‹ Lettres de M. Olier, fondateur du Séminaire de saint-Sulpice [microform]Chapitre 262 sur 326 · A UN PRÊTRE DE SAINT-SULPICE, PRORABLEMENT A BLOIS · texte numérisé non relu

A UN PRÊTRE DE SAINT-SULPICE, PRORABLEMENT A BLOIS

Il lai dit qae, dans les œavres de Dlea, Il ne faut pas s'appuyer snr les grands, mais sur lésus-Cbrist ; il lui exprime sa Soie d'être éloigné de la conr ponr travailler dans les llenx délaissés (3).

[Après la mi-aoûl 16S3.]

Monsieur,

Je suis bien aise d'être délivré de la cour. C'est un lieu dont j'ai toujours eu bien de l'éloignement, et je suis ravi que Dieu m'en ait banni pour jamais avec tant de rigueur. Je vous plains dans ce buisson d'épines : mais il faut attendre, pour vous en tirer, que Dieu manifeste plus amplement ses volontés. Nous sommes touchés plus que jamais de votre état depuis,.

(1) C'est la XVUl* des imprimées.

(2) On a vu déjà qu'un ecclésiastique de Saint-Sulplée fat envoyé à Blois, en 1652, pour y régler le spirituel de la cour. (Vie de M. Olier, t. II, p. 549.)

(3) Il est très probable que M. Olier a écrit cette lettre après les tentatives infructueuses faites à Blois pour établir dans cette ville un séminaire, ou du moins une petite communauté de prêtres de Saint- Sulpice. Peut-être le duc d'Orléans se montra-t-il offeosé des démarches que le serviteur de Dieu avait conseillées pour empêcher le doctem* Le Féron d'être mis en possession de l'abbaye de Saint-Laumer. Il est possible aussi que ce prince, qui protégeait ouvertement les Oratoriens, ait été blessé de l'opposition que M. Olier mettait à leur établissement dans le faubourg Saint-Germain; mais la première supposition est plus vraisemblable, et s'accorde mieux avec ce passage de la lettre : « Il te nous faut obéir à Notr^Seigneur qui nous commande de secouer la '( poudre, de nos souliers et penser à deux fois à s'approcher des grands. » M. Olier put voir le duc, à Orléans, où Son Altesse royale s'était rendue pour l'Assomption, en 1653, commme on vient de le dire d'après les Mémoires de W^^ de Montpensier.

que nous l'avons connu et ressenti par expérience. Oh! qu^il faut peu se fier aux grands et aux enfants des hommes, dit l'Écriture l II fallait que je visse ce que j'ai expérimenté, pour être confirmé dans cette vérité autant que je le dois être. Il faut que nous allions aux pays délaissés; il faut que nous quittions la foule, et que nous fuyions la concurrence des autres serviteurs de Dieu, pour aller aux lieux abandonnés. Il nous faut obéir àNotre-Seigneur, qui nous commande de secouer la poudre de nos souliers, et penser à deux fois à s'approcher des grands.

Pour l'affaire que vous désirez que je vous mande, afin d'y employer une personne de grande autorité, il sera bon que j'en confère avec vous. Il ne faut pas exposer les œuvres de Dieu à être rebutés. Qu'il est doux de faire l'œuvre de Dieu, en son Fils, et par les voies de l'esprit d'humilité, de pauvreté et de simplicité, où les grands ne doivent paraître que pour adorer de loin, et non pour y toucher, ni pour s'en approcher. Notre-Seigneur m'a appris une bonne fois comme il voulait que je me retirasse des grands , et que je prisse garde d'établir ma confiance en leur crédit. La jalousie de Dieu, qui a toujours écarté les grands, et qui les a rebutés toutes les fois qu'ils se sont présentés pour paraître en l'œuvre qu'il m'a commis, m'apprend bien que c'est là le sujet du rebut qu'il a voulu que je souffrisse; et qu'il voulait lui seul être connu en son ouvrage, qui autrement serait attribué aux hommes.

Il faut marcher dans la pureté des voies de Dieu en tout. Ce n'est pas assez de commencer, il faut continuer, et prendre garde, dans la suite des choses, de se tenir toujours à l'écart de tout ce qui pourrait blesser la

sainteté, des voies évangéliques, quoique même dans le fond, on ne se sentit pas conduit par ces principes et par ces mouvements. Il faut garder aussi bien le dehors que le dedans en l'œuvre de Dieu, et conserver l'extérieur de la conduite évangélique aussi bien que l'intérieur, marchant toujours en toute justice chrétienne et en toute sainteté. Car il faut que tout se ressente de Jésus-Christ, et que tout, tant au dedans qu'au dehors, l'annonce et le prêche.

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