LETTRE CCXIV
A^ LA SUPÉKIBURB DBS URSULINBS DE DIJON. Vùm loi parle de la découverte des nations les plus éloignées du côté du nord.
-* Ma révérende et très- chère Mère,
Nous avons ressenti TefiFet de vos prières dans le
iuocès de nos élections que nous ^mes le 12 de mars^
. dernier. Ma révérende Mère de Sainte-Âthanase y fut
(1) Il est clair que c'est au confesseur à juger et à décider si la chose en qttêBiîon est réellement, pour le i>énitent, de plus grande perfection. Par conséj0Bt*h ^^ troisième condition est renfermée dads la seconde pour le pénitent ; j^ik 0i^ satHistitMtté pour le confesseur.
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élue en ma place, et les aufre^ officières ensuite. Mgr notre Prélat ayant désiré que les élections se fissent à la grille, le tout fut fait en moins d'une heure, y comprenant même le temps de la Messe. Par où voos voyez, ma très-chère Mère, l'union que la bonté divine donne à notre Communauté.
Dieu bénit de plus en plus les travaux des ouvriers
de l'Evangile. Outre cette nation, dont je vous parlais l'année dernière, le révérend Père Allouez a été. près de la mer du Nord, où il en a découvert une autre bidD plus nombreuse, qui n'avait jamais vu d'européens. Ils furent si ravis de le voir que, tous courbés et les * mains jointes , ils venaient au-devant de lui en lai disant : Bon Manitou, qui est un nom tout divin en leur langue. On ne peut rien voir de plus docile que ces peuples, et c'est une miséricorde de Dieu bien grande de voir des barbares cachés dans les extrémités de la terre, qui ne pensaient point à lui, recevoir par le ministère de ses serviteurs la lumière qui seule les peut éclairer dans le chemin du ciel.
L'on a su qu'à dix journées au delà de ceux-ci, il y a un pays où il fait* six mois de nuit, savoir trois mois de nuit toute noire et sans aucun jour, et trois mois d'an jour sombre comme le crépuscule. Le pays est habité, quoique presque toujours couvert de neige très-profonde, et il n'y a qu'un petit intervalle de temps où l'on voit la terre. Il n'y a pas un seul arbre, et les prairies n'ont pas l'herbe plus longue que le doigt. Les habitants vivent de cerfs, de castors et d'ânes sauvages; et comme ils n'ont point de bois, ils font du feu avec les os, les peaux et le poil des bêtes qu'ils tuent. On cherche les moyens de les aborder, pour tâcher, de demi- bêtes qu'ils sont, den faire des enfants de Dieu. Cest une entre-
prise, ma très-chère Mère, digne d*être recommandée à vos ferveurs et à celles de votre sainte Communauté. L'on a encore découvert d'autres nations, qui sontcom* posées de diverses langues et peuples ramassés en ces lieux-là. Il y a plus de quarante Pères de la Compagnie qui vont de tous côtés, et qui ne font autre chose que dé chercher des âmes égarées pour les gagner à Dieu. Vous seriez consolée de voir combien ils souffrent de travaux dans cette recherche et dans leurs courses.
Pour ce qui regarde notre Séminaii'e, nous avons des filles sauvages de quatre nations, qui nous donnent une singulière consolation par leur docilité. Ce sont les délices de nos cœurs, qui nous font trouver dans nos petits travaux des douceurs que nous ne changerions pas pour des empires. Nous vous avons de très-étroites obligations, ma très-honorée Mère, et à votre sainte Communauté, des charités que vous nous faites pour nous aider à les élever; les misères communes vous incommodent, je le sais; et c*est ce qui nous rend doublement vos obligées, que votre charitable cœur se prive de ce qui pourrait vous être nécessaire, afin de nous assister. Je prie la miséricorde divine, qui voit ▼08 bontés, de vous récompenser au centuple.
De Québec, le 27 de septembre i670.
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