‹ Lettres de M. Olier, fondateur du Séminaire de saint-Sulpice [microform]Chapitre 226 sur 326 · AU SOUVERAIN PONTIFE · texte numérisé non relu

AU SOUVERAIN PONTIFE

Il y supplie Innocent X, an nom de sa petite compagnie, de la recevoir sons sa protection spéciale, maintenant qu'elle est appelée par des prélats étrangers à la France.

[Paris, août 1652 (2).J

Très saint Père,

La providence de Dieu ayant établi le séminaire de Saint-Sulpice , composé d'un très grand nombre de prêtres et de clercs, dans un district fort petit et même exempt d'une juridiction ordinaire, lequel relève immédiatement du saint-siège ; ce séminaire, n'ayant pas de quoi employer ses sujets dans l'étendue de ce lieu, est en état de fournir aux diocèses de la France des sujets utiles aux évêques et au clergé, et a donné jusqu'à présent un grand nombre de curés, de chanoines, de dignités et même d'évêques en. ce royaume; ce qui a fait que messeigneurs les évêques de France, dans une assemblée générale (3), les ont approuvés et reconnus utiles à leur corps, et leur ont donné avec

(1) Sur l'autographe.

(2) La date de cette lettre, qui probablement ne fut pas envoyée, se place naturellement vers l'époque où le Roi manda à M. de Valence, son ambassadeur à Rome, d'appuyer de tout son crédit la confirmation de l'établissement du séminaire de Saint-Sulpice que M. Olier devait aller demander au pape. La lettre du Roi est du 23 août 1652.

(3) Celle de 1650 à laquelle présidèrent les archevêques de Reims et

beaucoup d'amour et joie le nom de Prêtres du clergé. De quoi ils se sont estimés très heureux , trouvant en cette qualité l'expression de leur amour et leur désir dans l'établissement de leur compagnie; espérant en même temps recevoir, avec la bénédiction de cette sainte assemblée, la grâce qui leur était utile et nécessaire pour travailler utilement aux sujets de leur dépendance, lesquels, de toute part de la France, se viennent former dedans ce séminaire et y puiser l'esprit de leur vocation.

Cette assemblée, qui jusqu'à maintenant n'avait été appelée qu'au service du clergé de la France, se contentait de paraître , quoique avec honte de sa bassesse et son indignité, devant messeigneurs les prélats du clergé, ne se voyant appelée que pour servir dans l'étendue de la France, et n'osait pas se présenter aux pieds de Votre Sainteté , quoique en esprit elle y ait été toujours attachée et qu'elle ait pris soigneusement la bénédiction de Monseigneur le Nonce dedans tous ses progrès; lequel a fait, par plusieurs fois, le bien à la maison de l'honorer de sa présence , soit pour y célébrer pontificalement dans la bénédiction de la chapelle, soit aussi pour y bénir toute la maison devant qu'elle fût habitée. Toutefois à présent qu'elle se voit appelée, par des évoques et des Églises étrangères, pour leur aller rendre service (quoique très faiblement et très indignement) , elle se sent obligée d'avoir recours à Sa Sainteté pour recevoir son approbation et bénédiction apostolique, afin de trouver la ferveur, la lumière et la force qui lui sont nécessaires pour être utile en ses petits travaux. Elle n'aurait osé paraître

d'Embrun et l'évêque de Mâcon ; elle dura depuis le 25 mai 1650 jusqu'au 13 avril de l'année suivante.

devant les yeux de Sa Sainteté, pauvre et chétive qu'elle est, si l'obligation et la nécessité ne l'y avaient contrainte; et comme sa bonté paternelle ne dédaigne pas le moindre et le dernier de ses enfants , non plus qu'un autre Jacob son Bénoni et l'enfant de douleurs; comme en effet ce petit corps a été engendré dans les persécutions et traverses du siècle et du démon, dont M^' le Nonce en a été le témoin et le protecteur et défenseur; elle espère que Votre Paternité la recevra au nombre de ses enfants, qui ne respire que son respect, son amour et son obéissance, et ne demande que d'être employée à son divin service, pour l'honneur et la gloire duquel elle offre incessamment ses vœux au ciel, s' estimant infiniment heureuse si elle est tenue pour sa fidèle et obéissante servante.

La chétive et très petite compagnie des Prêtres du clergé de France.

Autre projet destiné peut-être à modifier le premier en son commencement.

La compagnie des prêtres et des clercs de Saint-Sulpice, qui est assez nombreuse et qui ne saurait agir avec succès , non plus que toute congrégation de l'Église , sans la vertu d'un chef qui influe dans elle , a recours à Votre Sainteté comme à son chef naturel et immédiat, pour recevoir la grâce et la vertu qui lui est nécessaire pour opérer utilement et efficacement dans l'Église de Dieu.

Cette congrégation, qui est instituée pour le service et le renouvellement du clergé, est établie dans un petit détroit exempt d'une juridiction ordinaire, qui ne relève que du Saint-Siège, qui s'est réservé ce lieu.

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