‹ Lettres de M. de Bourlamaque au chevalier de Lévis [microforme]Chapitre 12 sur 27 · SS EE · texte numérisé non relu

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détachement à Laprairie, et j'y ai donné à diner, et je vous dirois si je vous faisois la relation d’un autre, avec autant de profusion que de magnificence, à deux tables servies également, faisant trente-six couverts, et je joins copie des instructions que j'ai cru devoir remettre à M. de Poulhariez. J'ai eu l’honneur de voir . deux fois par jour M. le marquis de Vaudreuil depuis son arrivée, et de lui remettre le mercredi 17, l’état du détachement, Il y a beaucoup loué le zèle de nos cadets qui marchent tous: cela peut les placer. J’ai eu l’honneur de lui rendre compte, hier au soir, de la beauté et - bonté de notre détachement, ce qui m'a paru lui faire plaisir. M. Dumas m'est venu voir, mercredi matin, et il lui a bien fallu avoir la patience de se laisser persifler. Ila bien persiflé les capitaines de la colonie, Je crains que ce ne soit un intrigant avec moïns d'esprit que je ne lui en croyois. J'en agirai toujours poliment avec lui, je m’en servirai même quand je le croirai utile .au service du Roi, si on me le donne ; et si on ne me le . donne pas, il faudra bien se servir des ouvriers que j'avois l’année dernière, tels que MM. de La Corne, . Contrecœur et Villiers. Quard il croira avoir à se plaindre de moi, il aura une ressource, c’est de dire de moi comme M. Duquesne, que j'aime mieux la marinade qu’une fricassée de poulets. M. de Rigaud m'a assuré qu’il ne savoit rien, il me l’a aisément persuadé, il m'a ajouté qu’on lui donneroit ses instructions cachetées pour être ouvertes à hauteur de Saint-Jean ou Saint-Frédéric. Si cela est, c’est du style de la marine transplanté sur terre. Comme j'avois beaucoup écrit, je n’a vois plus rien à dire, aussi ne m'a-t-on rien dit. J'ai

une lettre du 12 qui constate par écrit votre bonne volonté et le refus qu’on en a fuit; cela m'étoit nécessaire pour diminuer un jour la surprise où le Roi et son ininistre peuvent être, que deux jeunes et vigoureux officiers supérieurs remplis de bonue volonté n’eussent pas marché, Ce n'est pas que dans le fond de l'âme je n’en sois bien aise pour vous autres; mais je suis nommément en état de vous rendre justice auprès de M. le comte d’Argenson, et je l’avois à cœur et je puis en être dédit M. de Longueuil s’est fait saigner hier; cependant je crois que son incommodité n'aura pas de suite; ce seroit bien dommage qu’il ne pôt faire sa première campagne. Voilà tout ce que je pense vous apprendre sur le détachement, Passons à d’autres choses. Depuis que je suis ici, je passe ma vie à donner des grands dîners de quinze ou seize personnes, et parfois souper aussi nombreux sans en être plus gaillards. Il faut souhaiter que l'hiver prochain on en puisse faire qui puissent dédommager. Dimanche j'avois rassemblé des dames de France, hors M"° de Parfouru, qui m'a fait l'honneur de me venir voir, il y a trois jours; et en la voyant, je me suis aperçu que l'amour avoit des traits de puissance dont on ne pouvoit pas rendre raison, non pas par l’impression qu’elle a faite sur mon cœur; mais bien par celle qu’elle a faite sur celui de son époux. Mercredi, une assemblée chez M°"° Varin; jeudi, un bal chez le chevalier de Lévis, qui avoit prié soixante-cinq dames ou demoiselles, Il n’y en avoit que trente, autant d'hommes qu’à la guerre. La salle bien éclairée, aussi grande que celle de l’inteudance, beaucoup d'ordre, beaucoup

Rue OS AS, EN 22 2 |

d'attention, des rafraîchissements en abondance toute la nuit, de tout genre et de toute espèce, et on ne se retire qu'à sept heures du matin, Pour moi qui ai quitté le séjour de Québec, je me couchai à bonne heure, J’avois eu cependant ce jour-là huit dames à souper, et ce souper étoit dédié à M°"° Varin, Demain, j'en aurai une demi-douzaine, Je ne sais encore à qui il est dédié, je suis tenté de croire que c’est à la Rochebeaucour, Le galant chevalier nous donne encore un bal. Le public prétendoit que nos aides de camp vouloient en donner un mardi, je leur ai conseillé d’attendre après Pâques, et après le succès du parti, et il sera plus convenable alors de donner des marques publiques de sa joie, D'ailleurs, ils pourront y inviter leurs confrères : MM. Thibaudier de la Ronde et de Perigny. Dès hier soir, on est ocuupé de visiter et d'interroger l'Oneyout, soupçonné de porter une lettre de M. de Cleveland, M. de Perthuis et M. de Montrepos procédant au dû de leur commission, ont fait emprisonner tous les domestiques de M. Varin, sans excepter la très aimable et autrefois très galante M'"° Roi, chargée de l'éducation d’une fille de condition, Ce détachement coûtera au moins six cent mille francs. Ce sont les plus modestes qui parlent ainsi, car beaucoup le mettent à un million, La composition des compagnies est assez bien ; elle est faite d’après les réflexions de inon grand mémoire. Elles sont de cinquante hommes, savoir : quinze soldats des troupes de la colonie et trente-cinq miliciens ; deux officiers, un cadet, un officier de milice, deux sergents dont un de milice, C’est M. de Benoist, aide-major, qui est chargé de cette composition à Saint-Jean.

Le dimanche au soir, depuis ma lettre écrite, M, de Vaudreuil m'a envoyé par son secrétaire ses instructions pour M. son frère, et de suite je lui ai communiqué l'instruction de M. Poulhariez, dont j'avois une copie toute faite ; jusque et inclus l’article marqué dans votre copie par une croix. Cela a donné lieu après dîner à une très longue conversation, où je souhaite pour le bien du service que sa conduite à venir me prouve la vérité de ses paroles ; pour moi je lui ai parlé avec vérité et fermeté, sans nommer personne de ceux qui s’occuperoient pour mériter sa confiance, à détruire celle qu’il pourroit avoir en moi, de la nécessité où j'étois de lui faire part de mes réflexions et de mes opinions; mais que en même temps il me trouveroit toujours porté à l'aider des moyens pour les succès, lors même que son opinion, qui doit toujours prévaloir, seroit différente de la mienne; mais que j'osois me flatter que la confiance dont M. le garde des sceaux m'avoit flatté, sembloit me devoir faire espérer qu’il ne communiqueroit plus à l'avance ses projets, et que si la connoïissance du pays, de ses ressources, du genre de guerre lui donnoit une supériorité dans ses vues, il devroit croire que je pourrois le seconder dans les détails et dans les moyens. Cette explication s’est passée assez honnêtement et a fini par une proposition de manger un mufle d’orignal aprèsdemain. Je lui ai dit aussi qu’il ne devoit pas trouver extraordinaire la chaleur que j'avois mise pour offrir vos services et les miens, que j'approuvois son choix ; mais que je me devois et à vous autres, Messieurs, de ne laisser aucune équivoque sur votre zèle, et que je lui saurois gré d’en rendre compte au ministre et d'y

ajouter même que j'en avois eu de l'humeur qui n’avoit rien ralenti de mon zèle pour le succès, Au reste, toutes les instructions réduisent les opérations aux réflexions de mon dernier mémoire et à celles de la lettre qui l'avoit précédé, à cela près qne l'on mène quinze cents hommes et que je réduisois ce nombre à six, au plus huit cents, dès qu'on vouloit absolument faire un parti d'hiver.

Je brûle vos lettres, Monsieur, et je vous prie d’en faire de même des miennes, sauf à extraire des choses dont vous voudriez conserver une note,

Je vous prie de demander à MM. de Lapause et Doreil si je ne leur aurois pas prêté par hasard l'extrait du Journal de Lévis,

La verve que j'ai eue m'a amené À demander à M. de Vaudreuil ses intentions à votre égard, celles de M. Desandrouins et des officiers des quatre bataillons du gouvernement de Montréal qui se trouvent à Québec, La réponse a été que vous seriez le maître de venir quand vous voudriez et que vous ferez bien de venir dans les premiers jours de mars, avant que le dégel rendit les chemins difficiles; que M. Desandrouins et ces messieurs feroient bien de s'arranger de même, sauf à vous suivre de quelques jours pour ne pas se trouver dans l'embarras. Je vous prie, Monsieur, de le leur dire, je serai comblé de vous revoir, je ne vous disshnule pas que j'aurai quelques regrets de ne vous savoir plus à Québec; j'y avois au moins un ami qui parlait quelquefois de moi, à ce qu’il m'assure, dans la rue du Parloir, et dont les conversations étoient bien reçues

suivant ce que vous m'écrivez, Je ne sais si vous voulez me flatter, mais je mérite ces sentiments par tous ceux que je conserve pour l'extrémité de cette rue, Je suis bien aise qu’on parle de moi aux trois dames qui l’habite, flatté de leur souvenir. Je ne suis véritablement touché que de celui d’une à qui je trouve, dans certains moments, trop d'esprit et trop de charmes pour ma tranquillité. Vous aurez son frère peu de jours après ma lettre; il est de mes amis, Je vais beaucoup dans sa maison et je ne suis pas en peine que vous ne lui fassiez beaucoup d’honnêtetés. Vous pouvez, Monsieur, communiquer mon instruction et ce que vous jugerez de ma lettre à mon ami Lapause,

Dites à cette dame que chacun a ses saintes, que pour moi je ne chargerai point la mère d’une neuvaine; mais que la fille ou mari en veulent suivre une pour moi quand je serai à la guerre, j'en aurai un bon augure; demain je me jette à corps perdu dans la dévotion. Il me sera plus aisé de me tourner vers Dieu et de me détacher du monde étant à Montréal qu'il me le seroit facile à Québec.

Ne doutez pas, Monsienr, de mes sentiments et de mon amitié. Au reste, rassurez cette dame sur l’effusion de sang. Il faut s’en fier à la prudence de Dumas. Duquesne le connoissoit bien, et voici comment il me l'a noté :

: Dumas, bon, intelligent, J'ai revu mes notes ; en général, il me les a données justes, Je crois que je n'ai pas besoin de signer ma lettre.

Comme j'ai fort à cœur tout ce qui peut intéresser la réputation des officiers françois, je dois vous dire que

M. de Lusignan s’étoit plaint de la vente de l’eau-de-vie de la part de M. d’Astret, lieutenant de Languedoc. Il a écrit fortement à M. le marquis de Vaudreuil ainsi qu’à moi, pour nous envoyer les preuves justificatives de l’injustice de son accusation et ses regrets sur la réprimande que j'avois faite, M. 12 marquis de Vaudreuil qui ne m’avoit pas laissé ignorer la plainte, n’a pas voulu me parler de la justification et du désaveu que Lusignan fait en galant homme qui a été surpris; mais moi je vous prie de le dire à Pascalis, parce que je me souviens que je lui avois parlé de l'accusation ; je dois le désabuser et lui faire part de la justification ; la probité m'y oblige,

Montréal, 14 mai 1757.

Il nous est arrivé, hier, un courrier avec des lettres en date du 9, où il n’y avoit aucune nouvelle qu’il y eût des bâtiments en rivière; ce qui nous force à renvoyer à Québec une partie des farines que nous avons ici pour nourrir le peuple. M, le marquis de Vaudreyil m'a ordonné de vous écrire de réduire la ration de pain à une livre et demie, et le décompte de la demi-livre sera fait comme celui du quarteron de lard supprimé, Au reste, quoiqu'il ne m’ait pas parlé des sauvages, je crois pouvoir vous dire que ce sont les seuls que cette réduction ne peut regarder. Il en part un parti du saut Saint-Louis, dimanche, pour vous aller joindre, M, Jacquot * est parti de Québec avec des ouvriers, le 10

* De Fiedmond.

mai, pour vous aller joindre en droiture, Je crois que les circonstances où nous nous trouvons doivent vous faire songer avant tous travaux, à disposer votre fort, votre position entre le fort et la redoute, votre communication avec vos fours, de facon à vous y maintenir en cas d'événements longtemps avec vos propres forces et avoir toujours votre retraite assurée par le lac Champlain. Vous ne sauriez trop recommander à Saint- Frédéric la conservation des vivres.

P.S.— Je vous prie de prévenir messieurs de Royal- Roussillon et de Béarn, que les officiers qui seront traités et recus aux hôpitaux, payeront par jour, les capitaines, cinq livres, les capitaines en second et les lieutenants, trois livres,

M"° de Saint-Ours, de Beaubassin, et M‘ de Longueuil, de Drucour sont arrivées hier au soir. Je rouvre ma lettre pour vous dire que M. le marquis de Vaudreuil m'a chargé de vous ajouter que Canadiens, soldats des troupes de la marine sont également compris dans la réduction des vivres, et qu’à l'égard des sauvages, vous ne pouvez pas les y comprendre, et que s’il étoit possible sans qu'ils s’en aperçussent de leur diminuer quelque chose, ce seroit bien fait. Il approuve aussi très fort qu'avant toute œuvre, vous songiez à employer vos travailleurs à rendre votre position respectable de préférence à la continuation des travaux. Nous avons eu des nouvelles du fort Duquesne du 15 avril, et de Niagara du 3 et 5 mai. Beaucoup de petits partis, quelques prisonniers et quelques chevelures, et rien de bien important.

Les ordres sont donnés à M. de Rouville pour proeurer un quartier de rafraîchissement aux soldats que vous renverrez avec M. de la Grandville ou au moins avec un officier ou sergent.

Montréal, le 17 mai 1757.

Celle-ci, Monsieur, n’est que pour ne pas laisser passer d'occasions sans vous écrire, d'ailleurs nulle nouvelle quoique l’on en ait eue de Québec du 14, L'armée de renfort pour la Belle-Rivière part vendredi ; à demain des conseils d'Oneyouts avec les Népissings et les Iroquois du lac invités à cette espèce de congrès. Demandez au cher petit Arnoux par qui et sur quelle barque vient une barrique de vin, M"° de Baraute se porte bien, elle m'a promis de faire l'honneur de ma maison jeudi, et M"° de Beaubassin me compte un major général.

P. S. — Je viens de recevoir davs l'instant la lettre que vous m'avez écrite par Hotchig et celle de M. de Malartic.

Montréal, le 21 mai 1757.

Je réponds par celle-ci, Monsieur, à la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 15, Je n'ai aucune nouvelle à pouvoir vous écrire dont bien me fâche ; et pour m'être mis à parier un peu tard pour les nouvelles de France, je perds comme un autre, Le souper de M"° de Beaubassin a été fort gai ; on y a bu les santés de la rue du rarloir et celle du général de Carillon, Il faudra ces jours-ci donner un diner qui sera

un peu plus sérieux à M"° de Saint-Ours. Péan est allé s'établir à Lachine, d’où il ramènera la Barolon qui accompagne un époux envoyé à la Belle-Rivière avec M. de Villejoin et Louvicourt. Cette partie me paroît, suivant la déposition des prisonniers, menacée, Cela n'empêche pas que le renfort qu’on y envoie, n’ait déjà perdu de Québec à Lachine quinze jours de temps; on ne sait comment il marche, avec la lenteur d’une flotte marchande plutôt qu'avec la célérité d’une armée de secours, J'ai donné un mémoire anglois pour être envoyé au commandant de Machault et à Des Ligneris. J’ignore si on le fera. J'ai donné verbalement mon projet pour marcher à la fin de la campagne, et la reprendre si on la perd avant, sauf à hiverner où l’on pourroit, Il faut pour cela des vivres et en faire passer d'avance en juillet et en août, force de canots et des bateaux sur le lac Erié, Le fera-t-on ? je ne sais rien; mais diæi, scripsi.

Le général négocie avec les Oneyouts ; le patriarche des Cinq-Nations a son projet ; il se promet une grande réussite, Cela peut être et cela peut n'être pas; mais ses propositions doivent être acceptées. Le général m'en a fait mystère. Comme il n’y faut’ point des nôtres, cela m'est égal et j'en suis, instruit,

Noyan part incessamment pour Frontenac. Péan tient un état à Lachine, Le chevalier de Lévis y est allé aujourd’hui. ,

Dumas ne lâche pas sa proie, il obsède toujours ; les beaux-frères ne s'aiment ni ne se réunissent. Celui des Indes me paroît moins assidu, on en veut à sa fureur, Nos Guyennes partiront, Il y aura, lundi, une partie d’île pour l’un d’eux qui est très regretté,

M. de la Grandville aura trouvé des ordres à Chambly.

Jacquot, que j'aime fort, vous communiquera sans doute un projet de bateau qui me paroît bien. Il m'a prié de n’en pas parler, ce que j'ai fait. Il vous arrive avec quarante-huit ouvriers et douze canonniers, Hotchig vous rejoint avec Langlade et les Népissings, Outaouais ; il partira dans six jours. Sabrevois, Bleury partoient plus tard avec un autre parti Mes compliments à Malartic; j'ai recu sa lettre du 15.

Montréal, le 23 mai 1757,

Depuis ma dernière lettre, Monsieur, la négociation qui était secrète est devenue publique. Les députés Oneyouts qui vouloient du secret ont tout d’un coup voulu de la publicité, croyant par là être mieux soutenus de leurs frères et mieux forcer la main à ceux qui votent pour l’Anglois. Ils n'ont d’ailleurs pas voulu d’auxiliaires. Cette résolution arrêtée à l’improviste avec la grande politique... On assembla les nations, Le brave Sarégoa arriva de Carillon avec ses guerriers. Ononthio présenta un collier de six mille grains où la hache étoit empreinte. Perthuis chante la guerre. Les ambassadeurs relèvent le collier pour eux et les Tuscarorins. Ils. promettent de frapper avec leurs frères de la Présentation. On leur promet refuge pour les femmes et les enfants où ils voudront : l’abbé Piquet pour les convertir, des soldats et toutes les nations pour les soutenir quand ils auront commencé à frapper. Il nous est arrivé, hier, la troupe du fameux Minaboigon,

c'est un frappe-fort. Ce sont des Mississagués ou Outaouais, et cela partira dans cinq ou six jours avec Langlade et Hotchig. Hier, un parti d’une douzaine d’Iroquois a demandé à partir ces jours-ci. La Milletière a eu l'honneur d’être demandé en plein conseil, et je voulois l'envoyer. On a recu, hier, des nouvelles des pays d’en haut ; toutes les nations sont en mouvement, Celles depuis le Détroit jusqu'à Michilimakinac partent pour venir à Montréal. Les Poutéotamis, les Miamis, les Illinois et ceux de la rivière Saint-Joseph pour venir au fort Duquesne. M. Des Ligneris a beaucoup de partis en campagne et même un de deux cents. Toutes les nouvelles de partout menacent la Belle- Rivière poux laquelle je crains, malgré la disposition des sauvages au-dessus de toute espérance, Pouchot a fait passer diligemment de lui-même poudre et balles, et songe à acquérir des ‘onnoissances pour être notre maréchal des logis. Ses ouvrages avancent. La demilieue entièrement finie, Encore un mois et demi, et il n’y aura plus rien à faire, sauf à revêtir ensuite en pierre. M, de Noyan et M"° partent mercredi. M"° de la Naudière a accouché heureusement d’un enfant mort, elle s’entirera. Les lettres de Québec du 19 n’annoncent aucuns bâtiments en rivière. On croit, vu la durée des glaces, qu’il aura fallu relâcher à Louisbourg ou qu’ils viennent en flotte, Je donne de vos nouvelles par la voie de Louisbourg à tout événement. Mes compliments au chevalier de Bernetz, et accusez-lui la réception de la lettre qu’il m'a fait l'honneur de m'écrire.

Montréal, 24 mai 1757.

Depuis ma dernière, la négociation des Oneyouts vient encore de changer de forme. Le sage cavalier, pendant l’absence duquel on avoit conclu la démarche publique, a trouvé que c’étoit dangereux et une bravade, toutes les fois qu'on n’avoit pas un gros détachement pour les soutenir; on a dépêché un canot à ceux de la Présentation qui attendoient le résultat, afin d'aller frapper seuls. Les Oneyouts dissimuleront vis-à-vis l'Anglois et désavoueront la démarche si elle est sue ; ils ne parleront que de neutralité" et attendront que les circonstances a da d'agir avec certitude de soutien.

Le 25.

Je réponds, Monsieur, aux deux lettres que vous m'avez fait l'honneur de nr'écrire, le 21. Je les ai recues, hier au soir, avec les divers états qui y étoient joints, dont je vous fais mes remerciements, M. le marquis de Vaudreuil m'a paru très content des divers détails dont vous l’instruisez ; pour moi, je l’ai été beaucoup, et j'ai trouvé netteté, clarté, activité et bon ordre, Rien à ajouter : je trouve seulement qu’il faut que les heures de découvertes soient moins fixes.

MM. de Vaudreuil et Péan m'ont promis de faire partir, demain, l'équipement complet des troupes de la colonie, avec dix-neuf chapeaux pour Béarn. Il m'a promis aussi de vous envoyer, dans quelques jours, cent hommes des troupes de la marine, Les trente Mississagués et Hotchig partent demain, Ce sera un parti de cinquante, et d’ici à quinze jours, on en fera partir deux autres, avec huit jours d'intervalle,

Péan m'a dit que la melasse ne manqueroit pas, qu'il alloit vous en arriver plein une barque, et une chaudière par barque. Il seroit d’avis que l’on donnât de quoi en faire quatre barriques par mois par compagnie ; pour les soldats et les troupes de la colonie, il suffit de deux pots de melasse, A l'égard de la facon, les soldats s’en donneroient la peine eux-mêmes. Sur cela, prenez le parti que vous croirez le plus avantageux, le meilleur à pouvoir durer, et souvenez-vous bien d’inculquer à l'officier et aux soldats, que c’est une douceur qui peut manquer d’un moment à l’autre, et à laquelle ils ne doivent pas croire avoir aucun droit,

Landriève et M. Fayol, écrivains de la marine, partent dans quelques jours pour vous joindre et faire leurs fonctions. Lyard, que j'avois fait, l’année passée, sergentmajor de la milice, et qui est devenu, cette année, enseigne, va aussi vous joindre incessamment ; c’est un joli sujet, actif et qui peut être employé fort bien, à tout ce qui est de détail,

Les Anglois trouveront qu’on use de diligence à leux égard, J'ai fait, hier, une sortie à votre occasion, chez M. de Vaudreuil: on ne cessoit d'y rabâcher sur la prétendue évasion de votre Anglois, dont l’officieux M. de Lusignan a écrit. On m'en parloit comme de la perte de l'Etat et avec plus d’emphase que de celle des deux otages; mais je rembarrai si bien la compagnie que tout le monde se tût.. jusqu’à M. le gouverneur général, Au reste, si votre Anglois s'est évadé, à la bonne heure ; il n’en faut plus parler ; s’il ne s’est pas évadé, écrivez-le moi, et croyez-moi, défaites-vous-en ; prenez aux premiers Canadiens qui arriveront, quel-

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qu'un qui sera enchanté de vous servir toute la campagne, à la même besogne,

M. le marquis de Vaudreuil dit que les officiers de la colonie qui paroïssent manquer de tout, devroient, comme les régiments, envoyer un bateau chercher des vivres, rafraîchissements et autre chose qui pourroient leur être nécessaires.

Je trouve comme vous que le sergent de Béarn a bien réussi en chemin; et je me confirme dans l'opinion qu’un seul homme, plus ou moins, fait beaucoup.

M. de Vaudreuil ne veut pas vous renvoyer les charpentiers de Béarn. Jacquot et Lotbinière vous amènent quatre-vingts o"‘riers, et il a fort à cœur le fort Saint- Jean. Il commence à avoir pour ce fort la tendresse qu’une mère a toujours pour le dernier enfant dont elle a accouché, M. de Lévis me charge de ses remerciements et compliments. Le Mercier est ici depuis avant-hier,

P. S.— Il me paroît que le commandant d'hiver a laissé tout dévasté et brûlé : outils, brouettes, palissades, maison de l'hôpital.

Montréal, 25 mai 1757.

M. de Langlade, qui vous remettra ma lettre, est un officier fort accrédité parmi les sauvages. Il vous mène soixante Outaouais, Mississagués, Algonquins et huit Iroquois du Lac, qui ont demandé à se joindre, Le frère d'Hotchig, qui est un joli guerrier, est le chat. Il a été convenu en plein conseil, qu'on ne leur donneroit point d’eau-de-vie, Les Népissings ont remercié, au nom de ceux qui sont de la prière. Il a été convenu

qu'ils frapperoient fort, qu’ils ne reviendroient pas pour une ou deux chevelures, qu’ils se concerteroient avec Langlade et vous sur l'expédition, que si vous aviez besoin de découvertes, ils vous en feroient, en allant et en revenant, sans que cela tint lieu de l'expédition qu'ils comptent faire, sur laquelle on leur a donné un peu carte blanche,

Lauglade m’a promis que quoiqu'il faille leur donner de la melasse, ils vous en demanderoïit moins, et avec plus d'ordre qu’au détachement de M. de Rigaud.

J'ai cru que vous seriez bien aise de savoir ce qui s'est passé au conseil d'adieu ce matin.

Montréal, 27 mai 1757.

Je vous remercie, Monsieur, d’avoir bien voulu me donner de vos nouvelles par la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 10 ; je ferai usage de votre mémoire ce matin, M. de Malartic pourra vous dire que votre idée est depuis longtemps conforme à la mienne sur ce que j'avois recueilli des divers avis de la colonie, car d’ailleurs je ne connois pas le local.

J ’avois prévu ce c‘le vous me marquez en ordonnant que Guyenne me remplacât ses charpentiers de Béarn à Saint-Jean.

Je n’écris pas à M. de Malartic, mais dites-lui que je suis bien persuadé que sa présence n’est pas inutile au régiment de Béarn, malgré l'expérience et l’acquit de M. de l'Hôpital.

J’ai recu une lettre de M. Ducoin avec un état des malades et des morts, depuis le 12 novembre jusqu’au

28 avril. Je ne lui réponds pas, mais je vous prie de lui en accusér réception,

Le cher petit Arnoux part demain pour vous joindre, et vous porte un précis que j'ai fait des nouvelles omises pur M. Doreil. Celles de Québec du 4 font trembler, Il faut des vaisseaux à Québec pour le 14; nous ne laissons pas que de songer à la chair de cheval en guise de lard, si nos vaisseaux n’arrivoient pas. On est honteux d’avoir fait marcher quinze cents hommes et d'avoir autant gaspillé de vivres; article pour vous seul,

M. le marquis de Vaudreuil envoya, hier, éveiller à quatre heures et demie M. le chevalier de Lévis pour aller demander à dîner à M. de Senezergues. La pluie fit changer ce projet en celui de faire un petit diner fin de huit personnes chez le chevalier de Lévis. J'y fus invité, mais j'avois du monde prié de la veille, et le major général me remplaca.

Bougainville a passé la journée du lundi délicieusement à l’île Sainte-Hélène ; celle de mardi dévotement à la Montagne *, J’y fus à quatre heures, et j'eus la complaisance d’y souper en réfectoire à cinq heures trois quarts.

Montréal, le 9 juin 1757.

M. Hertel de Louisbourg, qui vous remettra ma lettre, mon cher Bourlamaque, est un joli sujet, je vous le recommande, Si vous avez occasion, employez le, et

* Muison de campagne des Sulpiciens, à Montréal.

s’il fait bien, comme je n’en doute pas, écrivez à M. le général,

Il nous est arrivé, ce soir, quarante Outaouais au lieu de quatre cents. A Ja vérité, on dit que ce n'est que l'avant-garde, On ne tardera pas à vous les faire passer, 11 nous est arrivé aussi trente Mississagués,

M. Hertel compte avoir beaucoup de crédit avec les Abénakis, qui sont en petit nombre à votre camp.

Le courrier de Québec qui est arrivé, ce matin, et c'est toujours la même chose, et il faudra, dans peu, leur envoyer des farines, et l’on envoie ordre au régiment de la Reine de venir camper avec Guyenne. Ils n’y seront pas, cependant, avant le 23. Mes compliments à tous vos messieurs. Mes amitiés à Malartic,

P.S.—Je rouvre ma lettre, Monsieur, pour vous apprendre que deux des six vaisseaux de Gradiche sont arrivés au Pot à l’eau-de-vie, Ils étoient partis le 10 mars, Ils portent des farines et du lard, ainsi que des troupes, Point de lettres pour personne, Un mot du nouveau ministre de la Marine. Je n’ai eu qu’une petite lettre de recommandation de M. d’Argenson, qui est exilé à la terre des Ormes. M. de Machault à la sienne, M. de Paulmy en fonction. M. de Moras, la Marine. M. de Palud et le Normand, travaillant sans lui, ce qui fait de la peine aux commis. Toutes nos demandes en vivres, armes, troupes accordées. Le maréchal de Belle- Isle à la tête de tout. L'abbé de Bernis au conseil ; des membres du parlement exilés. Le parlement n’étoit pas rentré, il étoit en pourparlers, et négocie le retour de ses membres, Le Roi a recu un coup de poignard q n’a rien été, Le meurtrier n’a rien voulu avoi

n'étoit pas jugé, on attendoit la rentrée du parlement, Huit maréchaux de France,

Deux escadres, l’une pour Louisbourg et l’autre pour le Canada, Les Anglois y envoient aussi seize vaisseaux et force de troupes. On n’a point envoyé de troupes en Allemagne. La reine de Hongrie a pris le contingent en argent, mais nous allons, dit-on, faire le siège de Vezel comme auxiliare, La première division de 25,000 hommes, aux ordres de M. de Soubise, devoit partir le 17 mars. Cette nouvelle, et celles des maréchaux de France, ne me sont écrites que par Gradiche, qui prétend que l’armée auxiliaire pour la Westphalie sera de 100,000 hommes. En ce cas, je vois l'électorat de Hanovre repris,

Il est arrivé un petit bâtiment de la Martinique.

Montréal, 10 juin 1757.

Nous venons, Monsieur, de recevoir avis, par une lettre chiffrée, que le roi a accordé toutes les demandes faites en vivres, munitions, armes et marchandises. Tous les hommes nécessaires pour dix compagnies nouvelles dans les troupes de la Marine, huit dans la Reine et dans Languedoc... Si tout nous arrive, six cent cinquante, Augmentation des canonniers, des soldats de Royal-Artillerie et du corps royal. Les mêmes lettres nous annoncent une escadre de dix-huit vaisseaux avec un gros corps de troupes angloises que l’on croit destinées pour l’Ile-Royale, nous annonçant aussi une flotte aussi considérable prête à les suivre partout,

P. S.— M. le comte de Vaudreuil, gouverneur de Saint-Dominique, qui depuis deux ans demandoit son rappel, l'a obtenu. Sa place donnée à M. Bast,

M. de Senezergues enverra cette feuille à M. de Bourlamaque, cachetée.

Supplément aux dernières nouvelles. — Le Roi a tenu un lit de justice, en septembre, où il a supprimé une chambre des enquêtes et une des requêtes, et exilé plusieurs magistrats. L’assassinat du Roi a été commis le 5 janvier; le nommé Damiens lui a porté un coup de couteau, comme il montoit en carrosse. Ce forcéné n’avoue rien, et, comme un autre Ravaillac, il témoigne des regrets de n'avoir pas réussi.

Les deux ministres ont été exilés le 4 février. La lettre du Roi à M. d’Argenson dit:

“M. d’Argenson. — Votre service ne m'étant plus nécessaire, je vous ordonne de me renvoyer la démission de votre charge de secrétaire d'Etat et autres emplois, et de vous retirer dans vos terres ”.

Celle à M. de Machault porte :

“ M. de Machault. — Quoique je sois bien persuadé de vos bonnes intentions, les circonstances présentes m'obligent de vous demander les sceaux et la démission de votre charge de secrétaire d'Etat de la marine, Soyez toujours sûr de ma protection et de mon amitié, Si vous avez des grâces à demander pour vos enfants, vous pouvez le faire en tout temps; il convient que vous vous retiriez quelque temps à Arnonville; je vous conserve votre pension de ministre et les honneurs de garde des sceaux.

Nous avons trois escadres en mer, une de six vaisseaux, pour les côtes de Guinée ; une de vingt-quatre vaisseaux, de la compagnie des Indes, trois vaisseaux de guerre commandés par M. Duché, chef d’escadre,

Le SZ D

avec 3,000 hommes de troupes de terre, commandée par M. de Lally. La troisième, commandée par M. de Bauffremont, est allée aux îles, et est composée de six vaisseaux de guerre. MM. de Montalès et de la Rigaudière ne s'étant pas trouvés au combat de M. de Beaussier, il y a eu ordre de la cour d'informer de leur conduite. M. de Montalès, accusé par ses officiers mariniers, à été justifié par le conseil de guerre sur le dire de M. de Beaussier, M. de la Rigaudière a été si vivement saisi d’une lettre dure du ministre, qu'il est mort de désespoir, et n’a pu être mis au conseil de guerre, où il se seroit sans doute justifié, Il me paroît même par la lettre que j'ai vue, qu’il n’y avoit pas ordre de l’y mettre, mais un simple ordre de rendre compte de sa conduite. L’escadre de Guinée est commandée par M. Jucrain, ancien capitaine de vaisseaux. Celle. est partie en décembre ; celle de M. de Bauffremont est partie le 25 janvier; celle des Indes devoit partir au premier juin. Le Roi a tenu son lit de justice, le 20 décembre ; s’il falloit s’en rapporter aux termes de la lettre que j'ai lue, et dont j'ai tiré ces nouvelles, il sembleroit qu’il a supprimé les chambres des enquêtes et des requêtes, mais je pense qu’il faut réduire cela à une de chaque espèce, d'autant que c’est un projet dont il est question depuis deux ans. Je prie M. de Senezergues d'envoyer copie de ma lettre à M. de Fontbonne, et de l'envoyer en original à M. de Bourlamaque.

Montréal, 12 juin 1757.

Je réponds à la hâte, Monsieur, à votre dernière lettre que je suppose du 8, par la date de celle de M. de Malartic. Rien ne me paroît mieux que votre disposition, et je vois qu’on ne peut que vous louer et vous approuver en tout, Je crois que vous auriez autant aimé que j'eusse à me louer de vous, en écrivant à M. de Paulmy, On vient de m’assurer qu'on vient de vous envoyer l'équipement de la colonie, des souliers tannés et du tabac, six canots ; on va vous en envoyer six autres. Vous pourriez peut-être faire passer quelques bateaux, et M. le marquis de Vaudreuil l’approuveroit. Quant à moi, je voudrois que vous essayiez l'invention de Jacquot, etsi vous la trouvez bonne, allez votre train, mettez deux bateaux montés de même, sur le Lac, et vous pouvez facetter les berges, si elles viennent, Au reste, vous êtes sur les lieux, bon et sage. C’est à vous à déterminer pour le mieux. Je n'ai pas le temps d'écrire à M. de Malartic.

Montréal, 13 juin 1757.

Parmi toutes les nouvelles de Niagara, en date du 4, les dispositions sont toujours bonnes parmi les Iroquois, c'est-à-dire les Tsonnonthouans et les Goyogoins. Les Loups et les Chaouanons ont fait beaucoup de prisonniers, rapporté des chevelures, détruit plusieurs maisons, enlevé des familles et des bestiaux ; ils ont pris un jeune officier anglois, qu’ils ont mangé, leur ayant paru bien gras. Les nouvelles du fort Duquesne, en date du 23 mai, sont des meilleures. L:s sauvages paroissent

toujours bien affectionnés. Les partis rapportent beaucoup de chevelures, et ramènent des prisonniers,

Le pays des Anglois continue à être désolé. Les Illinois avoient fourni des vivres. Toutes les nouvelles, tant de Niagara que du fort Duquesne, jusqu’à présent, avoient paru menacées d’une expédition des Anglois dans cette partie.

Toutes celles d'aujourd'hui sont contraires et semblent annoncer qu’ils n’ont plus que des projets de défensive sur la Belle-Rivière, et qu’au contraire leurs projets sont d'agir vers le lac Saint-Sacrement, Il vient de nous arriver deux cent cinquante Outaouais,

Montréal, le 13 juin 1757.

Je réponds par celle-ci, Monsieur, à la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 10 ; je ne puis trop vous répéter que M. le marquis de Vaudreuil est extrêmement content de toute l’activité et de la méthode que vous mettez dans les divers travaux, et de l'occupation où vous êtes pour songer également à une expédition que nous ne perdrons jamais de vue, et à une défensive rigoureuse, si le système des Anglois venoit à se déterminer pour la frontière du lac Saint- Sacrement,

Je connois assez la partie où vous êtes pour vous dire que tout ce que vous faites peut être d’une grande utilité, et comme vous avez de l’ardeur pour le travail, et que vous en avez inspiré à vos hommes, non seulement vous élargirez la trouée, mais avec le temps vous ferez quelques petits ouvrages de campagne ou

épaulement du côté du bois, dans la partie où vous tenez actuellement vos bateaux.

Dès que vous êtes d'accord avec M. de Lotbinière sur le fond de l'ouvrage, et que vous trouvez ses vues bonnes et sages, il doit être content, se rapporter entièrement à vous sur ce qu’il y a de plus pressé à faire, puisque ce seroit vous qui défendriez cette position. Soyez tranquille sur la facon de penser de M. le marquis de Vaudreuil, il a la plus grande confiance dans vos vues. A l'égard des canots qui vous manquoient, j'ai déjà eu l'honneur de vous écrire qu'on en avoit envoyé six, et qu'on vous en envoyoit encore six autres. Si vous pouviez y faire passer quelques bateaux sur lesquels on pourroit y faire mettre quelques pièces d'artillerie, ce seroit bien le moyen de donner une correction à leurs berges, surtout en faisant couler par les deux rives quelques partis qui les couperoient, si pour se sauver ils vouloient se jeter à terre. Vous devez avoir recu un bon renfort d'officiers de bonne volonté, des soldats de la colonie et des Canadiens, et comme on vous enverra bientôt grand nombre de sauvages, songez d'avance de les rendre le plus utile que ce pourra, quoique d’avance je vous préviens par mon expérience que les officiers en qui ils ont beaucoup de confiance, y sont souvent fort embarrassés, Par les nouvelles que nous avons eues, hier, du fort Duquesne, en date du 23 mai, et de Niagara, en date du 4 juin, les dispositions sont toujours très bonnes parmi nos sauvages. Ils désolent le pays, ils ont mangé un jeune officier parce qu’il étoit bien blanc. M. Des Ligneris paroît très content des dispositions des sauvages jusqu’à présent. Toutes les nouvelles avoient

paru annoncer des projets vers la Belle-Rivière. Toutes celles d'aujourd'hui puroissent indiquer qu'ils n’ont que des projets de défensive pour cette partie, soit qu'ils n'aient voulu qu’en faire courir le bruit ou que Milord Loudon n'ait pas trouvé dans son voyage de Philadelphie les dispositions, les secours et les ressources qu’il croyoit trouver dans les provinces, soit que nous ne soyons pas encore bien instruits; il paroîtroit par ces mêmes nouvelles que les ennemis veuillent se rassembler vers le lac Saint-Sacrement. Je ne les crois pas encore nombreux pur ces mêmes nouvelles. Vous êtes plus à portée d’en savoir des nouvelles que nous. Il y a longtemps que sans l’article indispensable des vivres, nous les aurions primés et nous y serions en grand nombre, et si nous ne marchons pas actuellement, c’est qu’il faut réserver ceux que vous avez pour un besoin pressant ; mais M. le marquis de Vaudreuil a toutes ses dispositions faites pour rassembler son armée avec la plus grande promptitude, La Reine est en mouvement, les ordres sont déjà donnés pour que les hommes destinés aux troupes de terre joignent vite leurs corps respectifs. M. le chevalier de Lévis, qui me charge de ses compliments, trouve, après avoir lu la lettre de Malartic, que vous avez fait beaucoup de besogne, et il trouve que MM. de Béarn, pour n’avoir pas fait toute la campagne au camp de Carillon avec lui, ne travaillent pas avec moins d'émulation que MM. de Royal-Roussillon, Vous savez que comme un pèse juste ct tendre, je leur rends à tous justice, amitié sans aucune préférence, Je ne réponds point à M. de Bellecombe ; sa lettre

166 LETTRES DU MARQUIS DE MONTCALM étoit elle-même une réponse qui ne laisse rien à désirer, M. de Malartic me dispensera aussi de lui écrire.

P, S.— Je viens, Monsieur, de lire ma lettre à M. le marquis de Vaudreuil, qui me charge de vous ajouter qu’il en approuve tout le contenu, et qu’il s’en rapporte entièrement à ce que vous croyez de mieux pour le service, et que vous êtes fort le maître d'essayer, si vous en avez le temps, et si vous le croyez de quelque utilité, le projet de Jacquot pour avoir des bateaux sur le Lac. Il vient de nous arriver deux cent cinquante Ontaouais,

Montréal, le 16 juin 1757.

M. de Senezergues voudra bien, Monsieur, vous faire passer les nouvelles. Je réponds par celle-ci à vos deux lettres du 13. Je ne suis point surpris de l'aventure arrivée au détachement des Outaouais; malgré cela, je trouve que vous avez bien fait de leur donner les huit soldats francois qu’ils demandoient, et puisque vous demandez mon sentiment sur la seconde proposition, je leur en aurois donné cent avee un capitaine pour être maître de la marche; et dans les gros partis, donnezleur-en très peu et très ingambe, ou un gros si c’est pour ne pas aller loin. Au reste, votre intention était toujours bonne, et votre opinion dans cette occasion peut bien se défendre, Je compte que d'ici à un mois nous serons six à sept mille hommes à Carillon, avec dessein d'agir vigoureusement, et nous aurons quinze cents sauvages. Enfin, la Reine part le 17 de Québec. Le courrier qui part demain au soir porte les ordres pour mettre en mouvement les troupes de la colonie

et les Canadiens du gouvernement de Québec. Le Mercier va recevoir ordre de venir en toute diligence, Le chevalier de Lévis vous joindra sept à huit jours avant moi. Je partirai quelques jours avant les dernières troupes et je compte vous avoir joint du 10 au 20, N’annoncez rien de ce que je vous écris.

Je compte, lundi, aller faire une tournée à Chambly et à Saint-Jean, dont je serai de retour jeudi. Enfin M. Martel et M. Péan partent pour aller faire ce qui auroit du être fait il y a six semaines : une recherche de grains.

P.S. — Il y a quatorze cents quarts de farine partis de Québec.

Je recois dans le moment votre lettre du 14 qui confirme la très grande peur des Outaouais... au reste sensible à votre procédé, Je ne l’exigerois pas si je ne vous croyois des vues sérieuses, mais soyez content, on vous aime, on me parle souvent de vous, et je n'ai que l'avantage de la voir, de l’entretenir souvent, la simple amitié qu’elle mérite sur laquelle elle m'assure que je puis compter, rien de plus, assurément; on souhaite fort vous voir vivre avec nous à Québec. On écrit qu'après mon départ, vous trouviez de l’esprit à M"° Marin, Si nous pouvons nous rassembler à Québec ; pourquoi non? vous pas à M"° de la Naudière, qui depuis sa couche est plus belle que jamais. Je vous recommande tout ce qui est assez, (sic) je songe plus à la guerre qu’à la galanterie ; je me récuse du grand banc ; comme un autre je ne vois quasi aucune dame ; et que Figuery n'ait aucune inquiétude de moi ni personne, trop occupé, trop bouillant pour suivre un projet. Le

chevalier de Lévis qui, je crois, a du regret de n'avoir pas ouvert la scène, a quelque envie de marcher; mais il ne me précèdera que de quelques jours, comme je vous l'écris, M. le marquis de Vaudreuil est très content de votre gestion, et il me semble qu’il n’y a rien à ajouter, Du biscuit à force, de quoi faire des fours de campagne, des cintres, des outils, et songeons à nos marches ; car un Dieu, un diable, il faut une opération et risquer une action; si cela réussit, nous pourrons tous les trois demander un grade de plus. Brûlez ma lettre. Je n’envoie pas encore La Roche; j'attends le départ d’un gros avec Marin. Nous attendons cinq cents sauvages de la baie, je ne suis pas plus avancé avec celle-ci qu'avec M"° M... et je ne dois pas attendre, mais je lui crois moins d’art, plus de franchise, plus de gaieté. mais mal dans les yeux ; elle me paroît si montée en réserve que pour aucune raison elle seroit fàchée qu'on en parlât, n’y ayant rien et qu’elle se conduisit avec décence, Je la vois même par cette raison moins. à Québec, je la verrois plus, on y a meilleur ton; ceci c'est la province, Elle est un peu comme toutes les Canadiennes, plus d'envie de plaire que d'aller au fait; je suis seul ici sur la scène; je ne connais pas d'autre avantage, et je souhaite bien me trouver toujours de même ; j'y gagnerai, autrement j'y trouverais du danger. Bougainville a besoin d’aller en campagne, tête qui bout, Nulle lettre pour vous, ni pour le chevalier de Lévis à proprement parler.

Le 18 juin 1757.

Depuis ma dernière, Monsieur, nous ne songeons qu'à la guerre, Sérieusement on a fait partir, hier au soir, les ordres pour Le Mercier, six cents Canadiens de Québec et toute la colonie, hors trois cents hommes à Québec. Je donnerai des ordres pour que la Reine qui sera à Chambly le 24 ou 25, vous passe de suite avec les Canadiens qui les auront conduits, Le Mercier a ordre de partir avec Lusignan. Martel fait la tournée qui aurait dû être faite, il y a six semaines, pour du blé et du lard, Péan part aujourd’hui pour vos bateaux et vivres dans tous les dépôts. Je pars demain pour Chambly, Saint-Jean et le chemin de la savane où l’on va mettre Languedoc, le 23, avec quatre cents Canadiens ; ils partiront de là le 30. Guyenne et la Sarre suivront, La colonie d'ici, les sauvages, le chevalier de Lévis et moi nous partirons tous avec confiance. Ne parlez pas encore d’offensive, mais songez-y ainsi qu’au campement ; développement de toutes ces troupes qui vont vous arriver au nombre de six à sept mille hommes, compris mille cinq cents sauvages. Il faudra établir à la Chute et au Portage, premièrement pour se moins embarrasser, deuxièmement pour être à portée de faire le chemin et le portage des effets. Dites que la Reine vous vient faute de pouvoir l’employer à Chambly. Je vous écrirai par toute occasion. Du biscuit à force et ayons des cintres.

Mon nouvelliste Doreil assure le comte de Maillebois cordon bleu.

Deux courriers en vingt-quatre heures de Québec, Le premier apprend que le Suint-Antoine, vaisseau au

munitionnaire, étoit en rivière. Ila, chemin faisant, fait deux prises angloises et les a ranconnées quatrevingt mille livres. Il a intercepté des lettres qui ne laissent aucun doute sur l'expédition maritime, mais de l'incertitude si c'est pour Louisbourg ou Québec. L'intendant, Le Mercier, l'évêque font caca; ils ont communiqué leur frayeur aux dames, au peuple, J'ai offert d'envoyer le chevalier de Lévis, de partir pour y rester dix jours l’un ou l’autre pour remettre les têtes et faire les dispositions; ni l’un ni l’autre. Le Mercier vouloit qu'on arrêtât le régiment de la Reine, Longueuil y avoit d’abord consenti. Deux courriers pour proposer de ne pas agir vers le lac Saint-Sacrement et se tenir en mesure ici pour Québec, Le général ne démord pas, rit de leur frayeur, mais néglige trop certains détails de précaution pour préparer une défense avec ordre, L'évêque vient de donner un mandement sur port Mahon, qui est comme l’épée de Charlemagne. Le deuxième courrier, envoyé vingt-quatre heures après le premier, dont rien ne transpire, intrigue ici; dites si vous voulez en parler pour porter de l’argent au trésorier qui en manquoit, Pardon, Monsieur, si j'écris aussi mal que Roquemaure, Je m'imagine que vous avez renvoyé chercher vos canots, Je recois dans le moment une lettre de M. le chevalier de Bernetz. Je n'ai pas le temps de lui écrire, Je ferai ce qu'il désire. Ne doutez pas, Monsieur, de mon inviolable attachement,

[Pour vous seul] Au fort Saint-Jean, le 20 juin 1757.

Me voici, Monsieur, avec M. le chevalier de Lévis qui me charge de ses compliments, Nous irons, ce soir même, à Chambly, et nous serons de retour, demain, à Montréal, pour déterminer, après le retour de M. Péan qui ne sera qu'après-demain, le départ de tout ce qui doit composer une petite armée, que l’on croit devoir être de cinq mille hommes et quatorze cents sauvages.

La Reine est parti le 17 de Québec et passera de suite, J’estime à vue d'œil que Guyenne et Languedoc partiront de Saint-Jean du 1” au 5. La Sarre, la colonie, le reste des sauvages du 5 au 10, M. le chevalier de Lévis partira vraisemblablement du 1° au 5, et moi du 5 au 10,

Le Mercier a dû recevoir, hier au soir, des ordres pour partir de suite, M. de Longueuil pour envoyer trois cents hommes du gouvernement de Québec ; on en tirera fort peu, à cause de la peur que l'habitant et l’évêque, ainsi que Le Mercier, ont communiqué aux dames et peuple. En vingt-quatre heures nous avons eu deux courriers pour demander des troupes, et dissuader de toute entreprise, On croit même que l’évêque arrivera demain pour détourner de tonte entreprise ; il est contraire cette année-ci de la dernière année. Landriève, qui est ici encore, doit conférer demain avec Péan, que je joindrai ce soir à Chambly; il partira après-demain avec quarante Canadiens ; il a ordre de préparer force biscuits, des cintres, ustensiles et briques, pour faire des fours. Le projet est de marcher avec encore moins d'équipage qu’à Chouaguen, quinze jours de bivouac.

A l'égard de l’artillerie, occupez-vous de la mettre en état, Nous croyons, sans avoir parlé au grand-maître de l'artillerie, qu’il suffiroit d'avoir douze pièces de canon de 19, 18 et 12. Les quatre pièces de la Belle-Rivière et quatre de campagne d’un moindre calibre, avec six gros mortiers, de préférence à des obusiers, dont je ne fais pas grand cas ; beaucoup d'outils, beaucoup de munitions, relativement à notre artillerie.

Il faudra songer au campement de nos troupes de la colonie et des sauvages, et de leur,arrangement, Voici mon projet, si M!:le général ne le contrarie pas : le plus ancien officier de la colonie sans troupes. Le reste divisé en compagnies de cinquante, soixante ou soixantedix hommes, suivant le nombre d'hommes et d'officiers. Deux officiers par compagnie, quatre compagnies formant une brigade, aux ordres d’un des plus anciens capitaines, un garcon major par brigade, un major et deux aide-majors pour le tout. Tous les sauvages aux ordres de Saint-Luc, les interprètes lui répondroient, et puis beaucoup d'otticiers par nation des pays des Iroquois et Népissings, les Abénakis avec Courtemanche, ét deux ou trois jeunes officiers... Comme nous n’avions pas recu les huit compagnies de la Reine, Royal-Roussillon et Guyenne, la Sarre, Languedoc et Béarn, il faudra songer à les camper : la colonie au camp du Portage, trois bataillons à Carillon, trois à la Chute, et vous pourrez très bien mettre la Reine en arrivant à Carillon, car il seroit trop foible tout seul à la Chute.

L'on fera arranger chacun à sa place, soit pour marcher sur deux colonnes ; l’une, de tout ce qu'il y aura de plus ingambe par terre, et l’autre, de ce qu’il y aura

= — . : me rene

A M, DE BOURLAMAQUE 173 de moins par l’eau, Quand je dis au camp de la Chute, au lieu de leur faire prendre le camp de l’année dernière, sous prétexte de couvrir le moulin à scie, il vaudroit mieux les camper de l’autre côté, au-dessus du moulin, à la rive droite de la rivière; par cette disposition ils seront plus à portée de travailler, quand il faudra travailler au chemin du Portage, de faire passer les bateaux et l'artillerie, et dépenseront moins en gardes, Et, pour cet effet, il faudroit préparer un désert pour les camper, sous prétexte de faire éclaircie au-dessus du moulin, Songez, avec Jacquot, à avoir les cordages, les rouleaux, les câbles et les chèvres nécessaires pour toute lu manœuvre à faire, Je vous envoie des lettres pour votre camp, et une pour M. Hertel de Louisbourg, Je vous recommande tout ce qui est Hertel : ce sont les neveux d’une dame que vous aimez, et qui vous est fort attachée ; car elle me parle souvent de vous, avec les plus grands éloges, mais vous avez passé sur le grand banc,

P. S.— Arnoux a oublié de laisser aucun remède pour l'hôpital. Il y a une grande plainte de l’intendant

sur Béarn, qui aura par jour cinq à six mille rations de plus ; dites-le à Malartic.

A Chambly, le 21 juin 1757.

M. le marquis de Vaudreuil a dû vous écrire, Monsieur, pour que vous lui renvoyiez le plus de bateaux que vous pourrez, avec les quarante Canadiens des Trois-Rivières, que Landriève vous mène; si vous aviez quelques convalescents hors d'état de servir, vous pour-

riez les joindre, et alors vous pourriez renvoyer un peu plus de noteaux, avec l’aide de ces convalescents. Occupez-vous de nous faire beaucoup de biscuits, de faire mettre l'artillerie n état, et tout ce qui est nécessaire en cordage, câbles et rouleaux pour le portage.

La Reine sera ici, vraisemblablement le 25 ou le 26, et partira de Saint-Jean le 30. Il est encore arrivé, avaut-hier au soir, après mon départ, un courrier de Québec à Montréal; c'est toujours mêmes représentations, et même refus de la part de M. de Vaudreuil, qui n’est plus occupé que d’une opération qu’il a en tête,

Une lettre circulaire aux capitaines et aux curés, ébauchée pour le détachement du frère Rigaud. Dites à Malartic que tous les Béarn rejoindront, Le chevalier de Lévis me charge de ses compliments. S'il y avoit quelque détail à vous écrire de Saint-Jeau, M. Péan, qui y va ce soir, le feroit,

P.S.— De même que vous aviez fait prendre une note dans les régiments de Royal-Roussillon et Béarn, des soldats qr’il faut laisser de préférence, pour la garde du fort et des bateaux ; la même chose, à l’arrivée de chaque bataillon, une note de tous les ouvriers utiles, comme forgerons, armuriers, boulangers, charpentiers et charrons, ainsi que des soldats qui ont servi quelquefois à l'artillerie.

Je vous remets l’article du renvoi des bateaux, parce que M. Péan est persuadé que M. le marquis de Vaudreuil oublie, et vous aurez la bonté de vous y conformer,

On envoie des bœufs et des vaches, Tandriève vons expliquere la destination des premiers, qui Le doivent

pas être mangés qu'après avoir servi à conduire l’artillerie ; ils resteront à Saint-Frédéric pour pâturer jusqu’à nouvel ordre; envoyez-en un bien ferme à M. de Lusignan pour qu’il le fasse garder et conserver contre les sauvages ; il vaudroit mieux lui envoyer une augmentation de garde qui rejoindroit toujours l’armée ….

À Montréal, le 23 juin 1757.

Il vient de nous arriver, ce matin, un courrier de Québec, qui n’a apporté aucune nouvelle, Monsieur, que l'entrée en rade du vaisseau, Le Breton, un gros paquet de gazettes de France, que je n’ai pu encore lire, mais dont j'aurai soin de vous faire un extrait, s'il y a quelque chose d’intéressant,

Y compris les sauvages que vous avez, nous tenons huit cents sauvages des pays d’en haut, sav: ir: quatre cents Outaouais de Michilimakinac ou Saguinaw, trois cents Puauts: Sakis, Renards et Iowas ; ces derniers n'avoient jamais paru à Montréal, cent Folles-A voines,

On en attend trois cents des environs du Détroit, et dans le moment il vient d'arriver cent Poutéotamis, avec M. de Saint-Ours ; on compte avec les domiciliés sur deux mille, Il y a eu, hier, la grande cérémonie du pardon à deux lowas, qui avoient tué deux François, il y a deux ans. On a soufflé dans le calumet de paix : les meurtriers étoient conduits, liés, mis un bâton d’esclave à la main, chantant la chanson de mort, comme s'ils a!loient ôtre brtiés: Saint-Lue et Marin faisant les fonctions du chevalier de Dreux et M. Lesgranges, Ces sauvages dansent baaucouj, mieux que

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