‹ Lettres de M. Olier, fondateur du Séminaire de saint-Sulpice [microform]Chapitre 255 sur 326 · LETTRE CCLXVI · texte numérisé non relu

LETTRE CCLXVI

Il Ini fait tracer la voie et les règles qu'elle doit suivre dans l'oraison .

Tout ce que vous avez à observer en cette voie est de continuer la préparation du sujet de votre oraison qu'il faut prévoir toujours auparavant, sans néanmoins faire aucune violence à l'esprit , pendan t le temps que vous y êtes. Ainsi, pour y être fidèle, pendant qu'on lit le sujet de la méditation, tâchez de vous y rendre attentive; et quoique pour lors vous ne vous

(1) Voir les notes de la leltre précédente.

y sentiez nullement attachée, il faut vous faire violence pour résister à quelque autre attrait qui vous porterait ailleurs; il faut vous la faire, parce que la règle du monastère qui porte qu'on lira et préparera le sujet de la méditation, est une marque plus assurée de la volonté de Dieu que tout autre attrait, et en la suivant on marche en assurance, parce qu'on est à couvert de toute illusion. Mais, lorsque vous aurez ainsi préparé votre sujet, ne faites aucun effort pour vous en occuper dans le commencement de l'oraison; mais après vous être abandonnée et anéantie devant Dieu, suivez en simplicité l'attrait qu'il vous donnera sans vous en écarter aucunement, sous prétexte de reprendre votre sujet; ainsi vous satisferez à ce que vous devez, et ne ferez point de violence à l'esprit.

LETTRE GGLXVII (1).

A MADAME TRONSON (2)

Après l'avoir remerciée des services qu'elle loi a rendas, il l'exborte ft s'anéantir afln que Dieu la possède pleinement.

[Vers le mois de mai 1633 (3).]

Ma très chère et très honorée fille.

Enfin je fais ce que je dois avec beaucoup de joie,

(1) C'était la CCXLVIP des imprimées.

(2) Elle portait en titre : Il écrit à une personne, qui se laissait abattre par la vue de ses faiblesses, ce qui suppose que toute la lettre est adressée à la même persoune. Or le dernier tiers était un fragment de la lettre que M. Olier écrivit d'Argenteuil à M'"^ Tronson et qu'on va lire immédiatement. Il n'est persoime d'ailleurs à qui le serviteur de Dieu pût adresser plus à propos et les remercîments et les encouragements que renferme cette lettre.

(3) La date n'est pas connue, mais outre que la lettre convient bien à l'été de 1653, il paraît à propos de la rapprocher de la suivante, à laquelle l'éditeur de 1672 l'avait unie.

qui est de vous rendre grâces de tous les biens qu'il vous a plu me faire. Je dois remercier le principe qui a opéré cette charité en votre âme, et qui par elle m'a tant aidé , et fait tant de bien jusqu'à présent. Que la créature est heureuse de ce que n'étant rien et ne pouvant rien, elle voit en elle celui qui est tout et peut tout, et qui, paraissant au jour du jugement dans l'éclat et la splendeur de toutes ses opérations , la revêtira de toute la magnificence que ses œuvres mériteront. Dieu soit béni, qui est si grand en lui, et si bon dans sa créature!

Je le remercie du bien qu'il vous fait, et de l'anéantissement où il tient votre chère âme, pour la remplir et la revêtir de tout lui-même. Demeurez toujours devant Dieu en cet état, et priez sa bonté de consommer et absorber en lui ce qui peut être de propre en vous, et qui pourrait donner lieu au malin de vous faire la guerre. Je prie ce divin Tout de remplir votre fond, et de ne laisser aucun accès à la malignité de l'ennemi qui voudrait troubler votre paix.

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