A LA MÊME, AU PÉRAY
n lai indique l'itinéraire qu'il se propose de suivre après avoir quitté Saumur, et la remercie avee effusion de cœur pour les nombreux services qu'elle lui rend.
[De Saumur, 6 aoûl 1653.]
Qui a Jésus a tout.
Ma très chère et très honorée fille, en Notre- Seigneur,
Je vous écris, comme vous l'aviez désiré, de Notre- Dame de Saumur, du saint jour de la Transfiguration de Notre-Seigneur, d'où j'espère de partir demain pour Saint-Martin de Tours, où je doisencore faire séjour deux ou trois jours pour m'en aller de là à Orléans, où je pense faire la bonne fête de Notre-Dame de l'Assomption, et, le lendemain, me rendre à Châtillon, d'où j'aurai le bien de vous faire savoir de nos nouvelles au Péray, pour vous demander la grâce de m'envoyer votre carrosse à laFerté, le lundi au soir d'après la fête,
(1) Sur l'autographe, dont une partie se troure dans la ni« des imprimées.
pour être mardi chez vous. Je laisse le soin à la divine providence de ce pauvre pécheur, qui en disposera comme il lui plaira, nonobstant les projets que je vous propose en simplicité comme à celle qui veut bien souffrir une charge si importune, avec tant d'excès de charité que je ne puis vous en témoigner les ressentiments de mon cœur, et en reconnaître devant Dieu la grâce et la miséricorde.
Je vous dirai, ma fille, comme je le dois, que ma santé n'est pas encore tout à fait rétablie, quoique j'aie parfois quelque repos les nuits. Notre-Seigneur, qui connaît mon inutilité et ma misère, voit bien que je ne mérite pas qu'il y mette la main, et pour cela je dois être content, et reconnaître cette conduite comme d'une justice très adorable que je vous prie de fléchir par vos prières.
Je suis de toute ma volonté votre très humble et très obéissant serviteur.
Olier.