LETTRE CCLXVIII
n lai parle ûu pèlerinage d'Argenteail que s on état de faiblesse l'oblige d'abréger, il l'enconrage et lui fait espérer que Jésus sera sa force et son secours.
[D'Argenteuil, vers le 22 mai 16S3 (2).] Vive Jésus en Marie.
Ma très chère et très honorée fille, Si vous ne pouvez venir aujourd'hui ni demain à
(1) Sur l'autographe.
{2} Le pèlerinage d'ArgenteuLl, où l'on honore la sainte Tunique du
cette dévotion d'Argenteuil , faites-nous la grâce de nous faire avoir, à M. le curé et à moi, le carrosse de M. de Fénelon; car M. le curé ne se peut dispenser d'être demain à midi à Paris, et moi je ne puis passer le vendredi et le samedi, ni même le reste des fêtes avec la compagnie qui doit venir ici, qui m'incommoderait beaucoup et plus que je ne pourrais me soulager par le séjour de ce lieu, où l'air s'y doit respirer en repos, silence et liberté d'esprit; ce que je ne puis faire aisément et sans blesser ces bonnes gens qui, étant fort sains, ne connaissent pas notre faiblesse qui vous est si connue, soupirant même après l'entretien des choses de piété qu'avec charité et édification je ne pourrais et ne devrais leur refuser, ayant surtout un extérieur qui marque une assez bonne santé.
Je prie Notre-Seigneur,ma chère,qu'il soit votre vertu et votre force pourfaire usage dulourd fardeau de votre croix tel que Notre-Seigneurle désire. L'Esprit qui vient fortifier toute l'Église dans ces jours ne vous laissera pas sans secours si vous êtes ouverte et préparée à sa descente. L'expérience de vos infirmités et faiblesses est un moyen dont Dieu se sert pour vous y préparer et, vous faisant connaître sa nécessité, vous obliger à le désirer avec plus d'ardeur et le demander avec plus d'instance. Adieu, ma fille, nous en dirons davantage à Paris ; le garçon part pour son maître, qui m'oblige à quitter.
Je suis enNotre-Seigneur et sa très sainte mère tout vôtre.
Si M. l'abbé (1) était à Paris il pourrait venir voir
SaoTeiiT, a lieu encore anjourd'hni pendant l'octare de l'Ascension, qui, en 1653, allait du 22 au 29 mai.
(1) Louis Tronson.
notre solitude et prendre l'air. Je ne vous propose pas le même ; vous en savez assez notre désir, mais je laisse votre conduite à celle de Notre-Seigneur et sa sainte mère qui dirige vos pas.