‹ Lettres de M. Olier, fondateur du Séminaire de saint-Sulpice [microform]Chapitre 229 sur 326 · A M. P. COUDERG, DIRECTEUR AU SÉMINAIRE DE SAINT-SULPIGE · texte numérisé non relu

A M. P. COUDERG, DIRECTEUR AU SÉMINAIRE DE SAINT-SULPIGE

Il lai exprime le déplaisir qu'il éprouve du retard mis, sans raison, à la vétnre d'une novice de la Miséricorde, et insiste sur l'importance de ne pas laisser écbapper les moments favorables de Dieu; il rexiiorte ensuite à souffrir patiemment ses peines.

[De Bourbon, premiers jours d'octobre 4632 (3).]

Monsieur et très honoré frère enNotre-Seigneur, J'ai reçu à Moulins celle qu'il vous a plu m'écrire

(1) M. du Ferrier, dans ses Mémoires, donne sur M. Corbel des détails de la plus haute édification. II suffira de dire que, sur un simple désir de M. Olier, il alla à Pébrac et y passa deux ans comme novice dans la vue, quand il serait profès, de disposer les religieux à embrasser la réforme. Cette tentative n'ayant eu aucun résultat, il revint à la communauté de Saint-Sulpice dont il faisait partie. Quelques années après, il fut appelé à la conduite d'une grande et riche paroisse ; mais il ne la garda pas longtemps, car se voyant avancé en âge, il permuta arec un excellent curé qui gouvernait une toute petite paroisse. Il y vécut fort pauvre, ne s'étant point réservé de pension. {Vie de M. Olier, t. II, p. 109.)

(2) François-Etienne de Caulet, évêque de Pamiers. (3, 4 et 5j Sur l'autographe.

de la veille de Saint-Matthieu, n'ayant point encore reçu celle (jue vous m'avez écrite à Blois, par Chartres, avec M"* de Gandelous (1). Je ne reçois qu'un seul déplaisir par la vôtre , savoir que cette bonne fille n'ait point encore pris l'habit, et la crainte que j'en ai ressentie par le chemin m'a obligé de vous écrire un billet, que vous aurez reçu à présent, où je vous demandais des nouvelles de vos bonnes filles, ayant surtout la vue sur elle. La crainte que j'avais de quelque retardement faisait que, lui parlant à mon départ, je la pressais plus que je n'ai de coutume de faire; sachant combien les moments favorables de Dieu doivent être fidèlement observés et suivis, on ne devait point différer pour quelque maladie ni autre accident extérieur. Une autre fois, en de pareilles rencontres, ne vous laissez point aller aux pensées des filles si aisées à séduire par l'illusion du diable, qui ne demande qu'à temporiser pour prendre l'occasion d'agir, dans les temps qui ne lui sont point interdits par la toute-piiissance de Dieu. La mère, avec tous ses jours de dévotion (2), devait se soumettre aux ordres que vous lui portiez

— Depuis son retour de Magnac, M. P. Couderc travaillait au séminaire ou à la paroisse de Saint-Sulpice. Au moment où M. Olier lui écrit, il était particulièrement chargé des religieuses de la Miséricorde qui s'é' talent établies à Paris en 1649, et dont la maison était sar la paroisse de Saint-Sulpice. {Vie de M. Olier,i. II, p. 509-561.)

— Cette date approximative est donnée par celle de la lettre précédente. M. Olier les écrivit, ainsi que la suivante, peu de jours après son arrivée à Bourbon.

(1) Voir l'éloge que M. Olier fait de M^^" de Gandelous dans la lettre suivante.

(2) 11 est probable que la supérieure des religieuses de la Miséricorde avait différé la vêture de M^® de Gandelous, afln de la placer en un jour pour lequel elle avait une particulière dévotion.

de notre part, et que je lui dis moi-même lorsque je la fus voir devant mon départ.

Pour ce qui concerne vos peines, je vous prie d'être fidèle au Fils de Dieu souffrant, qui veut encore souffrir en son Église et qui, portant ses peines et ses abattements dans les membres de son Église, les fortifie en leur intérieur et détruit l'empire de Satan qui croît à tous moments en ses élévations secrètes dedans les cœurs, prétendant faire partout son œuvre et y établir son royaume. Mon fils, vous avez subsisté jusqu'à présent par cette divine voie, et Jésus votre tout vous a fait des miséricordes en cet état, que vous n'avez pas connues et que vous ne devez pas espérer de connaître qu'au ciel, dans le jour des lumières. Je ne pense pas qu'il soit besoin que vous découvriez rien dehors de la maison, puisqu'il y a ordre exprès pour cela, et c'est un effet de votre tentation de vous faire voir du rétrécissement dans les personnes qui naturellement vous pourraient aider. Cela est ordinaire aux peines (1).

J'écris au P. Yvan, si la providence de Dieu donnait à la Miséricorde de quoi recevoir ces filles de M..., cela ne serait pas sans fruit; mais il faut prier sur ce changement de profession.

(1) M. Pierre Couderc, aiasi qu'on le voit par quelque autre passage des lettres de M. Olier, était assez enclia à se peiner intérieurement.

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