendions toute l'année dernière avec une extrême inquiétude, fut emporté de la tempête, et qu'il s'alla briser sur des roches proche de Lisbonne en Portugal.

itte année son navire est demeuré fixe entre des ches effroyables, en un lieu où la marée monte et dsse. Ils demeurèrent là jusqu'à ce qu'elle remontât, bus commencèrent à faire des vœux et à demander liséricorde à Notre-Seigneur. Ce vaisseau qui devait ^e brisé en pièces, et tout le monde perdu, fut enlevé tns aucune rupture; au contraire, par un bonheur espéré, au lieu qu'il avait fait grande eau durant ute la traverse, en sorte qu'on était obligé de pomper ^ntinuellement , la grande secousse qu'il avait eue ir les roches le resserra de telle sorte qu'il ne fit pas le seule goutte d'eau depuis.

II a amené avec lui six Pères Récollets qui viennent rétablir en ce pays : car ce sont les Pères de cet *dre qui en ont été les premiers missionnaires. Ils ont dônieuré jusqu'en l'année 1625, que les Anglais Stant rendus les maîtres du pays, ils furent obligés ^ quitter, aussi bien que les Pères Jésuites qui ne isaient que d'y arriver. Les bons Pères Récollets valant aller aux Hurons se noyèrent, excepté quelques- Qs, qui retournèrent en France. Depuis ce temps-là XXV maison s'est ruinée faute de réparation, et leurs ^rres ont été occupées par divers particuliers, qui ne :*oyaient pas qu'ils y dussent jamais revenir.' Cependant « y voilà avec la permission du roi, dans le dessein d se rebâtir sur leurs anciens fondements. Ce sont 98 religieux fort zélés, que leur provincial, qui est n homme considérable parmi eux et qui a des qualités EHinentes, est venu lui-même établir. Il nous a asBuré ûe pour le bien de la paix ils laisseront les terres aux Brticuliers qui les possèdent, parce qu'ils font un vœu *è8-étroit de pauvreté, et qu'ils se contenteront d'un ^H petit espace pour se bâtir. Ils vont se rétablir sur

leurs anciennes ruines, et cependant (en attendant) ils sont logés à notre porte, et notre église est commane à eux et à nous.

Les missionnaires, dont Ton a encore accru le nombre cette année, sont répandus partout. Ils souffrent de grandô travaux pour apprivoiser la barbarie des Iroquois supérieurs, qui sont plongés dans des superstitions extraordinaires. Ce sont les Sonontoueronnons, ou le révérend Père Firmin, qui les instruit, a besoin du courage que Dieu lui donne pour demeurer avec eux, car il y souffre la faim et la disette de tout.

Les autres Iroquois respectent les Pères, mais les boissons que les Anglais leur donnent comme voisins (car je parle des Agneronons) les abrutissent de telle sorte qu'il n'y a nulle assurance pour la foi, sinon aux vieillards, aux femmes et aux enfants. Ce n'est pas qu'ils ne croient ce que les Pères leur enseignent et qu'ils n'assistent aux prières le matin et le soir, mais la fragilité les emporte, et ils ne sont plus à eux quand ils voient ces liqueurs. Pour les Onontageronnons, ils sont tous gagnés.

Enfin le fameux capitaine Garaconthié a été baptisé par Mgr notre Prélat. Il a rompu les liens qui, par faiblesse humaine, le retenaient, et il n'a pu vivre davantage sans être chrétien. Il y a longtemps qu'il l'étaif dans son cœur ; il faisait tout son possible pour la conversion de ses compatriotes ; il délivrait les captifs français; il apaisait tous les^ désordres; il protégeait les missionnaires, et il n'y avait invention dont il n'usât pour entretenir la paix. M. le Gouverneur a été son parrain, et lui a donné le nom de Daniel. •

Ce sont les Algonquins qui excèdent le plus en l'ivrognerie en ces quartiers, par la faute des Français qui

leur donnent des boissons. Et ce qui est le plus déplorable, ils y accoutument leurs femmes et leurs enfants, de sorte que cette nation, qui se perdait autrefois sans la foi, si Dieu n*y met la main va se perdre dans la foi.

Les missions des Outaouak sont florissantes : les missionnaires néanmoins y soujQTrent de grands travaux, particulièrement par le défaut de vivre. Mais ils ont cette consolation que l'on ne porte point de boissons dans un pays si éloigné. Ces peuples les écoutent avec un respect incroyable. Le révérend Père Allouez, qui entend six langues sauvages, en a plus particulièrement le soin; et comme ces pauvres gens n'avaient jamais ▼u de Français, ils vont au-devant de lui les mains jointes, s'inclinant et l'appelant le bon Manitou, qui est an nom d'honneur. Ces peuples sont les plus éloignés et les derniers découverts. Ce Père qui les instruit est un miracle de la grâce; à le voir on dirait qu'il n'a ni force ni santé, et cependant il est infatigable, et on ne peut rien voir de plus laborieux. L'on a encore découvert une autre nation qui aboutit à des peuples innombrables. Le révérend Père Marquet y a été envoyé, et parce que la moisson est grande, l'on a envoyé, tant à lui qu'aux autres, un secours considérable d'ouvriers.

Il est arrivé une chose bien remarquable et qui a donné une grande estime du baptême en la mission du révérend Père Dablon. Un enfant mourut incontinent après avoir reçu ce sacrement ; et comme la terre était toute couverte de neige, en sorte que ses parents ne le pouvaient mettre en terre, ils relevèrent en Tair sur un échafaud, où, pour lui faire honneur, ils l'ornèrent et entourèrent de peaux et de porcelaines. Une nuit, les loups affamés, sentant l'odeur d'un corps mort,

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•ortireiit du bois ait montèrent rar Fédiafkad. Ib à&T(h f^mit l6B peaux» iM porcelaines, et toot oe qjûâ onsit fenjfiutt, jnais ils ne tonchôrent point à ce pettt; ange.

Le matin étant yenn, les sauvages Tinrent voir cette merveille, et tons commencèrent à loner et «rtimer le saint baptême. Ce miracle n*a pas seal0m^ eu son effet an lien où il est arrivé, mais s'étant répanda dans les nations voisines, il a donné partout un grand crédit à là foi. Gela est arrivé au lieu où f on a fait une maison fijtô pour assembler les missionnaires de temps en tttnps, et où on leur porte d*ici tous leurs besoins.

l^ur ce qui est des afEaires temporelles, le rot fait ici de grandes dépenses, il a encore envoyé cette année cent dnquante filles et un grand nombre de soldats et d*o£SicbMrs avec des chevaux, des moutons et des chèvres pour peupler. M. Talon fait exactement garder les ordres du roi. Il a commandé qu'on fasse des chanvres, des toiles et des serges; cela a commencé» et grossira peu à peu . Il fait faire une halle à Québec, une brasserie et une tannerie à cause du nombre prodigieux de bêtes qu'il y a en ce pays. Ces manufactures n'étaient point en usage par le passé en Canada, mais si elles réussissent elles diminueront beaucoup les grandes dépenses qu'il faut faire pour faire tout venir de France. L'on presse tant qu'on peut les femmes et les filles d'apprendre à filer. On veut que nous l'apprenions à nos séminaristes, tant françaises que sauvages, et on nous oflSre de la matière pour cela.

L'on introduit encore un triple commerce en France, aux îles de l'Amérique et à Québec. Trois vaisseaux chargés de plauches de pin, de pois et de blé d'Inde voDt partir pour aller aux îles ; là ils déchargeront leurs marchandises et se chargeront de sucre pour la France,

DE LA MÉRB MARIB DB L'iNCARNATION . 447

d*où ils rapporteront ici les choses nécessaires pour fournir tout le pays. Et ce triple commerce se fera en un an. L'on fait encore la pêche des morues à cent lieues d'ici, laquelle étant bien entretenue produira des revenus immenses. Voilà pour faire, avec le temps, on grand pays qui enrichira les marchands.^ Pour nous, notre fortune est faite ; nous sommes la portion de Jësus- Christ, et Jésus-Christ est notre portion, et nos gains sont de tâcher à le posséder en pratiquant nos Règles et faisant ses volontés. Priez la divine Msgesté de nous faire cette grâce.

Il y a quelque temps qu'un Français de notre Touraine, nommé des Groiseliers, se maria en ce pays; et n'y faisant pas une grande fortune, il lui prit une fantaisie d'aller en la Nouvelle-Angleterre pour tâcher d'y eh faire une meilleure. Il y faisait l'homme d'esprit, comme en efifet il en a beaucoup. Il fit espérer aux Anglais qu'il trouverait le passage de la mer du Nord. Dans cette espérance, on l'équipa pour l'envoyer en Angleterre, où on lui donna un vaisseau avec des gens, et tout ce qui était nécessaire à la navigation. Avec ces avantages il se met en mer, où au lieu de prendre la route que les autres avaient coutume de prendre, et où ils avaient travaillé en vain, il alla à contre-vent,

(1) Ces détails et ce que l'on a vu dans les lettres précédentes bous montrent la xèle, l'intelligence et les vues élevées de Louis XIV et* de son gouvernement dans la colonisation du Canada. On veut créer une source de richesses et de prospérités pour la mère-patrie ; mais on cherche en même temps les vrais et ■olides avantages et des colons et des indigènes. On ne fait pas consister le bonheur humain dans la fortune et le bien-être matériel ; on sait que l'homme act créé à l'image de Dieu et destiné au ciel, et l'on a pour sa haute dignité le rMpect et les égards qui lui sont dûs. Voilà pourquoi on considère la foi catholiqae et le sentiment religieus comme des éléments indispensables d'une colonisation sérieuse et solide.

ei^ id bldUr^^be^hé qu;il a trouyë la giwMle JipiM dn ^to^^•^^ y* tfa^v4,mi gran4 peuplât et a çhwsg&ti» jki^ifj^fin, 9m mnvm de pelleterie pbor dm MPunes i)llO|eii8e9i. p est retourné ea Angleterre, qîl h^mM, ac4ctt|Aé *râBgt,jaiUe ëcus de récompeiiiset.^ Ta ^Int l^ir^Uer de la Jarretière, que Ton dH prenne dl9#§ fort honorable» Il a prif possession 40; 69 «grai4fpl|i |io||i:4e W|i 44ngleterre, et pour sw partieuUfirle mM ^^in^ç^eiitpçadçt^pa. L'on a fait pne gazette ei( J^â^ terre ponr louer cet aventûneir français. ^ Il 4tmk Imai J9^.quand ihyyfkt ^4» ^t fit grande connsissanoe iivee mp^tant è^ capse do la patrie, qu'en ccmsldératioii dkone de siQS Itères de Tours, chez le père de laquelle il wnià demeuré. Sa femme et ses enfemts sont encwe i<».

De Québec, le 27 iaoùt 1670.

LETTRE CCVI.

A LA SUPÉRIEURE DES URSULINES DE TOURS. (La Mère Joubert de Saint- Joseph,)

ElU la félicita <!• ce qa'elU est déchargée de sa supériorité. — ATintâg» dt cettx qui ne sont point en charge. — Hiver rigoureux de cette année m Canada.

Ma révérende et très-chôre Mère,

Vous avez bien raison de vous réjouir d'être dégagée de votre charge, aussi bien que moi qui le sais de la mienne, par la miséricorde de Dieu, dès le douzième de mars dernier. Je soupirais depuis longtemps après

DB LA MÈRB MARIE DB l'IN CARNATION. 449

ce bonhenr. Pais donc que vous et moi avons ce que nous avons souhaité, bénissons Celui qui a rompu nos liens, et jouissons avec action de grâces de la paix qu'il nous donne. Je vous assure, chère Mère, que la charge d'autrui est pesante quand Ton pense qu'on aurait assez de soi à garder : et je ne m'étonne plus de la plainte que fait l'Epouse des Cantiques, en disant : qu'on Ta faite la gardienne des vignes, et quelle a bien de la peine à garder la Henné. Vous expliquerez^ mieux ce passage que moi, c'est pourquoi je le laisse à votre méditation. Cependant tirons avantage de la grâce que Dieu nous fait en ce point. Je ne suis pas néanmoins si libre que je n'aie encore un petit troupeau à gouverner aussi bien que vous : ce sont nos jeunes professes et nos novices, qui sont en tout au nombre de sept. Priez pour elles, et je n'oublierai pas les vôtrea.

Tous les hivers sont fort froids en ce pays, mais le dernier l'a été extraordinairement , tant pour sa rigueur, que» pour sa longueur, et nous n'en avons point encore expérimenté un plus rude. Tous nos conduits d'eaux ont gelé, et nos sources ont tari, ce qui ne nous a pas donné peu d'exercice. Au commencement nous faisions fondre la neige pour avoir de l'eau, tant pour nous que pour nos bestiaux; mais il en fallait une si grande quantité que nous n'y pouvions suffire. Il a donc fallu nous résoudre d'en envoyer quérir au fleuve avec nos bœufs, qui en ont été presque ruinés à cause ^e la montagne qui est fort droite et glissante. Il y avait encore de la glace dans notre jardin au mois de juin : nos arbres et nos entes qui étaient de fruits exquis en sont morts. Tout le pays a fait la même perte, et particuliôrement les Mères Hospitalières, qui avaient un verger des plus beaux qu'on pourrait voir en France. Les arbres

CBTTK. M. II. 29

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qui portent de» fhilts sauvages, ce sont i>a# morts; aim Dieu nous privant des délicatesses, et nous laissant le nécessaire, veut que nous demeurions dans notn mortification, et que nous nous passions des donœan que nous attendions à l'avenir. Nous y sommes aooon* tumées depuis trente et nn an que nous sommes ea Cis.pays, en sorte que nous avons eu le loisir d'oublier les douceurs et les délices de l'anciennâ France'.

De Québec, le î" de septembre Î670.

LETTRE CCVn.

A OME RELIGIEUSE URSULINE DE TODHS. iLa Mire FrvnçoUe de Salra-On'matn.)

BlU lui nod compta da m diepoiition tant iDUrienra qnTextéria&ra, at «II* tA en peu d« moU l'éloge de la Uère Muie de UNatiritè.

Ma révérende et trôs-cbôre Mère.

Votre lettre, que j'ai reçue avec joie, m'a encore trouvée en ce monde. Dieu veuille que ce soit ponr sa gloire ! Je suis sa victime, il m'immolera selon son bon plaisir; c'est ce que j'attends à tous moments, mon âge xt^j. oblige. Vous voulez que je vous dise ma disposition:

dit toms 1", p*ge 203, qa't Québec na trçàà ds trmi

au-deuoo* de liro n'est pu regarda comms eiCMiif : p<n'

, en «ff«t, que le Ihennomètre deacend plut bu. Il d'm( m

la nvercute gelei, ca qid luppoie bu moïnt qurule dtfrti

DE LA MÊRB BiARIE DE L'INCARNATION . 451

j'ai passfé l'hiver en assez bonne santé, en sorte qae Dieu m'a fait la grâce de jeûner le carême. Quinze jours après, j^âî' eu une petite maladie qui a donné l'alarme à mes sœurs, car dès qu'on nie Voit un peu mal, on croit que je vais mourir. J'en suis revenue par de certaines poudres chimiques qui ont diminué de moitié cette grande amertume de bouche qui m'était restée de ma grande maladie. Voilà pour ma santé, ma chère Mère ; mais pour la sainteté , j'y vais à pas de plomb. Cependant je touche la soixante et onzième année de mon âge ; il est temps d'y travailler ou jamais. Priez notre bon Jésus , qu'il me donne des grâces efficaces pour cela.

Je me conjouis avec vous du succès de votre élection, à laquelle Dieu a donné bénédiction par le choix que vous avez fait de ma révérende Mère Ursule. La nôtre s'est faite avec un semblable succès par le choix de ma révérende Mère de Saint-Athanase. Cette élection n'a rien changé dans les cœurs. Vous béniriez Dieu de voir la grande paix et la sincère union dont nous goûtons les douceurs. Certes si Dieu fait sa demeure dans la paix, nous devons bien croire qu'il habite dans notre petit Séminaire; et c'est un trésor que nous estimons plbs qii^'tous cèuxde la terre.

Oté la nécessité que nous avons tous de mourir, je dirais que vous s.teÈ fait une grande perte par la mort de ma chère Mère Marie de la Nativité. C'était une âme vraiment assujettie à Dieu. Je ne sais aucune particulai^fté dé ÈSL mort qiie celles que j'ai apprises par sa lettre cîrcûlaire, qui est courte, mais onctueuse et succulente. L'on eh aurait néanmoiiisi pu dire encore davantage; mais j'ai présumé qu'on avait réservé de parler de ses grandes vertus dans les Annales de notre Ordre, ou

dans quelque autre (iessein : la sainte volonté de Dieu soit faite. Quoiqu'il en soit, je la crois grande dans le ciel, et j'invoque son secours et sa médiation auprès de Dieu, aân qu'il me conduise dans les voies de la véritable sainteté.

De Québec, te 2 de septembre 1670.

LETTRE CCVIII.

A LA. SUPÉRIEURE DES URSULINES DR HONS. ILa Mère CicUe <te Saint-Joteph.)

Elle la raiii«rcis da différents cadEaai, «t «lie lai damanda la liite dei mabou d'Ureutines lortiei de Liège. — Le cardinal de Sonrdit, par eommiiuon di Saint-Siéfe, a agrégé ft la CoDgrégation de Bordssui tontes l«i maisoM d'Ur^uliaes aortles de Liège. — Union étroite de charité entre la Congr*gfttion de Pari* et celle de Bordeani. — NouTellea da paja. — Ella iMni* la Via d'Anne de Beauvaii.

Jësus, Marib, Joseph.

De notre Monastère de Québec, le 12 de septembre 1670.

Ma révérende et très-chère Mère, Jésus soit notre vie et notre amour ponr l'éternité. C'est avec nn sentiment de joie que j'ai reçu votre ■£lière lettre, puisque mon cœur se sent uni à vôtre dphère persoDne très-particulièrement. Je suis étonnée vous n'ayez pas reçu celle qae je me donnai l'hoDteur de vous écrire, le révérend Père Pierron V&yant

DE LA MÈRR MARIK DR L'lNCARNy\T10N. 453

mise dans le paquet qu'il adressait au révérend Père Pierron son frère, aussi de la Compagnie de Jésus, auquel vous aviez confié celle que vous eûtes la bonté de m'écrire. J'ai reçu la vôtre de cette année par un des révérends Pères qui est venu en ce pays, avec votre boîte de petite Jésus et les images qui étaient dedans. Vous êtes trop obligeante, ma très- chère Mère, de vouloir bien vous souvenir de vos Sœurs qui sont si éloignées de vous, et de moi en particulier, qui mérite l'oubli des saintes âmes. Je loue votre dévotion à la sainte enfance de Jésus; l'on y est grandement dévot en ce pays; mais ce n'est pas en la pratique du vingtcinquième des mois, cela est enclavé en une Confrérie à la Sainte-Famille; c'est notre grande dévotion. Une personne de France nous en a envoyé un très-beau tableau, qui est en notre chœur (car nous tenons chœur ici comme en nos maisons de France). Votre petit Jésus est très-beau, l'on nous en envoie de France qui n'en approchent pas; plusieurs de mes Sœurs en ont dans leurs chambres. Je vous remercie très- humblement de votre charitable, présent et des bonnes volontés que vous conservez pour nous. Si vous avez la bonté de nous écrire j'ai trouvé une voie assez sûre, c'est par le moyen de M. Talon, intendant pour le roi en la Nouvelle-France. Il a eu de grandes commissions en Flandre de la part de Sa Majesté ; il a bien des intelligences en ces pays, car il m'a dit qu'il a été en votre maison et qu'il y a deux des filles d'un de ses amis. Il m'a promis de vous faire tenir mes lettres, et de vous envoyer une adresse pour les réponses. Par celle que je vous écrivis l'année passée je répondais à toutes vos questions fidèlement, et je vous faisais des demandes sur la manière dont vous êtes établies dans les lieux

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OÙ vnus êtes, et si vous étiez sorties de notre couvent de Bordeaux. J'ai reçu cette année une lettre de ia révérende Mère de la Roque, prieure de ce Monastère, qui m'en a instruite, ce qui m'a donné une consolatioa bien grande de ce que notre saint Ordre est dilaté eu tant d'endroits. Cette bonne Mère m'a envoyé une liste de toutes nos maisons de France et de ce qu'elle connaît de vos quartiers, avec commission de vous l'envoyer. Mon aimable Mère, je vous supplie s'il y a quelques uns de vos Monastères qui y eoient omis, de m'en envoyer le nombre et les lieux de leur situation, pour les ajouter à la liste que je vous envoie. Cette bonne Mère prieure de Bordeaux est ravie de savoir que nous avons l'honneur do votre communication . elle vous salue , et embrasse toutes les saintes religieuses qui sont sorties de Liège ; elle m'a chargée de vous demander ai la révérende Mère de Maipreu et la révérende Mère Priaque, avec lesquelles notre révérende Mère de la Croix avait grande communication, et qui les aimait d'une tendresse admirable , sont en vie. Cette bonne Mère de la Roque dont je vous parle est sa chère fille, qui était entrée au noviciat à douze ans; il y a cinquantehuit ans qu'elle est religieuse; elle vous supplie, si la révérende Mère Prisque vit encore, de lui présenter son très -affectionne salut; elles se sont souvent écrit l'une à l'autre, et celle-ci le. continuerait sans la difficnlté des voies. Cette bonne Mère me dit que vous êtes nos véritables Sœurs et que ça été Mgr le Cardinal de Sourdis qui, par commission du Saint-Siège, vous a incorporées en notre Congrégation ; Dieu en soit béni éternellement, mon aimable Mère. Demeurons donc en cette sainte union, je vous en conjure pour l'amour de Dieu. La révérende Mère de la Roque me charge

encore de vous dire, <itie dans le livre de la chronologie de rOrdre des Ursulines, qui se fait au couvent du faubourg Saint-Jacques à Paris, vous êtes placée avec notre couvent de Bordeaux comme une des glorieuses émanations que le Saint-Esprit en a tirées et qu'il nous a mises au cœur comme un lien indissoluble. Cette chronologie qui se fait à Paris est fort avancée, et n*est pas prête d*être achevée. Les maisons de notre Congrégation y envoient leurs mémoires pour les choses remarquables de leurs Sœurs défuntes. Notre Congrégation est fort unie à celle de Paris. L'une étant très-conforme à l'autre, nous n'avons point eu de peine de nous unir avec leurs Sœurs qui sont avec nous ; il semble dans les mœurs, fonctions et accord en toutes choses, que nous soyons sorties d'une même maison. Il y a d'autres couvents et congrégations d'Ursulines en France, mais il n'y a pas semblables rapports; outre que ce sont les deux Congrégations les plus nombreuses, celle de PàHs a bien autant de couvents que la nôtre ;^ elles nous écrivent de toutes parts et nous ont rendu bien de l'assistance pour nous aider en nos chères Canadiennes.

(1) Od voit par cette Lettre, et par plusieurs autres, que la Mère Marie de rincarnatloD s'est regardée toute sa vie comme appartenant & la Congrégation de Bordeaux. Mais à ses yeux c'était un simple fait historique, sans importance, quant aux relations et aux témoignages de charité. Pour son cceur, toutes les Ursulines étaient des sœurs, sans distinction de telle ou telle Congrégation. Qu'il nous soit permis d'exprimer le vœu que ces dispositions si conformes & Tesprit de Notre-Seigneur, et qui sont générales dans ce saint Ordre, animent toutes les filles de sainte Angèle sans une seule exception. Peut-être serait-il hon que le mot même de congrégation fut relégué dans l'histoire, et qu'il ne fût ni prononcé, ni écrit, ni insinué dans les relations de churité f

Il paraît, d'après ce que dit la vénérable Mère, qu'à l'époque où elle écrivait, les Congrégations de Paris et de Bordeaux avaient moins d'intioûté avec les antres qu'entre elles. Nous. pouvons dire, très-heureusement, qu'il n'en est plus de même aujourd'hui.

Il était parti deux révéreDds Pères Jésuites de vos quartiers pour les missions des sauvages, il y en a on nommé le révérend Père Robo, lequel a tellement fatigué à assister les soldats malades de son navire, qu*il en est mort lorsqu il arriva au premier port du Canada, où est une des belles missions ; on le mit à terre où il rendit l'esprit; ainsi il fit là son sacrifice, sans passer plas avalât, comme un autre saint François-Xavier; il moanit seul, assisté d'un bon frère. Le révérend Père Crépieal nous a dit que le Père Robo avait deux cousines en Flandre, qui avaient grand désir d'être avec noas; l'on en a même parlé à Mgr notre digne Prélat, je ne sais s'il répondra à ce point. Goname nous dépendons de lui, et que le révérend Père Robo est mort, on ne nous a pas pleinement informées de cette affaire. Si cela avait pu réussir nous aurions embrassé ces chères filles d'un grand cœur, comme nos très-chères et Menai mées Sœurs.

Puisque M. Talon m'a assurée de faire parvenir nos lettres et les réponses, suivant son billet d'adresse, si vous avez pour agréable, ma très- chère Mère, de nous honorer de vos lettres et de nous envoyer quelque chose, vous pouvez prendre cette voie. Nous serons bien consolées d'avoir le livre (la Vie) de la vénérable Mère Anne de Beau vais. ^

. Nous avons un mortuaire (nécrologe) fort bien fait, conforme aux Rubriques; je vous remercie très- humblement de votre bonne volonté. On nous l'a envoyé de France; l'on n'imprime point encore en ce pays; il nous a fallu faire des Règlements convenables pour cela, et bien qu'ils ne soient qu'à la main, Mgr notre

(1) Voir d-dasfiM oim note à la Lettre CCI, page 423.

DB LA M£RB marie DE l'INGARN ATION . 457

Prélat, qui est vicaire apostolique, les a approuvés, c'est comme si Rome y avait passé. De sa même autorité il a approuvé notre établissement en Canada.

Un grand Jésus de cire se romprait à cause des chocs qui' se souffrent dans un si long trajet; nous serions ravies d*en avoir un beau; mais c'est dommage de risquer. Je vous rends mes très-humbles remerciements de votre offre charitable, ma très-chère Mère, comme de toutes les bontés que vous avez pour nous ; toutes mes Sœurs vous présentent leur très- respectueux salut et vous rendent très-humble grâce de votre souvenir; permettez-moi de saluer votre sainte et religieuse Communauté, que j*honore et respecte beaucoup.

Toutes les missions ont de nouvelles bénédictions de Dieu, pour les grandes conversions qui se font par les travaux de nos révérends Pères; cest une chose étonnante de voir jusqu oti vont ces grands serviteurs de Dieu, qui trouvent jusque dans les extrémités du monde des peuples qui se rendent dociles à écouter la doctrine sainte qu'ils leur enseignent.

Nous avons de jolies séminaristes de trois nations; nous leur apprenons à vivre à la française, à lire et à écrire ; ce sont les délices de nos cœurs, je les recommande à vos saintes prières. Soyez donc persuadée que vous êtes bien proche de mon cœur et que c'est sans réserve que je vous y suis en celui de Jésus, ma révérende et très-intime Mère, très-humble, obéissante et obligée servante.

Sœur Marie de Tlncarnation, R. V.

Je suis sortie de la charge de supérieure du mois de mars dernier, mes six ans étant finis; celle qui l'était

levant mm y ^* estréet ez mot ;'oii m'a encore ctULiWùÊi «le» ieiAU&a novices: unes U'wa^ ma. chère M&dk.

!a erâce rie aren hies acomtcsi D mes es ce payn» aotr& revéFeiBie jidËce %Tf)ii0 succédé t'cEZxa a i'aaire eiL la rxiaifl9ii : je coinmffnfatt en anrraoc le Samt-JosniL le naam m

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La révérende Mère de Sainte- Catherine de Sienne, supérieure des Ursulines de Saint-Denis, me mande que ni elle» ni ses bonnes sœurs n*ont pas encore perdu Tespérance dexécuter leur dessein pour la Martinique. Je prie Dieu qu*il réussisse si c est pour sa gloire : pour pous, nous nous contentons de notre pauvre Canada, qm se multiplie beaucoup. Pour cela nous demandons des religieuses en France pour nous aider, quoique xi0!;is soyions déjà vingt-deux. Votre Révérence apprendra, par la Relation, les admirables progrès de la foi par les travaux excessifs et par le zèle incomparable de vos Pères, Les révérends Pères Récollets sont un nouveau secours au pays pour les Français seulement, mais Qon pas pour les missions, où Tesprit de leur Ordre ne les porte pas tant.

Quant à la Mère de Saint- Augustin , de la vie de laquelle vous me demandez mon sentiment, je vous dirai entre vous et moi que je ne suis pas trop savante en ses affaires. Je sais seulement quà son extérieur elle était dans la vie commune, comme une bonne religieuse doit être. Lorsqu'elle était en santé (car elle était presque toujours malade) elle était une fidèle ol;)servatrice de ses Règles. Mais depuis que j*ai su les étranges tentations et les pwsécutions atroces que les démons lui avaient suscitées jour et nuit Tespace de seizp ans, j*ai cru que c'était là sa plus grande maladie : je rappelle grande, parce qu'elle était tellement atténuée, qa*elle n*avait que la peau collée sur les os. Je Tai vue en quelque occasion, et j'attribuais cet état de langueur et d'abattement à sa maladie, comme aussi sa supérieure et sa Communauté, qui n'avaient nulle connaissance, non plus que moi, de ses dispositions intérieures. Ce qve Ton en couna^^ait était par quelques marques

extérienreB, car elle était très-cbarifable aax malades de l'hôpital, les aidant spirituel le ment et corporellemeDt d'noe manière admirable , ce qai la faisait aimer et estimer de toas ceux qui la voyaient agir. Ce qui augmentait encore l'estime qu'on en avait an dehon, c'est la charité qu'elle avait exercée l'espace de deux ans envers une fille possédée on obsédée, que Mgr notre Prélat Ini avait mise entre les mains, car elle passait les jours et les nuits auprès d'elle à combattre le déouHi qui la tourmentait, jusqu'à ce qu'enfin elle fut délivrée par l'intercession du révérend Père de Brébeuf, comme cette même fille m'en a assurée. Ce même révérend Père a beaucoup aidé cette bonne Mère, et l'on dit qu'il lui apparaissait souvent. M. de Laoson Tn'a dit qu'elle avait retenu plusieurs œntaines de démon qui attendaient l'âme d'une personne considérable de Québec à la sortie de son corps, afin de l'emporter dans l'enrer; mais qu'elle pria tant pour la personne malade, que l'on eut sujet de croire qu'elle était morte dans la voie de son salut. J'ai entendu de Mgr notre Prélat que cette bonne Mère était l'âme la plus sainte qu'il eôt connue; il en pouvait parler comme savant (avec connaissance), car c'est lui qui la dirigeait dans ces cboset âxtraordioaires. Mais le Père Cbastelain en sait plas qu'aDOon autre, parce qu'il était son Père spirituel, et elle tni déclarait entièrement les secrets de son cœur. Comme on ne savait pas ce qui se passait en son âme, quelques personnes pourraient avoir la pensée qu'elle était obsédée, et que les démons lui en Tonlaient, parce qu'elle les avait étrangement persécutés lorsqu'elle gark dait cette pauvre fille, qu'ils voulaient perdre d'honnear , par le moyen d'un magicien qui se rendait invisible i tout autre qu'à elle- La révérende Mère Agnès de Saint-

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Paul accompagnait cette Mère dans ces naits si pénibles, et quelquefois elles étaient obligées de coudre cette fille dans un sac pour la mettre à couvert des importunités pressantes de ce magicien ; ce que je vous dis, je le dis assurément (avec assurance), car je l'ai appris d'ellesmêmes/

De vous dire mon sentiment sur des matières si extraordinaires, ainsi que vous le désirez, je ne le puis, et je vous supplie de m'en dispenser, voyant que des personnes de science et de vertu y suspendent leur jugement, et demeurent dans le doute, n'osant pas se fier à de^ visions extraordinaires de cette qualité. Le révérend Père Ragueneau y est savant (sait ce qui en est) et la tient pour bienheureuse, parce qu'elle a toujours été fidèle dans ses devoirs, et qu'elle n'a jamais cédé au démon, sur lequel elle a toujours été victorieuse. J'estime que cette fidélité dans ses obligations et dans ses combats la rende grande dans le ciel, et je m'y appuie plus volontiers que sur les visions que j'en entends dire. Et ce qui a encore étonné les personnes de vertu et d'expérience, c'est qu'elle n'a jamais dit un mot de sa conduite à sa supérieure, qui est une personne trôs-éclairée, d'une grande expérience et d'une singulière vertu.*

Mais je viens à moi-même, mon très-cber Père ; que vous dirai-je de cette pauvre pécheresse qui est toujours telle que vous l'avez connue? je puis vous assurer que dans mon estimative (appréciation), je me trouve remplie de défauts qui n'ont point de pareils. Ce sont de

(1) Voir la note ci-dessas, p. 378.

(2) Plua loin, dans la Lettre CCXVII, la vénérable Mère explique et jnttifle la réserve de la Mère de Saint- Augastin à l'égard de sa supérieare.

certaines vertus qui me manquent dans nm eondniie intérieure pour arriver au point où Dieu me v^t; je me vois dans l'impuissance de m'élever dans des pratiques qui me sont obscures, et que je ne connais quasi ipoint; et je me sens dans une pauvreté qui m'anéantit sous son poids, aux pieds de sa divine Majesté.

Avec tout cela Dieu fait compatir avec cet état celai d*union qui me tient liée à sa divine Majesté de|mik plusieurs années, sans en sortir un seul moment. Si les affaires, soit nécessaires, soit indifférentes, font passer quelques objets dans Timagination, ce ne sont qoe de petits nuages semblables à ceux qui passent sous Id soleil, et qui n'en ôtent la vue que potir quelque pletit moment j le laissant aussitôt en son même jour. Et encore, durant cçt espace. Dieu luit au fond de Tâme, qui est comme dans Fattente, ainsi qu'une personoe^ qu'on interrompt lorsqu'elle parle à une autre ; et qoi a néanmoins la vue de celui à qui elle parlait. Elle est comme l'attendant en silence^ puis elle retourne dans son intime union. Soit qu'elle se trouve à la psalndodie, soit qu'elle examine ses fautes et ses actions, ou qu'elle fasse quoique ce soit, tout va d'un même air, cestà-dire que l'âme n'interrompt point son amour actuel. Voilà un petit crayon de la disposition où cette âme demeure par état; et c'est sa grâce prédominante. Les effets de cet état sont la paix de cœur dans les événements des choses, et à ne vouloir que ce que Dieu veut dans tous les effets de sa divine Providence, qui anîvent de moment en moment; l'âme y expérimente la véritable pauvreté d'esprit ; elle y possède tous les mystères, mais par une seule et simple vue, car d y faire des réflexions, cela lui est impossible. La pensée des anges et des ssànU ne peut être que passagère, car un moment et sans y

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penser elle oublie toai, pour demeurer dans ce fond où elle est perdue sans aucune opération des sens intë^ rieurs. Les sens extérieurs ne font rien non plus dans ce commerce intérieur. L'âme est capable de toutes affaires extérieures, car l'intérieure opération de Dieu la laisse agir avec liberté. Il n'y a point de visions ni d'imaginations dans cet état : ce que vous savez qui m'est arrivé autrefois n'était qu'en vue du Canada; tout le reste est dans la pureté de la foi (dans la foi pure et Due), oti pourtant l'on a une expérience de Dieu d'une façon admirable. Voilà ce que je puis vous dire; et je vous le dis, parce que vous le voulez; mais le secret, 3*11 vous plaît, et brûlez ce papier, je vous en supplie. Priez pour moi qui mérite l'oubli de toutes les saintes âmes.

De Québec, le 17 de septembre 1670.

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