‹ Lettres de M. Olier, fondateur du Séminaire de saint-Sulpice [microform]Chapitre 269 sur 326 · LETTRE CCXCIV · texte numérisé non relu

LETTRE CCXCIV

A MM. LES DIGNITAIRES, CHANOINES ET AUTRES MEMRRES DU CHAPITRE DE SAINT-MARTIN.

M. Olier et ses confrères témoignent leur reconnaissance pour la faveur qui leur a été accordée.

[Premiers mois de ICoi.]

Messieurs,

Comme nous avons passionnément souhaité la grâce d'être associés aux prières et aux bonnes œuvres de votre illustre compagnie, nous l'avons reçue aussi avec la joie et le respect que nous devons à une faveur si considérable. Notre petite communauté, qui en a rendu publiquement action de grâces à Dieu, vous supplie encore d'agréer les très humbles remerclments que nous vous en rendons. Le grand saint Martin, au culte duquel cette association nous lie plus étroitement, sera le témoin et le garant de notre très profonde et sincère reconnaissance. Nous l'honorons déjà comme un des patrons et des protecteurs de cette maison; mais la liaison qu'il vous plait que nous ayons à un corps qui le reconnaît pour chef, nous le fera révérer encore avec une dévotion particulière, et, nous unissant par un nouveau lien à votre chef, nous attachera aussi plus intimement aux intérêts et au service de votre corps, de qui nous demeurons. Messieurs, par devoir et par inclination, les très humbles, très obéis-

(1) M. Nagot, qui était de Tours, nous a conservé celte lettre dont l'autographe se voyait encore de son temps dans les archives de l'église de Saint-Martin. Elle était signée de M. Olier, de M. le Ragois de Bretonvilliers et de quelques autres prêtres de Saint-Sulpice. {Vie de M. Oi2er, t. III, p. 94.)

sants et très obligés serviteurs en Notre-Seigneur Jésus-Christ.

LETTRE CCXGV (1).

U Ini conseille, après avoir longtemps souffert la calomnie, de se justifler. Il la prémmiit ensuite contre une tentation qui la menace.

[19 mars 16S4 (2).]

Vive Jésus en Marie et Joseph.

Ma très chère et très honorée fille.

Je vous écris du jour du grand saint Joseph, peu de temps après la visite de M™" Lera (3), qui m'a averti d'un nouveau vacarme qui s'élève contre vous à la cour, pour favoriser et flatter la peine de la R. qui ne se ramollit point; et M""" Lera m'a témoigné que vous éclairciriez ces personnes si je vous le disais. Ma fille, après avoir rendu assez longtemps hommage aux humiliations de Jésus-Christ, je crois que vous devez maintenant à la charité du prochain, qui se peine, ces éclaircissements, et honorer en même temps la vérité de Jésus-Christ et sa candeur.

(1) Sur l'autographe reproduit en partie dans la LXXV° des imprimées.

(2) Cette date parait certaine non seulement pour le jour et pour le mois, mais encore pour l'année, car elle a dû précéder immédiatement la suivante, qui est de 1654, comme on va le voir. L'éditeur de 1672 les avait unies pour former la LXXV« du recueil.

(3) M. Olier, qui sortait à peine de sa paralysie quand il écrivait cette lettre, y a laissé plusieurs mots incomplètement formés. On ne voit pas bien s'il a voulu écrire Lera ou Erat, Un conseiller du parlement de Paris, paroissien de Saiut-Sulpice, se nommait Lera. {Rem. Mst., t. II, p. 126.) Le nom suivant est aussi difficile à lire. On ne voit pas s'il y a La Roche, la Rahré ou la Razé. M™* Rare était la gouvernante des jeunes filles du duc d'Orléans.

Il y a bien du temps que je remets à vous découvrir une malignité du diable qui vous veut attaquer de toutes parts; il veut secrètement et imperceptiblement vous remplir d'estime de votre propre capacité dans l'exercice des dons du Saint-Esprit. J'en vois de mes yeux de par deçà des préparatifs pour vous engager en des choses au-dessus de votre condition, de votre étage et votre sexe, et contre l'ordre de l'Église et de son Esprit-Saint, qui défend, en saint Paul, d'avoir des sentiments qui tendent aux choses hautes, au-dessus de soi; et, au contraire, que l'on doit craindre les pièges, s'en éloigner par crainte et tendre aux choses basses et humiliantes (1).

Ma chère sœur, saint Joseph aujourd'hui nous exhorte au profond et religieux silence en la présence de Dieu et des choses saintes et divines. Priez ce grand saint, silencieux en la compagnie de Jésus et Marie, attaché profondément en la grandeur des perfections de Jésus et Marie, n'ayant aucune parole dans les évangélistes sortie de sa bouche.

Faites-moi savoir de vos nouvelles par Geneviève. Êtes-vous résolue de ne parler ni de bouche ni par écrit? étant bien.aise de savoir les sentiments de votre cœur, afin de vous donner l'approbation que vous devez désirer de l'Église.

Adieu, ma très chère fille en Jésus et Marie, qui me font être tout votre acquis et obligé, comme leur serviteur et de toute leur Église.

(1) Ce passage fait probablement allusion à quelque tentative faite par les jansénistes pour gagner M™* de Saujon à leur parti.

LETTRE GCXCVI (1).

A LA MEME, A BLOIS

Il l'encoarage dans les sécberesses qa'elle endure, la porte à la simplicité et candeur des enfants de Dieu et lui exprime la crainte que le démon ne la séduise.

[Vers la fin de mars 16S4 (2).]

Ma très chère et très honorée fille,

Ne vous étonnez pas si vos sécheresses continuent. Plus vous communierez au saint sacrifice de Jésus, plus vous serez participante de ses peines intérieures. A Pâques vous pourrez, en la communion en Jésus- Christ ressuscité, recevoir du relâche et communier à sa joie divine. Ceci est le temps du sacrifice sanglant dans lequel il s'est rendu l'Époux de sang à toute son Église.

Ma fille, examinez-vous si en votre esprit ne s'est point passé quelque infidélité contre le divin Époux, ou bien dans vos paroles; car l'excès de son amour croissant, l'excès aussi de sa jalousie et de sa sévérité croîtra dessus votre âme.

(1) Sur l'autographe que la LXXV» des lettres imprimées reproduit en la joignant à la précédente, qui est adressée à la même dame.

(2) Cette date parait certaine pour le mois, car le premier alinéa suppose qu'on était au temps de la passion et que Pâques approchait. Quant à l'année, elle est assez clairement indiquée par ces mots de la lettre suivante : Il me semble que Dieu me tira dernièrement du tombeau; paroles qui n'ont pu se dire convenablement, au carême de 1653, pour désigner la guérisonque M. Olier avait reçue dix mois auparavant : placées au contraire vers la fin de mars 1654, elles expriment bien là grâce qui venait de lui être accordée lorsque, après cinq ou six mois de paralysie, Notre-Seigneur lui dit intérieurement": Je te redonne la vie pour mon Église. (Attest.auth., p. 188.) Comme dans la précédente, l'écriture de M. Olier se ressent beaucoup de son état de paralysie. Dans les lettres écrites plus tard, cela se remarque moins.

Je VOUS dirai ce qui arriva dernièrement au directeur d'une âme considérable devant Dieu et sa très sainte Mère, pour laquelle il priait. Ce saint homme est de mes intimes amis. Il vit la sainte Vierge descendre sur cette âme bien-aimée de Dieu, mais qui s'arrêta tout proche de sa tète sans y entrer. La très sainte Vierge fit entendre à ce bon directeur, très charitable vers cette âme qui lui avait été confiée par la sainte Vierge, que le défaut de candeur , de simplicité et d'enfance en cette âme l'empêchait d'y entrer; et cette âme se trouva souffrir d'extrêmes peines et sécheresses. Ma fille, voyez si vos procédés sont remplis de candeur, de simplicité et enfance que la sainte Vierge vous demande, à l'imitation de sa vie et participation de sa grâce. Avec Notre-Seigneur point de respects humains, et avec l'Église simplicité partout sans rien craindre. Devant Dieu rien ne vous doit toucher.

Ma fille, je ne puis vous cacher que, depuis quelque temps, je souffre beaucoup sur vous auprès Notre- Seigneur, et surtout depuis que vous me mandâtes de prier pour vos peines qui vous environnaient avec grande malignité; ce que Notre-Seigneur n'avait point encore permis au malin depuis que je vous connais. Vous n'aviez que des tentations humaines, lesquelles saint Paul souffrait seulement dans les premiers chrétiens : Tentatio vos non appréhendât nisi humana. Yous m'en expliquerez un jour davantage, étant bon de connaître nettement les voies que Dieu tient sur vous, sur quoi il faut veiller beaucoup plus que sur d'autres, à cause de l'envie et la rage du diable sur votre âme plus que sur beaucoup d'autres, où il n'oubliera rien si vous n'êtes fidèle à l'imitation exacte de la vie de la très sainte Vierge.

LETTRE CCXCVII (1).

A LA MÊME, A BLOIS

n l'avertit qne la connaissance de ses Tantes ne diminuera point sa cbarité pour elle; li lui montre le péril qu'il y a dans les grâces sensibles, et la sûreté qne l'on trouve en la croix.

[Avril 1634.]

Ma très ckère et très honorée fille,

J'ai appris par votre dernière lettre la peine que vous avez soufPerteparla lecture d'une des miennes; ce qui m'a beaucoup affligé, n'ayant point eu d'autre intention que de vous faire connaître l'opération merveilleuse de Dieu dans nos âmes, qui les tient dans une telle union^ que leurs sentiments sont communs, en quelque éloignement de lieux qu'elles se trouvent. Quelle fidélité de Dieu, qu'il veuille toujours tenir votre âme ouverte et sensible à celui dans lequel il vivra toujours pour vous, comme il vous l'a promis ! Cette grâce est non pareille, et elle me semble très singulière et pour vous et pour moi, tout indigne et misérable que je suis. Et bien loin que cela fasse un mauvais effet en moi, quelque chose que la grâce me découvre, il ne peut qu'augmenter le soin et la charité de Jésus-Christ pour vous, laquelle Notre-Seigneur permet que j'éprouve en moi d'une nature immobile et éternelle, selon qu'il l'exprimait par le prophète : Charitate perpétua dilexi te : Je fai aimé d'un amour éternel.

Vous êtes persuadée de cette vérité par votre Époux,

(1) C'était la CX^ des imprimées. Elle vient certainement après celle qu'on vient de lire, dont eUe est comme le complément et la justification. L'éditeur de 1672 avait placé à la fin de cette lettre un fragment pris dans une autre dont l'autographe se conserve au séminaire de Saint- Sulpice et qui était adressée à la même personne. On l'a retranché ici.

sar lequel vous êtes appuyée comme sur un rocher. Votre cœur est établi sur cette pierre ferme, sans en craindre le changement et l'inconstance. Je sais cela de vous, et je le sens en votre fond, quoique le démon en veuille dire. Plus Notre-Seigneur fait connaître d'infirmités en vous , plus il fait voir et manifeste ses soins et sa vigilance assidue sur vous. Ce qui est un surcroit de sa charité, qui le tient toujours présent, comme un miroir à son épouse , afin de lui faire connaître ce qu'elle est, et ne lui laisser jamais oublier la condition de sa bassesse et de son infirmité.

Vous savez bien ce que le saint Époux disait dans le Cantique à son Épouse : Si vous vous méconnaissez, la plus belle d'entre les femmes , allez après les pistes de vos troupeaux et de vos compagnes : voulant dire que si une âme intérieure, après la jouissance et l'union intime en l'oraison avec l'Époux, commence à l'oublier, et à faire cas d'elle-même dans le secret de son cœur, ce qui se fait imperceptiblement, alors tout d'un coup le saint Époux, qui voit souvent ce que l'épouse ne voit pas, s'apercevant qu'elle commence à s'estimer et à se reposer sur elle-même, il la renvoie , il la rebuté et la met dans le commun des âmes qui s'égarent dans le monde, et qui marchent dans un esprit grossier et qui ne regardent que la terre et le sensible.

Après les grâces sensibles il y a presque toujours à craindre pour l'âme; car ordinairement il s'y glisse quelque petite complaisance, estime et approbation d'elle-même. Et c'est là une marque très spéciale du saint amour de l'Époux, quand il permet quelques faiblesses particulières qu'il fait connaître à son amante. Il y a plus de peine à vivre dans la sainte croix, mais il y a plus de sûreté, et la pureté de l'amour de

Jésus s'y conserve mieux, la confiance en lui s'y exerce davantage, et la défiance de soi y est bien plus sensible; qui est tout le contraire de ce qui arrive dans l'état des consolations et des goûts de l'esprit.

Vous souvenez-vous que déjà par deux fois, après les grands goûts et sentiments intérieurs, le malin voulait vous tenter de vous conduire vous-même, quoique je sache bien que vous n'y ayez jamais consenti ^ et que vous l'ayez condamné avec horreur? Mais cela vous doit faire connaître que, pendant les goûts et les grands sentiments, le malin esprit croit que l'âme est dans un état bien plus susceptible de la présomption que dans la croix, où l'âme toujours craintive, toujours humiliée, et méfiante d'elle-même, a recours à son Époux, et le cherche toujours pour s'appuyer sur lui. Et c'est ce qui fait désespérer le démon , et le fait fuir "de l'âme, sur laquelle il voit qu'il n'y a rien à gagner en cet état. Car, dans cette abnégation d'elle-même, et dans cet abandon à Dieu où elle se trouve, Jésus- Christ est le tout de son épouse; laquelle, séparée de toutes choses et d'elle-même, ne veut plus vivre qu'à lui uniquement par le ressort admirable de la croix.

Au reste, ne vous inquiétez pas de ce que je vous dis. Recevez la douceur et la consolation avec humilité, comme en ayant besoin en votre infirmité, et comme vous étant donnée de celui qui voit votre faiblesse. Mais recevez aussi la croix avec amour et joie, comme étant l'état qui purifie plus saintement, qui fortifie plus puissamment, qui unit plus intimement, et qui fait rendre à l'Époux plus de témoignages du pur amour.

Notre-Seigneur me donne toujours tant de choses à vous dire, que je ne puis finir. Quand je me vois si inutile en ce monde, et que je pense que Dieu me

laisse encore quelque grâce pour vous aider, et pour servir à vos intérêts et à ce qui vous regarde, je m'estime assez heureux. Il me semble que Dieu me tira dernièrement du tombeau, et m'a laissé au monde pour vous servir, et prendre soin de tout ce qui vous appartient. Ayez donc agrément pour mes devoirs et mes services en Dieu , et je sais très content ; et ne craignez non plus de me demander tout ce que vous pouvez désirer de ce pauvre inutile , que si je n'étais resté au monde que pour cela seul.

Notre-Seigneur me fait toujours ressentir les obligations que je lui ai eu vous, et il me renouvelle souvent le souvenir de vos charités et de vos prières, de vos larmes, de vos jeûnes, de vos douleurs et de vos veilles dans ma maladie mortelle , où Dieu seul me rendit la vie, et se laissa fléchir par vous et pour vous. Ainsi n'ayez jamais Tappréhension de ce que vous me mandez ; car cela est impossible. Et quand je cesserais d'être en ce monde, je ne cesserais point d'être tout vôtre en Jésus-Christ, qui est au ciel comme en la terre ; et de l'être autant que la charité et l'esprit d'unité le peut opérer en ceux qu'il lie en la communion de sa vie divine, et qu'il unit pour la gloire et pour l'œuvre de son Père. Tout ce que je vous rends de devoirs et de soins, qui sont très faibles , m'aide à aimer Dieu , et à me rendre plus prêt à faire le reste des fonctions de ma vocation : et il me semble toujours que ce sont des moyens pour me faciliter mes obligations dans ce pèlerinage. Adieu.

Je crois devoir encore vous dire que le dessein que vous avez de me faire savoir vos fautes est une invention du saint amour, pour crucifier votre superbe et votre vanité qui se fourre partout; car par ce moyen

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elle se verra, en la liaison que vous aurez à Jésus- Christ crucifié, dérober sa proie à tout moment. Ces confessions et ces aveux de nos infirmités et de nos tentations ont toujours leur récompense. Vous en avez eu déjà l'expérience dans les dernières occasions que vous m'avez mandées^ aussi bien qu'en toutes les autres où, parle passé, vous vous êtes déclarée à fond de votre intérieur. C'est ce qui fait la communion parfaite de la vie de l'épouse à l'Époux.

Aussi depuis le temps que vous avez pris cette résolution, je vous puis assurer d'un renouvellement d'union admirable, et qu'on ne peut comprendre, qui s'est faite entre nous dans la pureté et sainteté de l'Esprit. Et la divine Mère de charité me disait encore dernièrement, me parlant de vous, et me donnant une vue d'unité et de perte commune en la divine charité : Vous ne serez jamais séparés. J'ai cru vous devoir mander ceci pourvous montrer que, bien loin que cette ouverture de cœur, avec laquelle vous me découvrez vos défauts et vos infirmités, fasse en moi des effets contraires à l'union du saint amour, elle en renouvelle la vie , et la consomme en sa perfection.

LETTRE CCXCVm (1).

Qu'il faut attendre en paix les moments de Dlen, et agir avec prudence dans son œuvre.

[Paris, avril ou mai 1654 (3).]

Ma très chère et très honorée fille.

J'eus hier l'honneur et la joie de rendre une visite à

(1, 2 et 3) C'est la XXXI» des imprimées.

notre divine Mère dans Notre-Dame (1), sans avoir le loisir d'y arrêter aussilongtemps que je l'eusse bien désiré. Néanmoins en ce peu que j 'jius, j'eus le bien d'yôtre confirmé pleinement, que vous deviez être contente de ce que vous aviez fait, pour vous mettre en liberté, sans passer plus avant. C'est assez pour cette fois. Attendez en patience l'heure du divin Maître, qui a ses temps si justes, si favorables et si doux pour exécuter ce que sa divine providence a ordonné. Il fait tout avec force et avec suavité. Et c'est ce qui ne paraît pas encore en l'exécution de cet œuvre. Ainsi il faut attendre un temps plus favorable et une ouverture plus libre et plus facile. Les fruits qui tombent d'eux-mêmes, et qui se séparent doucement de leurs arbres, ont été souvent agités par les vents, et secoués par la main des hommes, sans qu'ils soient pour cela tombés. Il est bon de tenter les choses en témoignant à Dieu la disposition et la préparation de notre àme, de laquelle il tire toujours de bons effets, quoique l'exécution ne suive pas, non plus qu'au sacrifice d'Abraham. Dieu vous rendra bien le centuple de ce que vous faites.

Pour notre voyage (2), je crois qu'il vaudra mieux le

— On ne peut douter que cette lettre n'ait été écrite à M™e de Saujon qui, après avoir tenté inutilement de quitter la cour, recevait le conseil d'attendre quelque ouverture favorable.

— Elle se place naturellement en t654, et comme elle est écrite de Paris, que M. Olier quitta dans le courant de mai pour aller à Bourbon, et où il ne revint qu'à l'arrière -saison, il faut qu'elle ait été écrite, au plus tard, dans les premiers jours de mai.

(1) M. Olier, quelques jours avant de tomber en apoplexie, avait fait voeu, au Péray, d'aller huit fois à Notre-Dame de-Paris dans l'espace d'un an. La visite dont il est parlé ici fut probablement une des premières qu'il put faire, la maladie ne lui ayant guère permis de sortir avant le mois d'avril.

(2) On ne voit pas de quel voyage il peut être question en cet endroit.

différer à un temps plus favorable et plus doux, de peur que la curiosité ne porte la personne que vous savez à faire des recherches qui auraient des suites fâcheuses. Ce qui ne se fait pas en un jour se fait bien en un autre, et la sagesse de Dieu a bien agréable qu'on use de précaution et de prudence dans son œuvre. C'est ce qu'il a recommandé à ses disciples avec soin, leur disant qu'ils fussent prudents contre le siècle comme des serpents, et les avertissant soigneusement qu'ils se gardassent des hommes, comme des suppôts du démon, qu'il incite et met en campagne, pour troubler et inquiéter son œuvre et ses ouvriers.

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