H. XVI
* Lorsque j ai montré ce dessin à M. Lajard, il m'a fait voir des cylindres qui prouvent que la figure ailée devait avoir une tète d'oiseau, et cette conjecture s'est parfaitement vérifiée, car M. Botta m'écrit, dans une lettre postérieure, qu'il a découvert une figure semblable et entière qui porte une tète d oiseau. — J. M.
dessus il y avait uu autre bas-relief représentant plusieurs personnages dont on ne voit plus que les jambes. Je dois faire observer, une fois pour toutes, que cette disposition est la même partout où les figures ne sont pas colossales; il y a toujours deux bas-relie& superposés , séparés par une bande d'inscription d'environ o'^So* de laige.
Tournant à Touest , cette même muraille offre (x//) deux cavaliers de front, courant au galop ; puis [un) un autre cavalier au pas , sculpté sur la portion qui revient au nord pour former Tangle du troisième passage. Là, elle cesse, parce qu'elle est entièrement détruite. Il est à remarquer que ces diverses sinuosités de la muraille forment un massif fort différent, par sa forme et ses dimensions, de celui que j ai décrit dans ma première lettre et qui est séparé de celui-ci par le passage n® I.
La muraille qui forme le côté opposé du passage n° m présente à son extrémité occidentale (xi/f) les traces d'un petit personnage de trois pieds de haut, actuellement à peine visible, marchant à l'ouest. Plus à l'est (xxiii) on voit deux cavaliers, armés de lances, se suivant au galop. Au-dessus d'eux est une bande d'inscription , mais le bas-relief supérieur est totalement détruit. Je regrette de n'avoir pas eu le temps de dessiner ces deux cavaliers, comme leur état de préservation permettait de le faire. Leur pose est parfaite et le mouvement des chevaux très-animé. Hommes et chevaux offrent partout des traces évidentes de couleur.
J. A. Extr. n' i5. (i 843-45.) a
En tournant au nord, la muraille du troisième passage Sût voir (u//) un curieux bas^elief, dont j*enyoie un dessin exact ^, mais très-loîn de valoir Toiiginal. Ce bas-relief représente un char traîné par deux chevaux, dans leipiel se trouvent trois personnages. Le principal parait être un homme barbu , relevant le bras droit et tenant un arc de la main gauche. D est coiffé d'une tiare peinte en rouge. Derrière lui est un serviteur imberbe, portant un parasol à fi^iiges, et à son coté gauche est le cocher tenant les guides et le fouet* Les poses du serviteur et du cocher sont dessinées avec une perfection de mouvement et une naïveté qu'à mon grand regret mon ignorance du dessein ne m*a pas permis de bien reproduire. Le principal personnage et le cocher ont des boucles Joreille. Celuici, dans mon petit dessin, est assez ressemblant.
Les roues du char sont à huit rayons minces; il était sculpté de divers ornements actuellement in- (Mscernables. Ce qu'il ofifre de particulier est une barre qui semble s'attacher au <^iar par une double bande et vient descendre sur le timon. Je suppose que c'est une tige métallique destinée à assurer la solidité du tout.
Les chevaux, sont beaucoup mieux dessinés que je n'ai pu le fidre, et ont tout le caractère du pur sang arabe. Le harnais est très-riche et présente des traces de couleur encore évidentes , que j'ai rétablies dans mon dessin. On n'en distingue plus avec » H. XVII.
certitude que le rouge et le bleu , mais il devait y en avoir d*auti*es, devenues actuellement noires. Le bleu est eiitrêmement vif ^
Sur la ]tête des chevaux est un panache pointu fopmé de trois houppes ; leur front est couvert d*un épais bai^eau, sojus leur cou est un g^and peint en bleu, et suspendu à ijine large bande rouge qui descend ie derrièire la tête. Le cou semble entouré aussi d'une laige bande rouge divisée en avant en plusieurs lanières et nouée sur le côté par une large rosette. Sur la poitrine est un ornement Formé de quatre rangées 4e glands alternativement rouges et bleus suspendus à une courroie rouge relevée ellelioèiae de plusieurs jornements. Quant aux guides , attachées au mors par une seule courroie, elles fieo^leot ensuite divisées easi trois lanières rouges, dont Tune revient s'attacha au char, probablement comme sûreté daas le cas où elles échapperaient des mains du coqher. Du point de jonctioB pend un riche arnemeii]t,que j^i exactement dessiné et peint. Je dois reinarqu^ queiC^s chevaux, non plus qu aucun de cQ^x qui sont repréaevatés sur les autres bas-
^ Je regrette de n^avoir pas pu faire reproduire les couleurs sur ies planches. «Par un malentendu, les parties colorées ont été omlurées sur la pierre, parce que le dessinateur, qni ne savait pas que Je voulais ies faire colorier, désirait reproduire autant qu'il le pouvait avec le crayon , Teffet des couleurs. Au reste il sera facile de se rendre compte de Tefiet de la peinture en lisant la description de If. Botta, et j'aurai soin, dans .les «livraisons suivantes, de Caire colorier les plaqchea. W. ^ttaon'a envoyé .une petite J)ojte remplie de couleur bleue, je la déposerai dans la «oll^ctton céramique de Sèvres et j-en publierai l'analyse chimique. -^ J. M.
reliefs actuellement visibles , ne laissent voir leurs oreilles.
Derrière ce char marche un guerrier à cheval tenant une lance, ayant une épëe à la ceinture et le carquois à Tépaule.Son cheval est, comme les précédents, richement enhamaché. Le bandeau du front est bleu, pointillé rouge; le gland sous le cou, rouge et bleu, est très-gros; Tomement de tête est une espèce de corne recourbée en avant.
Ce bas-relief ayant environ trois pieds de proportion, est, comme ailleurs, surmonté d'une inscription ; mais le bas-relief qui devait se trouver audessus est complètement effacé. J'ai pu copier quelques caractères d'une inscription ^ précisément au-dessus du char. Je dois faire observer ici que ces bandes d'inscriptions et les bas-reliefs présentent deux genres d'altérations qui, je crois, prouvent que le monument n'a été enfoui que successivement, et que certaines parties sont restées fort longtemps exposées à l'action de l'air. Les parties inférieures en effet , celles qui nécessairement ont dû être d'abord enterrées , sont généralement complètes , mais leur surface est encroûtée d'une couche de granulations calcaii^es qui remplissent les caractères et les rendent indiscernables. Les bas-reliefs supérieurs, au contraire , et certaines portions des inscriptions
^ PL XVIII. — c Le f>ara8ol qtion porte au-dessus de la tète du personnage principal 8*avance un peu dans le bas de Tinscription. Je n*ai pu copier qu*une partie de cdle-ci, mais je Tenvoie parce qu'il pourrait s'y trouver un nom propre. » — Note de M. Botta,
ne présentent pas ces incrustations, mais leur surface est usée par le temps et Faction des éléments , de sorte que la pierre , fortement amincie, laisse voir à peine quelque trace dé's sculptures et des parties les plus profondes des caractères qui y étaient gravés.
Mais revenons à ma description. Au-devant du char il y a encore un autre bas-relief, mais la proximité d*une maison m*a empêché de faire déblayer; j'ai pu seulement m'assurer qu immédiatement audevant marchait un animal qui n'était pas un cheval, mais, autant que Tétat de dégradation permet d en juger, un éléphant.
n me reste à décrire le côté est du passage ti* II. On y voit d'abord [xv) deux cavdiers marchant au pas et de front. Le seul visible a une épée, un carquois et son arc passé à l'épaule; ses jambes paraissent revêtues d'un bas à larges mailles, proba* blement une armure défensive ^ Le cheval est richement enhamaché, et ses ornements étaient peints comme ceux des autres. Je l'ai dessiné. Au dessus de ce bas relief est, comme d'usage, une bande d'inscriptions surmontée de diverses figures dopit il ne reste que les jambes.
Le passage n^^II présente [xvj) ^, sur sa paroi orientale , un personnage tenant un trident , et devant lui une figure aUée tenant une corbeille ; puis la muraille tourne à l'est, et là offre les deux figures colossales
' Pi. XIX.