A LA SUPÉRIEURE DES URSULTNES DE MONS
Elle la prie de vouloir bien seconder des démarches que Ton faisait, pour obtenir de quelque Communauté d'Ursulines de Flandre des religieuses qui Toodraieat se joindre à celles de Québec.
Ma révérende et très-chère Mère,
Depuis la lettre que je me suis donné la consolation de vous écrire par Tentremise de M. Talon, intendant de la Nouvelle-France, on a pris la résolution de demander des religieuses pour venir nous aider à servir Notre-Seigneur dans la personne de nos chères filles canadiennes; je vous en ai déjà fait quelque ouverture par ma précédente, Ton jette les yeu?c sur celles de vos quartiers, que nous voulons préférer à plusieurs autres de France qui nous pressent de les appeler, mais le révérend Père Crépieul nous a montré tant d'estime
pour les vôtres, que cela nous a gagné le cœur. Il a vu celles auxquelles Dieu a donné vocation pour ce dessein, il nous en a fait grande estime, comme de la sainte Communauté où elles sont ; si cela peut réussir je vous supplie, ma très- chère Mère, de contribuer à cette bonne œuvre, et vous nous obligerez, en assurant la révérende Mère prieure d*où seront ces bonnes religieuses que nous chérirons ses filles, et que nous en ferons nos plus affectionnées Sœurs; elles, partageront avec nous les biens et les travaux qui se rencontrent en cette nouvelle Eglise, que nous estimons infiniment plus que toutes les délices 'de l'Europe. Ce petit mot est écrit à la hâte, parce que le navire va partir. Je vous embrasse un million de fois et vous suis et à votre sainte Communauté,
• Ma révérende et très-chère Mère»
Très-humble et très- obéissante servante.
Sœur Marie de rtncarnation, R. V. I.
Ursulines de Québec, 2i de septembre 1670.