A UN ECCLESIASTIQUE DE SAINT-SULPICB
II loi parle de l'obligation où sont les prêtres de s'appliquer incessamment aox louanges de Dieu pour réparer les outrages qu'il reçoit dans le monde.
[Séminaire de Saînt-Sulpîce, vers la fin de décembre 1G32 (3).]
Monsieur,
Il me semble que notre divin Maître m'ayant délivré des obligations et des engagements pressants que
(1 2 et 3) C'était la CXXXIV^ des imprimées.
j'avais à servir le prochain, qui n'est qu'une des choses que Dieu demande de ses prêtres, et une partie de leurs obligations, je me sens tout à fait porté aux autres devoirs de notre ministère , et à satisfaire à ce que Dieu demande de nous ; qui est que ses prêtres soient en son Fils des hosties de louanges perpétuelles pour l'honorer sur la terre, comme les anges le font dans le ciel par une religion continuelle.
Notre Maître veut renouveler en l'Église l'étendue totale de son saint sacerdoce , et exprimer en sainteté parfaite tout ce qui est de sa grandeur. Or, comme il me semble que nous n'avons travaillé en nos établissements qu'aune partie de ce dessein, je pense que nous devons maintenant nous appliquer avec soin au reste de cette sainte et excellente vocation.
Je me suis vu pressé à ceci par une occasion fâcheuse que j'ai toujours devant les yeux, et qui m'a tenu en mortification , en douleur et en affliction perpétuelle jusqu'à présent que je suis en retraite et séparé du commerce du monde. C'est que durant tout le temps que nous marchions en notre voyage dans la compagnie des coches, et des escortes de soldats, nous n'entendions autre chose que jurer, que renier, que blasphémer le saint nom de notre Père et de notre Dieu.
— Le nom de cet ecclésiastique ne peut être indiqué d'une manière certaine. La teneur de la lettre semble supposer qu'elle est écrite à l'un des principaux collaborateurs de M. Olier. Si ce n'est pas M. Picoté, son directeur, ce peut être M. de Lantages qu'il venait de laisser au séminaire du Puy ou M. Maillard qui, depuis deux ou trois ans, gouvernait celui de Nantes.
— Cette date approximative est donnée par le commencement du troisième alinéa, où l'on voit que M. Olier écrit après s'être déchargé de sa cure et au retour d'un voyage fait dans la compagnie des coches et des escortes de soldats.
Ce qui me donnait la pensée qu'il fallait que les prêtres réparassent par leurs louanges perpétuelles ces outrages et ces affronts, que recevait continuellement la majesté de Dieu dans le monde, que l'on me dit être rempli de toutes parts de jureurs, de renieurs, et dé blasphémateurs du nom adorable de Dieu. Que si le ciel, par les Anges et par les Saints, répare les injures et les outrages des démons en enfer; les prêtres, qui sont nommés des anges de la terre dans l'Écriture sainte, doivent réparer les injures qui se commettent par les hommes, eux qui sont établis comme leurs procureurs auprès de Dieu, et les réparateurs de leurs injures, en qualité d'hosties et de victimes, en Jésus-Christ, pour les péchés du monde, etc.