A UN ECCLÉSIASTIQUE QUI LUI AVAIT FAIT QUELQUE OBSERVATION
II se jastifle de la condalte qu'il tient à regard des jansénistes de sa paroisse, et fait remarquer qu'il n^est ni expédient ni même possible de n'être d'aucun parti.
[Premiers mois de 16S2 (3).]
Qui a Dieu a tout.
Monsieur,
Je ne puis faire autre chose que de m'anéantir en
(1) Sur l'autographe.
(2 et 3) Celte lettre, dont on n'a que le brouillon, pourrait bien avoir été écrite à M. Jean Deslyons, docteur de Sorbonne et doyen de Senlis, qui eut longtemps dé bons rapports avec Saint-Sulpice, quoique ménageant beaucoup les jansénistes. Il écrivait en 1692 à l'archevêque de Paris ; « J'étais ami de Saint-Sulpice et de Saint-Lazare; j'étais aimé des Cornet, « des Hallier, des Ghamillard et des Grandin, qui dominaient dans la
la présence de votre zèle et honorer celui qui vous inspire sa ferveur, attendant le bien de vous voir pour éclaircir des choses dont il vous plaît m'écrire. Je dois pourtant vous dire mainlenant pour la fidélité que je dois à mon ministère, qui m'oblige de tirer des partis les ouailles que Dieu me donne à conserver, que je ne puis sans douleur et sans dernière désolation voir qu'on approuve qu'il aille dans les assemblées que le roi même devrait défendre, comme vous le marquez, et où surtout vous savez que la tentation y règne et fait toujours des impressions très malignes sur l'esprit de ceux qui y fréquentent. Quelque belle doctrine et pieuse que l'on trouve dans les livres mauvais, on aime mieux en priver le monde que de leur en souffrir la lecture; de même en est-il de ces enseignements qui se donnent dedans les lieux de tentation, là où en apparence il semble qu'on y profite, à cause que l'on goûte avec une joie et une exaltation d'amour-propre tout ce qui nait de ces principes. Plusieurs personnes qui sont en ma paroisse et dont je dois répondre à Dieu, malgré moi et mes conseils et par l'approbation de celui que vous savez qui s'y oppose visiblement, entrent en tentation et joignent à la désobéissance formelle qui ne peut être suppléée, en ces lieux, d'aucun • bien égal au mal de désobéir à leur supérieur naturel, celui de se joindre en leur cœur au parti et entrer dans toute l'étendue de leur croyance, autant qu'ils en peuvent comprendre; et cela contre leur état, leur con-
« Société , sans être antipode des autres. — J'appris en 1654, dit-il aîl- « leurs, que M. d'Hurtevent parlait de moi comme d'un demi-janséniste, « parce que je n'avais jamais ouvertement parlé contre ceux de ce «pavU.iy {Journ.de Deslyons.)
— Cette lettre est probablement de 1652, peu de temps avant la démission de M Olier..
dition^ leur sexe, contre l'humilité, le dénûment et la désappropriation chrétienne.
Depuis que je n'ai eu le bien de vous voir, une de ces personnes (1), et qui pour son éclat a plus de suites et souffre plus en ce rencontre, comme aussi il donne plus de lieu à attirer les autres au parti, par une grâce spéciale, ensuite de son élection à la. supériorité de la compagnie, par respect à son esprit et sa conduite, il s'est séparé des visites du Port-Royal et il est de grande importance qu'il soit maintenu en cette disposition : si bien, Monsieur, que je vous demande pour Dieu de vouloir le maintenir en cet état où il ne se peut croire combien son esprit s'éclaircit et entre en grande liberté. Et c'est une chose merveilleuse de la puissance de l'esprit de Dieu en lui qui, étant convaincu et m'ayant dit en grande confiance que le père Maurice était de ces opinions (2), n'ait pas laissé de vouloir suspendre son jugement dessus ces choses et se tirer des lieux où l'on fait profession entière de les instruire.
Croyez-moi, Monsieur, c'est une délicatesse de spé-
(1) Il s'agit vraisemblablement de quelqu'un des membres de la compagnie du Saint-Sacrement qui rendit tant de services à la religion, sur la fin du règne de Louis XIII et pendant la régence. Malgré le bon esprit qui y régnait, les opinions nouvelles, comme on l'a déjà dit, lettre CXXXin'', finirent par y troubler un peu l'union. Quelques membres, comme le duc de Liancourt, Antoine Barillon de Morangis et plusieurs autres moins connus, avaient des rapports avec le parti, mais le corps de la compagnie se conserva intact, et l'on écartait avec soin des premières places ceux qui étaient connus comme jansénistes. (Rapin, t. II, p. 329.)
(2) Le P. Maurice occupait un des premiers rangs parmi les carmes de Paris ; on a déjà vu que M. Olier le signalait au chancelier Séguier comme très attaché aux idées nouvelles.. Toute sa communauté fut infectée du même venin. Le docteur de Saint-Amour dit avoir appris d'un religieux de cet ordre que M. Olier était celui qui avait sollicité dans leur couvent de Paris pour qu'on y souscrivît contre les cinq propositions, mais que leurs Pères ne l'avaient pas voulu faire. {Vie de M. Olier, t. II, p. 454.)
culation qui ne peut être réduite en pratique, de dire que l'on n'est d'aucune opinion et faire alliance avec le parti des opinions, désapprouver à tout rencontre les partis opposés. On peut se cacher de paroles expresses, mais on ne peut s'empêcher de décharger son cœur. La simplicité de charité fait qu'on se découvre en simplicité sans attendre ces hauts commandements. Quand tout un ordre est d'un sentiment, il ne faut pas qu'un particulier se feigne de s'expliquer, vu surtout s'il a soussigné à tous les sentiments de son ordre. Il ne faut point tant de réserve dans les enfants de l'Évangile ; il faut publier sur les toits la divine doctrine de notre Maître, qui n'exige point de serment pour cacher sa doctrine et ne se feint point d'expliquer ses sentiments à tous. Lorsque l'on tait ces vérités, on craint de déplaire aux hommes et l'on tient la vérité en injustice.