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les domiciliés, à ce que disent les dames ; et ces jours-ci, on en fera la revue dans la plaine du Sablon, Les généraux et les dames assisteront. Doreil a fait une chute, pour laquelle il a été saigné six fois, mais ce ne sera rien.
Je prie M. Bellecombe de m'envoyer les pièces nécessaires pour fuire recevoir le nommé Champigny, sergent aux invalides ; je prie aussi M. de Malartic de m'envoyer les pièces nécessaires... Il ne les a jamais envoyées ; qu'on profite de la première occasion pour que je puisse les signer et envoyer ensuite à Doreil, à Québec,
L'intendant a de l'humeur de ce que l’on ne m'a pas envoyé, ou M. le chevalier de Lévis, pour huit à dix jours à Québec.
Montréal, 24 juin 1757.
Les gazettes de France ne nous apprennent pas grand’chose ; cependant, comme les personnes expatriées sont toujours bien aise de savoir les plus petites choses, je vous envoie l'extrait que j'en ai fait. Je ne regretterai pas ma peine, s’il peut vous amuser un moment, Je n’y ai mis que les nouvelles que nous ne savons pas.
M. Le Mercier et M. Péan, comme s'ils s'étoient Aonné le mot, viennent d'arriver, l'un de Québec et l'autre de sa tournée. Le premier ne tardera pas à partir. Il paroît que nous sommes à l’étroit sur bien des choses ; nous voulons, cependant, agir, Les régiments de la Reine et de la Sarre partiront d'ici, environ le 1°, avec le chevalier de Lévis, et le reste suivra le plus tôt possible
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Nous avons eu quelques lettres, Bougainville et moi. Elles sont du 8 mars ; nous voyons que la gazette de France a fait imprimer, le 4, une relation que j'ai lue, où l'on a pris un peu de la mienne, et beaucoup de celle de M. de Vaudreuil. Vous y êtes nommé trois fois. Il y est fait mention de votre blessure. La sagesse et l'habileté du marquis de Vaudreuil contraste avec l'activité et l'intelligence du marquis de Montcalm. On a imprimé, à la hâte, une médiocre relation, où les troupes de terre et leur général, jouaient un rôle subalterne, Tracasserie ; D’Arbouillin et l'abbé de Bernetz ont été pour nous chez la marquise, et Bougainville a été autorisé à faire imprimer une autre relation dans le Mercure et dans le journal de Verdun, dont on à tiré des exemplaires à part, répandus à la cour et à la ville, et on nous en envoie trente qui sont en rivière, dans une malle, On nous flatte que nous allons gagner au changement par l'union de Mars et de Neptune, et que ce que je demanderai à la fin de cette campagne sera accordé de concert et par sollicitations communes de la part des deux ministres. En tout, Chouaguen a fait grand bruit, et pour vous et pour moi, Je vais être accablé d’affaires et d’écritures, car je veux laisser à Doreil des lettres et des duplicata tout faits, où vous aurez la part qi: vous devez avoir, ayant ouvert la campagne. Les sceaux n'étoient pas encore donnés.
Je vois beaucoup d’incertitudes sur les opérations de cette armée du maréchal d’Estrées. Le petit Hérault a le régiment de Rouergue, et a pris le nom de Séchelles, Son grand-père ne va mieux pour la santé et pour la
tête. M°"° Hérault me fait trembler pour la santé de Chevert. Elle paroît craindre que sa santé ne se rétablisse pas, et qu’il ne soit er état de la campagne. Je recois, dans ce moment, par la Force, votre lettre, en date du 19, et vous remercie du détail qu’elle contient, et vos réflexions sont justes.
A Montrèal, 28 juin 1757.
Départ des troupes de Saint-Jean.
La Reine, le 1“; la Sarre, le 2 ; Languedoc avec M. le chevalier de Lévis, le 4; Guyenne, le6; la colonie âvec les milices, les 8, 9, 11, 13 et 14.
Le marquis de Montcalm va, le 10, chanter la guerre au Saut ; le 11 au Lac. Et il partira vraisemblablement le 13 ou le 14 de Saint-Jean, avec la compagnie des grenadiers de Guyenne qu'il gatde à cet effet,
Composition de l’armée.
Les six bataillons des troupes de terre ; mille hommes de troupes de la colonie ; deux mille cinq cents hommes de milice ; quinze dix-huit cents sauvages.
Il marche soixante-seize officiers et tons les cadets, Je crois que M. le général ne me refusera as la proposition qu’il a envie que je lui fasse, de faire marcher M. de Rigaud. Je compte, à la vérité, le garder avec moi comme M. le maréchal de Belle-Isle gardoit M. de Brieux, et détacher, suivant l'occurence, M. le chevalier de Lévis et M. de Bourlamaque. Nous aurons seize capitsines, y compris M. de Cabenac et M. de la Valtrie ;
A M. DE BOURLAMAQUE 179 M. de Sermonville marche comme aide-major. Cependant on patricotera, et par un arrangement singulier, auquel on ne s'attend pas, il y aura un bataillon des t'.upes de la marine, pour faire brigade avec les troupes de terre, dont il y aura le détail, et Dumas fera le détail du reste et servira de gouverneur au gouverneur, et si M. de Gannes vient, il faudra lui former un second bataillon. Péan reste à Montréal pour le cabinet; Saint- Luc, colonel général des sauvages ; Marin, commissaire général, car Courtemanche est maître de camp général. Martel est revenu de sa tournée, et en ne prenant que ce qu’on lui a jeté à la tête, il a trouvé de quoi nourrir, trente jours, deux mille huit cents âmes, en farine, lard et pois.
Faites camper la Reine et la Sarre à la Chute ; mais au-delà, marquez-y le terrain pour Languedoc et Guyenne. Il est juste de ne pas déplacer ni Royal- Roussillon ni Béarn; nous rangerons les brigades en mouvement général.
Il convient qu'il y ait un officier principal au camp de la Chute. Le chevalier de Lévis se propose d'y camper et de vous laisser à Curillon. En ce cas, ne bougez pas pour mon arrivée, quand même je resterois à Carillon, en vous resserrant, comme avoit fait le chevalier de Lévis. Je me placerai et je me servirai, si vous l’approuvez, de la cuisine, le peu de jours que je serai à Carillon.
M. le marquis de Vaudreuil me charge de vous recommander d’avoir grand soin des canots des sauvages, d'obtenir d'eux amitié, de les faire ranger auprès du fort, d'y mettre une petite garde, que chaque bande
les numérotte, et d’avoir des gens qui les raccommodent continuellement, si besoin est, Vous devez un compliment à Malartic sur la première présidence de la cour des aides de Montauban, accordée à son frère, Je viens d'écrire au comte de Maillebois, et je lui parle de vous, Monsieur, un peu particulièrement, parce que je vous nomme comme étant en campagne depuis le commencement de mai dans toutes mes lettres, au nombre de soixante-dix, que j'adresse à Doreil pour les faire partir quand il voudra,
J'ai écrit deux lettres à M. de Moras ; l’une, correspondance avec le ministre ; l’autre, pour être remise par M"*° Hérault, à qui elle est adressée à cachet volant, à condition qu’elle n'ira pas dans les bureaux. J'y fais mention de vous, Monsieur, dans toutes les deux.
A Montréal, 29 juin 1857.
Je réponds par celle-ci, Monsieur, aux deux lettres que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 24 et le 25. Je pensois comme vous pour placer la Reine et les trois autres bataillons ; mais un peu de déférence et de complaisance pour M. le chevalier de Lévis qui compte s'établir dans ce camp, s'occuper des détails relatifs au chemin et au portage des bateaux et artillerie, dans le temps que vous voudrez bien vous occuper de tous sens relatifs à notre besogne au camp de Carillon, fait que je vous prie de mettre la Reine, la Sarre tout de suite au delà du moulin et pousser alors M. de Celoron au Portage, à moins que vous n'ayez quelque raison particulière pour l’y conserver encore jusqu'à l’arrivée de
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M. le chevalier de Lévis. Pour moi, il me tarde fort d’être à Carillon ; je ne partirai cependant, au plus tôt, que le 13 de Saint-Jean. M. le marquis de Vaudreuil ne cesse de se louer de vous, Monsieur, Je crois qu'il pense ce qu’il dit, et pour moi, je crois qu’on ne peut rien faire de mieux que de vous donner de la besogne à conduire, et fort aise d’en faire avec vous.
Je vous promets d’être aussi occupé qu'on le puisse de rendre justice à la facon dont vous servez. Il n’y a point de compliments dans ce que je vous écris, car la fausseté canadienne n’est pas encore prête à me séduire,
La farine à donner à cette colonie est le sujet d’une grande occupation et d’une grande intrigue, parce qu’il y a beaucoup de mouvement.
P.S. — Je vous prie de dire à M. de Malartic qu'il est inutile qu’il écrive une lettre de plaintes ni de reproches à l’intendant, parce qu’il n’a pas écrit sur un ton de reproche. Il a seulement prié Landriève, à qui il a envoyé la note d'éclairer cette ‘affaire : c’est par occasion que je l'ai su.
Votre lettre a été lue à la belle dame et puis brûlée, elle en a été très contente. Les généraux françois seront bien reçus dans cette maison, Elle partira le samedi 9, moi le 10, pour le saut Saint-Louis. Il a été trouvé décent qu’elle partit de Montréal avec M"° de Saint-Ours.
Montréal 3 juillet 1757.
Par les nouvelles, Monsieur, contenues dans la lettre dont vous m'avez honorée le 28, je ne trouverai pas extraordinaire que nous fassions l’histoire des deux qui
se rencontrent la lanterne à la main, et je conseille au chevalier de Lévis de se conduire en conséquence de cette idée, d'autant que je crois qu'il n’y a plus rien à craindre pour la Belle-Rivière, et que, quels qu’aient été les projets des Anglois sur Louisbourg et Québec, je les crois avortés,
Par les nouvelles que nous avons des premiers jours de juin, M. de Bauffremont étoit entré à Louisbourg avec six vaisseaux de guerre, compris un vaisseau de soixante-dix canons, qu'il a pris sur les Anglois anx attérages de Saint-Dominique, et qu’il a armé tout de suite. Il a avec lui deux frégates. L'Abénaquise étoit aussi entrée à Louisbourg avec une flotte chargée de vivres ; le Churiot-Royal a été pris ; il nous est entré à Québec le 29 et le 30, l'Elizabeth, la Gracieuse, goélettes venant de la Rochelle, La Gracieuse est démâtée, ayant essuyé un combat. Ces deux goélettes ne portent que des marchandises pour des particuliers. L’Elizabeth est partie le 20 avril de la Rochelle, avec quatre autres bâtiments. On a appris par elle que nous avions un senau chargé pour le munitionnaire, en rivière, mais que la goélette “la Madame de la Rochelle, et le navire le Fortuné, de Bordeaux, tous deux chargés par le munitionnaire, avoient été pris ; que le Robuste, vaisseau de Gradiche, capitaine Rozier, avoit relâché à Rochefort, ayant été rasé de ses mâts dans un combat vif, où ii y a eu soixante-dix hommes de tués : il nous portoit cent quarante hommes de secours. Voilà, Monsieur, toutes les nouvelles, et je conclus que l’Anglois n'étant plus à temps pour la Belle-Rivière, ses expéditions maritimes
pouvant être échouées par la prévenance de l’escadre de M. de Bauffremont, il peut y avoir du refus dans notre partie ; j'oubliais de vous dire que M. de Bauffremont a.été surpris, en arrivant à Louisbourg, de ne pas trouver une escadre de dix-sept vaisseaux, commandée par M. Perrier de Sulvert, à laquelle il devoit se joindre. M. de Lévis vous dira le surplus, ainsi que l'article des fusils.
P.S. — J'ai reçu une lettre d’Arnoux, à laquelle je crois n'avoir jamais répondu. Je serai le 9 au Lac ; le 10 au Saut ; le 11 à Montréal ; le 12 à Saint-Jean ; le 13 en pleine marche, Gagnez une bataille avant mon "arrivée,
A Montréal, le 7 juillet 1757.
Je réponds par celle-ci, Monsieur, à la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 2, et je vois que vous allez de l'avant. Il n’y aura aucun changement à ma marche. Je partirai toujours d'ici le 12, et le 13 de Saint-Jean. Je suis bien aise que vous ayez été content de l’idée de Jacquot. Il me semble que cela peut nous être utile pour être à la tête de notre convoi maritime, pour favoriser une descente, pour couler bas leurs berges, pour attaquer les îles, s'ils y avoient pris postes.
Marin part ce soir pour vous joindre et aller de suite en parti. Je lui ai bien recommandé de prendre toutes ses précautions, l'avoir toujours des découvreurs en avant, sur la droite et sur la gauche, de faire fouiller les bois, de ne pas cacher les canots aux mêmes endroits,
de faire occuper les hauteurs quand il sera obligé de marcher dans un chemin creux et une petite rivière aussi étroite, encaissée et bordée de rochers, que celle au Chicot,
M. le chevalier de Lévis, à qui vous voudrez bien communiquer ma lettre, sera bien aise de donner toutes ses instructions aux commandants de détachements qu’il enverra à la guerre. Il est certain que si l’on pouvoit battre complètement une de leurs patrouilles, cela intimideroit les autres.
J'ai parlé, hier, pour le brui, et tous les articles demandés par Landriève ; on m'a assuré qu’il y avoit : ÿ du brai au fort Saint-Frédéric, et qu'on songeroit à tous les autres articles ; pour de la porcelaine, nous en avons une bonne provision.
Depuis mes dernières, il m'est arrivé ni courrier de Québec ni lettres. Mille choses à M. le chevalier de: Lévis.
P. S. — Saqueville, grenadier de Béarn, et le soldat. du même régiment, qui travaille chez les religieuses, rejoindront avec moi, ainsi que le grenadier de Languedoc qui manquoit. Je vous prie de le dire aux majors de ces bataillons,
J'ai reçu les pièces que M. de Bellecombe m'a envoyées, concernant Champigny. Je viens de tenir un conseil avec les Iroquois du Saut, pour accorder grâce à un soldat de Languedoc, que je crois être Lafontaine, grenadier, Je le ramènerai aussi.
Au camp du Portage, le 27 juillet 1757.
J'ai remis à M. Dumas, réponse à tous les articles, On compte avoir assez de toile pour les banderelles, L'arrangement de M. de Bourlamaque pour venir avec quatre jours de vivres, me paroît très bon, On accepte avec satisfaction et reconnoissance, les marmites offertes par les deux bataillons de la brigade de Royal-Roussillon, mais comme première charité commence par soi, on pourroit en prêter dix à MM. de la Sarre, qui prêteroient les leurs qui sonten plus... à MM. de la colonie, Il sera nécessaire que la Force vienne après-demain matin, pour partir avec les sauvages le 30 au matin, du camp de Contrecœur.
Au Portage, 28 juillet 1757.
Je réponds par celle-ci, Monsieur, à votre lettre du 28. Je m'en vais écrire pour qu’on nous fasse passer quelques bateaux, si l'on peut demain, et j'emploierai pour faire un portage, toute la nuit, toute celle de demain, et après, parce que je craindrois de nuire à ce qui est nécessaire à Carillon, A l'égard du biscuit, il sera ici aussi à couvert qu'on le peut. Je le fais mettre dans les baraques qui sont dans les hangars ; il faudroit profiter des bateaux pour passer le biscuit, Vous faites bien de garder Brisebois et sa troupe, jusqu'au 30, puisqu'il est nécessaire au transport des vivres,
J’envoie ordre à la brigade de la Sarre d'envoyer le 30 au matin, un lieutenant, pour être aux ordres de M. Dalquier. Gardez le nouveau de la Reine, A
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l'égard des trois chaudières qui vous restent à envoyer, adressez-les moi directement, voulant en disposer, Sans doute que les trois brigades n’ont pas besoin d’endroit, puisque vous n’en entendez pas parler, Je viens de commander mille rames et trois cent dix avirons. Je viens d’ordonner que cela seroit payé comptant par M. Sermet, sur le pied de douze livres la rame et vingtquatre livres l’aviron, ce qui fait neuf cent soixante livres.
P. S. — Prévenez Landriève pour l'argent. M.
Charly vient de me dire qu les trois brigades ont porté tous leurs effets au magasin que vous leur avez indiqué, Demain matin vous aurez, à 7 heures, à achever de donner des fusils aux brigades de La Corne, Repentigny et Vassan. Celle de Saint-Ours est complétée, celles de Courtemanche et de Gaspé vont chercher leurs fusils le 30, à sept heures du matin, après quoi, M. Le Mercier pourra enfermer tous ceux qui resisront, soit à Carillon, soit chez Sermet ; car à l'égard des ouvriers qui manquent de fusil, les armuriers qui restent à Carillon leur en raccommoderont plus qu’il ne leur en faudra,
Voyez aussi quel ordre nous pourrions donner pour nous faire rejoindre à M. Totabelle, lorsqu'il sera de retour avec son détachement, Si M. de Malartic n'étoit pas d’une nécessité absolue à Carillon, il pourroit venir coucher demain au soir ici, ou, tout au moins, partir de grand matin le 30, pour établir le camp de sa brigade, et commencer à faire la distribution des bateaux.
Il me reste ce soir, quoique j'en aie bien fait distribuer, cinquante-six fusils, ici.
On m'a demandé, ici, quand M. de Saint-Ours partiroit pour s’en retourner. J'ai dit que je n’en savois rien, mais qu’il étoit le maître de partir quand il voudroit, et de profiter de la première occasion, dès que sa santé ne lui permettroit pas de faire la campagne. Je vous prie de lui faire dire par M. Arnoux.
Les calfats peuvent lui fournir une bonne occasion, car ils partiroient le jour du départ de l’armée. M. Landriève portera dans sa réserve tout le vermillon qui reste.
Au Portage, 28 juillet 1757.
J'ai l’honneur, Monsieur, de vous envoyer une lettre pour M. de Lotbinière, et une pour M. Desandrouins, afin de leur indiquer leur départ avec vous, et qu'ils aveont un bateau pour eux deux. J'écris à M. de Luibinièi: que, si les affaires de Carillon les retiennent, i] lui suffira d'arriver le 31, et qu’il ait la bonté de vous rendre compte de ce dont il veut charger la milice, afin que vous donniez vos ordres à cette occasion; ayant toujours suivi cet objet, vous êtes plus en état de le faire que moi. Je vous envoie aussi l'instruction que vous laisserez au départ à M. Dalquier, et une lettre que je lui écris, par laquelle je lui marque de se conformer à tout ce que vous jugerez à propos d'ajouter, ou retrancher, M. de Sermet n’avoit encore acheté que trois fusils des sauvages, mais je m'en vais en assembler plus de cinquante. Ils serviront pour les trois dernières brigades, si nous épuisons ceux qui sont en haut, J'ai l'honneur de vous envoyer l’ordre pour la brigade de Royal-Roussillon.
Saint-Pierre et Rome (mot d'ordre).
Gardez patrouilles, défense à l'ordre, les appels exactement. M. le marquis de Montcalm demande que toutes les distributions soient faites d'ici à demain mâtin, afin : que rien n'arrête le départ du détachement qui doit s’assembler, demain au soir, à l’ancien camp de M. de Contrecœur, aux ordres de M. le chevalier de Lévis, On avertira, ce soir ou demain matin, de l'heure à laquelle les détachements s’assembleront, et se mettront en mouvement.
Vous voudrez bien, Monsieur, donner vos ordres pour le départ de M. Landriève et M. Arnoux. Je crois qu’il est convenable qu'ils soient ici le 30, au plus tard.
M. Laudriève enverra, sitôt le présent ordre recu, à M. de Sermet, cinquante livres.
Au Portage, le 28 juillet 1757.
Je réponds par celle-ci, Monsieur, à votre lettre du 28. Nous n'avons ici, encore, que deux cent trente deux bateaux. Vous pouvez hardiment faire passer, jusqu'à concurrence de deux cent cinquante, Ceux qui arriveront le 31 suffront pour le service de Saint Frédéric. Formez le rôle de votre garnison, ainsi que vous me le marquez. Il faut y comprendre n'importe de quel régiment ils soient, à moins qu'ils ne fussent grenadiers,
J'accorde que tous les boulangers rejoignent leurs corps le 29 ou le 30 au matin, ainsi que vous le jugiez à propos.
M. de Lapause a eu tort de mander que l’armée ne s'assembleroit que le 31, Vous recevrez, demain,
l'ordre pour partir le 30. Non seulement c’est très bien de partir avec des vivres pour quatre jours, mais j'envoie le même ordre pour les bataillons de la Chute, Je ferai faire, après diner ou demain matin, par M. le major général et M. Marcel l'état des vivres qui sont au Portage, Vous pouvez, demain matin, pour ne pas donner vos doubles, tirer sur moi jusqu’à concurrence de soixante fusils, qui me restent de ceux que j'ai achetés, Il ne faut pour M. de Villiers que dix-sept fusils en tout, que j'ai demandés pour la promptitude, et pour que cette troupe légère soit mieux armée, Ceux qu'il laisse à réparer, au nombre de quatorze, seront au Roi, et vous en disposerez pour qui vous voudrez. Envoyez avec les quinze chaudières, les trois, cela fera dix-huit; il n’en faudra plus que sept pour la troupe de Villiers, que je trouverai ici, et Dieu merci, toutes les brigades ont les leurs.
Vous enverrez directement l’ordre uux bataillons de la Chuts, que vous croirez convenable, pour fournir les cent hommes de garnison. Je vois qu'il faudra qu'ils en donnent fort peu.
Puisqu'il n’y a plus de peaux de chevreuils, il est
inutile de garder ceux qui travaillent, Ainsi, envoyez
demain matin Brisebois, à moins que vous n’en ayez besoin, auquel cas vous le garderiez encore:
P. S.— S'il y a des soldats convalescents de la colonie, en état de servir, ainsi que des miliciens, faites-en faire un rôle à Arno:x, et qu'un sergent de vos deux bataillons les assemble et les conduise demain à M. de Sermonville : ils seront en état, au moins, de faire fond à la garnison qui restera ici,
M. de Malmtic, major de brigade, donnera à son arrivée une note de la force de son bataillon, compris ce qui est resté à Carillon; une note de tout ce qu'il y a à embarquer: officiers, soldats et domestiques, Par conséquence il distraira ce qui reste en arrière et ce qui marche avec M. le chevalier de Lévis,
Une note de ce qu’il y aura de combattants effectifs, dans laquelle il comprendra ce qu’il y aura de combattants non effectifs, et ce qui marche par terre et par eau, sans y comprendre les officiers et domestiques.
Saint-Nicolas et Nancy (mot d'ordre), le 29 juillet 1757.
C’est très bien, Monsieur, d’avoir envoyé le vollier à M. de Lusignan.… Les sauvages d'en haut éloignés, branlent au manche. Les colliers trottent, On donne du vin, c’est-à-dire le mien, et mes poules. En passant demain au camp de la Chute, vous donnerez la consigne à la garde que les bataillons laisseront à la Chute.
Les brigades de Courtemanche et de Gaspé seront demain, à 6 heures, à Carillon, Recommandez, je vous prie, à M. Pénisseault la subsistance des deux nègres de Saint-Luc, et de celui que l'on a dit à moi, qui sont en prison. S'il envoyoit celui de Villiers, dont il s’est chargé à Montréal, il pourroit envoyer les trois nôtres, et le faire adresser chez Saint-Luc.
Au fort Saint-Jean, le 30 août 1757.
Par une lettre que j'ai reçue en chemin, de M. le général, il me paroît qu’il ne veut pas envoyer les Canadiens demandés par M. de Lotbinière; je ne sais
si une semonce verbale fera mieux; il désire que l'on garde les Canadiens qui sont à Carillon, c'est pourquoi je laisse, ici, des lettres à M. le chevalier de Lévis et aux commandants des deux bataillons pour qu'on rassemble les Canadiens qui seront descendus avec les bateaux, et qu’on vous les fasse remonter,
On dit ici qu'après-demain, jeudi, on doit casser la tête à un Outaouais qui a tué un François, à Montréal. Comme les sauvages ont les privilèges des anciens François, il aura été jugé par.…, car ce privilège, qui est aujourd’hui restreint aux ducs et aux conseillers en cour supérieure, étoit un privilège parmi les Francs...
* À Montréal, le 3 septembre 1757.
Je vous serai obligé, Monsieur, et à MM. Dalquier et Bernetz d’adresscr vos réponses en mon absence à M. le chevalier de Lévis, afin que s’il y avoit quelque chose à dire à M. le marquis de Vaudreuil, il eût attention de ie faire, et il aura celle de me faire passer ensuite mes lettres, suivant ce que m'a dit Bernard, du régiment de Béarn. Le capitaine à rester de ce bataillon sera Mazerac ou Jourdeaux ; ils sont tous deux très bons. Cependant je ne me soucierois pas de Mazerac, parce qu’il est capitaine de 1744, et que si je trouve de la difficulté pour Senezergues, ou vis-à-vis de lui, ou vis-à-vis M. le marquis de Vaudreuil, qui devroit le souhaiter et qui paroît ne pas s’en soucier, je verrai de. faire tomber le commandement sur un simple capitaine dont j'ai grande opinion, d’Hébécourt, et il n’y a que Mazerac qui peut m'embarrasser,
S'il y a lieu d'envoyer d'avance d’Aubrespy, soit pour mener les convalescents ou autres, recommandez-le à Malartic. Sa femme va changer d'établissement ; elle est jolie, demande et facilite les choses de bonne grâce, et cela touche les généraux. Je pars samedi ou dimancho si le chevalier de Lévis arrive, Ce premier voyage me mènera jusqu’à la Toussaint, au moins, M. le marquis de Vaudreuil viendra à Québec à la fin d'octobre, et vous, Monsieur, quand vous voudrez, votre campagne finie, Nos moines Augustins romains se sont trouvés anabaptistes,
A Montréal, le 9 septembre 1757.
Je pars demain, mon cher Monsieur, pour Québec, par la raison que je n'ai voulu partir d'ici qu'après y avoir installé M. le chevalier de Lévis, Je ne dois repartir de Québec qu'après vous y avoir installé, N'allez pas d’après cela croire que ce sera me traiter honnêtement que d’arr'ver fort tard ; tout au contraire, venez le plus tôt que vous pourrez, et j’annoncerai à une très belle dame tout l’'empressement que vous devez avoir après la cession qui vous en a été faite.
Je vous offre d’être votre commissionnaire pour faire arranger votre maison lorsque vous voudrez venir,
Comme M. le chevalier de Lévis reste près la personne de M. le marquis de Vaudreuil, je vous prie de lui écrire sur ce qui peut regarder nos troupes, et sur le nombre de bateaux dont vous aurez besoin, y compris ceux que vous devez laisser à Carillon, Il sera aisé de vous en faire passer autant.que vous voudrez, Nous
aurons quatre piquets à vous envoyer et cinquante Canadiens ouvriers. M. d'Hébécourt, capitaine au régiment de la Reine, qui se trouve plus ancien capitaine que ceux qui restent à Carillon, y commandera le piquet de son bataillon, et aura un ordre particulier pour commander dans le fort, Il est plus ancien que tous les capitaines des bataillons qui sont ici” et je le suppose plus ancien que ceux de Béarn qui sont à marcher.
Par le premier article de l'instruction de M. le marquis de Vaudreuil, il aura ordre de se conformer entièrement à celle que vous lui laisserez. Ainsi, je vous prie de ne rien négliger pour que cet officier, rempli de zèle et d'application à son métier, se tire avec honneur de ce commandement et pour mettre en état les bâtiments civils. Fermez la basse ville autant qu'il sera possible, Je suis toujours inquiet du hangar qui est si mal placé au bord de l’eau, si les ennemis ont envie de le brûler pendant l'hiver,
P.S.— M. de Vaudreuil vient de recevoir une lettre d'avis des grâces de la colonie, Le cordon rouge et dix mille livres de gratification pour lui. Cinq croix de Saint-Louis. MM. de Sermonwville, Repentigny, la Colombière, Villiers, Le Mercier, Deux pensions de quatre cents livres, MM. de Contrecœur et Des Ligneris; six mille livres de gratification à distribuer aux subalternes, officiers de milice et simples miliciens. J'ai reçu une lettre des plus honnêtes de M. Paulmy ; il me prie d’avoir la même confiance pour lui que pour son oncle, de ne pas lui écrire simplement comme au ministre de la guerre, mais personnellement à lui,
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