‹ Lettres de M. Olier, fondateur du Séminaire de saint-Sulpice [microform]Chapitre 228 sur 326 · LETTRE CCXXVI · texte numérisé non relu

LETTRE CCXXVI

A M. DE PARLAGBS , SUPÉRIEUR DE LA COMMUNAUTÉ DE LA PAROISSE DE SAINT-SULPICE.

II se réjonit des bénédictions que Dlea donne an nonvean curé, donne avis de la proposition qu'on Ini a faite d'établir on séminaire à Avignon, parle des consolations qu'il a éprouvées en revoyant deux de ses disciples, et recommande instamment de ménager la santé des sujets.

De Bourbon, ce 2 octobre 1652.

Qui a Jésus a tout.

Monsieur et très cher en Notre-Seigneur,

J'ai enfin reçu vos lettres qui m'ont rempli de consolation, apprenant l'état de votre chère personne

(1) Sur l'autographe.

dont j'étais fort en peine. Elles m'apprennent aussi la bénédiction que Dieu donne à la paroisse. Je remercie sa divine bonté des grâces qu'il fait à M. le curé; je le conjure de tout mon cœur qu'il les augmente pour sa gloire et le bien de l'Église.

Je vous dirai que la divine providence m'a fait écrire une lettre d'Avignon, que j'ai reçue avec les vôtres, laquelle je vois importante de vous l'envoyer, afin que vous la communiquiez à nos Messieurs, pour les instruire en détail de l'ouverture qu'il y a en cette ville-là pour y avancer l'œuvre de Dieu. Pendant notre indisposition, que les médecins me disent ici ne pouvoir souffrir le tracas de Paris, j'ai pensé, après avoir fait le pèlerinage dû Puy, que je pourrais descendre sur les lieux pour voir ce que c'est et, pendant ce temps, me remettre petit à petit : ce que j'expérimente être obligé de ménager beaucoup , par les faiblesses et altérations continuelles que le coup d'une " grande maladie cause pour l'ordinaire.

Je prends la liberté de vous prier que nos pauvres messieurs de la communauté soient soulagés autant qu'il se pourra. C'est une merveille de voir un bon prêtre en des provinces entières, comme je l'apprends dans nos petits voyages. Je vous puis dire ne recevoir de joie dans la désolation que je souffre partout, qu'au rencontre des prêtres de Saint-Sulpice. M. Pinet m'a ravi de joie, en le voyant dans la solidité de ses vertus et la prudence de son zèle fervent (1). J'ai été dans l'étonnement, voyant les grâces et les talents de

(1) Joseph Pinet était de Nevers. Il entra au séminaire de Saint-Sulpice le 5 octobre 1647. M. Olier le vit sans doute à Nevers, où il exerça vraisemblablement le ministère. Il y mourut du moins le 2 juin 1657. {Cat. des entrées.)

M. Corbel, à présent qu'il est dans l'exercice (1). Conservez donc le trésor que vous avez dedans les mains et le ménagez pour l'Église de Jésus-Christ.

Monsieur, je vous prie vouloir écrire à M. de Pamiers (2) les bénédictions qu'il pialt à Dieu donner à M. le curé pour tout. Cela le consolerait et le soulagerait dans la peine qu'il a que j'aie quitté la cure. Je ne vous écris pas plus au long à cause de mes pauvres yeux, joint que les vôtres n'attendent point de réponse. Adieu, notre très cher frère en Jésus-Christ.

Olier.

LETTRE CCXXVII (3).

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