‹ Lettres de M. Olier, fondateur du Séminaire de saint-Sulpice [microform]Chapitre 254 sur 326 · LETTRE CCLXIV · texte numérisé non relu

LETTRE CCLXIV

U lai donne nn avis utile à pinslenrs âmes, qjeà ne sauraient s'appliquer dans l'oraison aux sujets particuliers qu'on leur proppse.

[Avant l'Ascension de 1653 (3).]

Ma très chère fille et très honorée Mère , Vous m'écrivez que vous souffrez quelque peine

(I) C'était la CLIX^ des imprimées.

(2 et 3) Ce qui fait croire que cette lettre est adressée à la mère de Bres-

dans la préparation à l'oraison. Je ne m'en étonne pas. Cela doit être ainsi , parce que Dieu est toujours le même en lui et sur vous, et il vous veut, en tous vos exercices spirituels, dans un état passif. Il faut, ma fille, durant qu'on lit le sujet d'oraison, que vous usiez de la méthode que je vous ai marquée, qui est d'être élevée simplement à Dieu dans une présence confuse, et dans l'attente de ce qu'il vous donnera, sans que votre esprit fasse effort pour se rendre attentif aux matières particulières, ni qu'il y agisse par aucun choix. Attendez que l'Esprit de Dieu touche et frappe intérieurement le vôtre par son rayon , et il vous indiquera sa volonté, vous faisant connaître sur quoi il vous veut occuper en l'oraison. Soyez pourtant toujours très fidèle à assister à la lecture du sujet, soit pour l'exemple de vos sœurs , soit pour ne vous point dispenser des voies communes et générales, quoique Dieu vous traite d'une manière singulière en votre intérieur. Mais quoiqu'il vous suffise d'y assister en cette disposition particulière , inconnue à la communauté, vous ne laisserez pas de faire en sorte que la communauté s'y conduise selon les manières ordinaires, comme vous savez bien, par la grâce de Dieu, les en instruire.

sand, c'est la ressemblance parfaite qu'il y a entre les conseils qui y sont donnés et ceux qu'on voit dans les deux suivantes qui ont été certainement adressées à cette religieuse. .

— La dernière phrase suppose que la mère de Bressand était encore supérieure; elle se démit dans l'octave de l'Ascension 1653.

LETTRE CGLXV (1).

Ji LA MÊME.

n la fait rassurer sur quelques doutes qu'elle lui avait proposés toucbant sa vole intérieure (2).

[Probablement vers le même temps (3).]

Ma très honorée Mère,

Pour l'état et la disposition où vous vous trouvez ordinairement et que vous marquez bien nettement dans votre lettre, M. Olier, notre très cher Père, ne doute nullement que ce ne soit une conduite de Dieu, une faveur très particulière, et un effet très saint de son amour qui agit purement, imperceptiblement, et très intimement en vous; et il en est si convaincu, qu'après lui avoir communiqué ce que vous m'en mandez, il m'a dit que, s'il avait mille cœurs, il les emploierait à remercier Notre- Seigneur des grâces qu'il vous fait. Ainsi vous ne devez point vous effrayer dans ce vide général de tout, où vous vous trouvez souvent, quoique vous n'y ayez aucune application sensible, et que vous y soyez sans discernement quelconque. Dieu ne laisse pas de faire son œuvre intérieurement en vous, et il est aisé à le connaître, par ce calme et accoissement des mouvements de la par-

(1) Tirée, ainsi que la suirante, de la Vie de la mère deBressand, par la mère Guérin.(In-12, 1676, p. 132-133.)

(2) M. Olier se trouvant incapable de répondre de sa main, chargea l'un de ses plus chers disciples, peut-être M.'Picoté, de le faire pour lui ; mais celui-ci n'eut qu'à exprimer le pensée du serviteur de Dieu.

(3) Ce fut peut-être après sa paralysie que M. Olier fit faire cette lettre et la suivante; dans le doute on les a placées ici parce qu'elles font suite à la précédente.

tie inférieure dans les occasions qui la contrarient, par cette force à les réprimer, par cette indifférence pour tous les états où il plaira à sa divine bonté de vous mettre, et par les autres dispositions dont Dieu vous donne quelquefois la vue ; mais il ne vous la donne que comme un éclair, afin que vous servant seulement à vous affermir dans votre voie , elle ne vous serve pas d'obstacle à l'intime union en vous occupant de ses dons , et vous distrayant de ce délaissement très simple, et adhérence très unique à lui, dans la nudité d'une foi parfaitement épurée. Gomme Dieu vous conduit par cette voie de foi, ne cherchez jamais à découvrir plus que ce qu'il montre; et quand il ne vous montre rien, demeurez dans cet approfondissement fort intime, sans rien faire que d'adhérer très simplement à son attrait, et je ne dis pas même que vous y adhériez par un acte sensible ; car c'est assez que cela se fasse, et que toujours vous soyez dans cette disposition actuelle , et ce fonds d'adhérence, etc.

Page 1