LETTRE CCXCIX (I
A UNE DE SES FILLES SPIRITUELLES (2)
Il l'exborte & vivre dans toate la perfection que demande l'état de l'enfance de la sainte Vierge, aaqnel elle est consacrée , et âi travailler partlcnliérement à l'immilité, et à la simplicité.
[Bourbon, mai 16S4 (3).]
Ma très chère fille.
Vous me demandez par la première de vos lettres
celui de Bourbon n'offrant pas les inconvénients, dont parle M. Olier. On serait tenté de croire que cet alinéa appartient à une autre lettre : le mois d'avril durant lequel il semble que celle-ci a été écrite n'étant pas un temps trop dur pour voyager.
(1) C'était la CL* des imprimées.
(2) Probablement W^' Thérèse d'Aubray, sa nièce, qui fut l'une des premières qui entrèrent dans la communauté des Filles de l'Intérieur. Peut-être avait-elle accompagné, le 19 janvier de cette année, M"^ Tronson et M™' de Saujon, quand elles allèrent à Notre-Dame de Paris, s'offrir à la sainte Vierge pour exécuter le dessein de M. Olier relativement à cette communauté; ou bien avait-elle fait en particulier la même promesse. Cela expliquerait assez bien le commencement de la lettre.
(3) Cette date paraît certaine. En 1654, M. Olier se rendit à Bourbon
ce que vous avez maintenant à faire. Je vous dirai que depuis que vous vous êtes consacrée au saint mystère de l'enfance de la très sainte Vierge , comme je crois que vous en aurez ressenti des effets, ainsi que je le vois par votre seconde, vous devez être tout autre que jamais, puisque vous devez vivre en part de cette grâce, et en communion de ce divin mystère. Il faut que vous laissiez tout votre intérieur et votre extérieur à l'espritdeMarie, lequel vous possédant pleinement, doit faire lui seul l'usage de tout vous-même, ne souffrant pas que rien de la créature extérieure trouve place en vous. Voilà une étrange obligation, selon le nouvel honneur que vous recevez en cette nouvelle consécration de tout vous-même aux mystères divins.
Je vous en dirais davantage, mais on me le défend, à cause del'usage des eaux où je suis entré depuis quelques jours. Je vous ajouterai néanmoins encore un mot de Notre-Seigneur en l'Évangile , qui est que vous preniez garde de n'entreprendre pas l'édifice de la perfection évangélique où il vous appelle, si vous n'y voulez mettre des fondements profonds, et proportionnés à la hauteur de l'édifice que vous allez entreprendre, où rien d'humain, rien de terrestre, rien du vieil homme ne doit entrer. Voyez si vous voulez être humiliée au point que demande l'Évangile, qui est de vivre toujours comme étant la dernière en votre esprit, et en celui de tout le monde; si vous voulez bien être privée de tout et délaissée de toute la créature; si vous voulez être en privation intérieure et extérieure de toute consolation , et même porter toutes sortes de douleurs et de peines dans l'âme et dans le
pendant le mois de mai, et til ne venait que de commencer l'usage des eaux quand il écrivit cette lettre.
corps; en un mot, si vous voulez aimer la croix, et la tenir pour votre tout en la foi, disant avec l'Épouse : Mon bien-aimé sera mon faisceau de myrrhe. Je l'embrasserai et le tiendrai en. mon sein.
Je vous vois dans la paix extérieure et dans l'approbation du monde, avec beaucoup de consolations sensibles dans l'intérieur. Mon cher enfant^ c'est là la voie des faibles et des infirmes : et Dieu, pendant cela, vous fait sentir vos faiblesses et vos pentes au mal, pour découvrir ce que vous êtes, pour vous apprendre combien le soutien des grâces extérieures vous est nécessaire, et pour vous faire connaître le peu de progrès de votre âme, qui n'est pas digne de ces fortes voies de l'esprit, qui servent à fortifier l'intérieur, et à le rendre digne de mettre l'âme dans toute la plénitude de Dieu. C'est ce qui vous doit beaucoup humilier.
Encore parmi vos grâces je vous donnerai deux avis nécessaires : l'un de vous tenir intimement et très profondément retirée dans l'anéantissement intérieur de la très sainte Vierge et dans sa pénitence, pour faire toujours en la vue de vous-même la séparation et le discernement de vous d'avec les dons de Dieu. Cet exercice d'humilité vous sera très utile, surtout dans l'état où vous êtes; et les tentations de vanité dont vous me parlez dans votre seconde lettre peuvent aisément vous en faire connaître la nécessité. Le second avis que j'ai à vous donner est, que vous soyez bien exacte à la 'simplicité envers Dieu et envers l'Église. Envers Dieu, afin que, pendant votre oraison, vous preniez garde à ne point détacher et détourner votre vue de dessus lui, soit pour regarder ses dons, et les examiner (car c'est autant dérober à Dieu , et s'amuser inutilement à ce
qui n'est pas lui) , soit pour vous regarder vous-même, ensuite du retour sur ses dons en vous, pour en tirer estime et complaisance.
Ce détour de Dieu sur soi et sur les dons divins a été le premier degré de la perte de l'ange et de rhomm&. Si vous voyez que les retours qui vous viendront en l'oraison sur les dons de Notre-Seigneur, viennent pour m'en rendre compte, j'aimerais mieux que vous cessassiez de me les écrire, et que vous vous contentassiez d'en faire de petits mémoires, par manière d'actions de grâces envers Dieu , que vous m'envoyeriez à votre loisir. Il faut être extrêmement exacte et fidèle à ne voir que Dieu dans l'oraison, et à n'en détourner pas les yeux.
La simplicité envers l'Église consiste à me faire savoir la nature de vos tentations, afin de voir par où le démon vous voudrait prendre. Il ne faut point lui laisser de retraite secrète où il se puisse cacher dans votre intérieur. Car c'est par là qu'il ferait ses mines, pour les faire jouer en son temps, et pour renverser la forteresse et la demeure de Jésus-Christ en vous. Il faut que tout soit ouvert et simple, et que rien ne soit caché à l'esprit de l'Église, qui doit apporter le remède aux maux, quand on les tient découverts et manifestes à ses yeux. C'est en ce temps de consolation qu'il faut prendre garde au démon du midi, qui est le plus dangereux, et qui surprend pour l'ordinaire une âme, quand elle est plus environnée de la lumière de Dieu, et qu'elle croit être en sûreté et en fort bon état.
Vous me mandez par votre première que, pendant ce temps, vous ressentîtes de grandes faiblesses et des inclinations au mal. Mandez-moi, si vous vous en souvevenez, vers quoi c'était que vous vous trouviez portée,
afin de voir de quelle part Tennemi voudrait vous prendre. Il n'est pas bien aise que l'on révèle ses tentations et ses instincts cachés. Il sait bien qu'il perd autant quand on découvre ses artifices, qu'il gagne quand il peut couvrir sa malice et ses ruses. Si toutefois vous ne vous en souvenez pas, ne vous forcez point pour vous les remettre en mémoire. Elles n'auront pas fait grande brèche, si elles ne laissent point de souvenir ni d'impression de leur malice. La simplicité naïve et sincère sera votre conduite , comme elle l'a toujours été jusqu'à cette heure; et si elle pouvait croître, je vous inviterais d'y travailler, n'y ayant rien de plus nécessaire, de plus saint, ni de plus divin dans la voie de la perfection.
Depuis cette lettre écrite, je viens de recevoir la troisième des vôtres, qui m'apprend votre mal, que je ne doute pas venir de trop d'application d'esprit^ que je vous prie de relâcher, vous contentant de votre cœur, demeurant en silence et en simplicité d'amour, de complaisance et de confiance envers le saint mystère qui vous occupe.
LETTRE CGC (1).
n renconrage ft souffrir, et à bien porter sa croix.
[Vers la fin de mai 16S4 (3).]
Ma très chère et très honorée fille.
Je vous écris aujourd'hui pour vous dire qu'ayant
(1) C'était la CXLIIP des imprimées.
(2) Sa destination n'est pas douteuse.
(3) Cette date parait suffisamment indiquée et pour le jour et pour
prié sur votre sujet, je pense toujours à ces paroles de la divine Mère, qui prédisent notre vocation pénible par ces mots : Vos souffrances seront communes. 11 faut du cœur pour porter les épreuves du pur amour de Dieu, qui veut que ses fidèles souffrent persécution, et que, vivant à lui seul, ils ne fassent rien pour eux, mais tout uniquement pour lui.
Quand je pense que Jésus-Christ, le Fils unique du Père, ne s'est jamais satisfait en lui-même pendant son séjour sur la terre, et qu'il s'est vu sur la croix dans un délaissement si grand , qu'il disait à Dieu son Père, qu'il se voyait comme un rejeton sans humeur au milieu d'une terre brûlante, ainsi que marque le prophète? Sicut radix de terra sitienti. In terra déserta et invia et inaquosa , sic in sancto apparui tihi. Quand je vois que ce Père infiniment adorable le voyait mourir dans la soif de la consolation, sans lui donner la moindre goutte des sentiments de grâce, c'est-à-dire sans la moindre consolation sensible, dont il aurait pu le soulager en son extrémité; quand, dis-je, je me le représente mourant en ce prodigieux délaissement, je dis en moi-même : Que pouvons nous trouver de trop sévère dans la conduite de notre Dieu, en quelque état de privation, de peine et de douleur où nous puissions être réduits par son extrême charité?
l'année. Au septième alinéa, il est dit que depuis qu'elle s'est offerte comme victime, M""" de Saujon a été deux ou trois ans dans les consolations, que l'immolation est venue ensuite. C'est en novembre 1651 que celte dame fit yœu d'hostie. En 1653, elle éprouva, comme on l'a vu, bien des rebuts et des mépris à la cour de Blois ; c'était l'immolation extérieure : quant à l'intérieure dont il est parlé dans cette lettre, ce fut surtout en 1654 qu'elle l'endura. Cette année-là l'octave de la Pentecôte, pendant laquelle la lettre fut écrite, tombait dans la dernière semaine de mai. En ce moment M. Olier était lui-même privé des lumières et des consolations dont, en d'autres temps. Dieu le favorisa souvent.
Vous dirai-je un mot qui m'est venu en l'esprit, et qui vous paraîtra peut-être un peu sévère? C'est que Dieu veut porter les âmes de ses fidèles jusqu'à ce point de dénùment, que de les arracher à elles-mêmes, et les tenir suspendues au-dessus de toute propre satisfaction. Il veut qu'elles vivent toujours à lui et qu'elles le cherchent en pureté, en sainteté et en droiture, sans avoir égard à elles , et sans se retourner sur ellesmêmes. Il ne veut point qu'on se voie, ni qu'on se regarde que pour. lui; et il désire que l'on agisse en cette unique vue de lui plaire en tout, et d'accomplir sa sainte volonté quelle qu'elle soit. C'est pourquoi il les prive de toute consolation, parce que la consolation a toujours quelque chose en soi qui satisfait, et qui fait que la créature s'y recherche elle-même.
Allons donc à Dieu seul en Jésus et Marie , dont l'union intime ne souffrira plus d'autre regard que de Dieu. C'a été l'unique vue de Notre-Seigneur et de la très sainte Vierge vivant dans le monde : et c'estla seule qu'ils ont encore maintenant vivant dans les cœurs, et qu'ils conservent dans toutes les âmes qui épousent leur esprit, leur vie et leur conduite. Ces voies sont dures et pénibles à la chair; mais elles sont du pur Esprit, qiii pour cela descend sur nous, et se renouvelle tous les jours dans l'Église par le divin mystère que nous honorons et solennisons en cette octave.
Lessaints apôtres, encore pleins d'eux-mêmes, étaient si faibles et si débiles, qu'ils ne purent souffrir l'exemple de leur Maître à la croix. Ils s'enfuirent à ses seules approches, et pour les affermir, ils eurent besoin du Saint-Esprit, esprit de force qui leur fut donné au jour de la Pentecôte. Or c'est ce qui nous est aussi donné par le sacrement de confirmation, où le Saint-
Esprit vient en nous, pour nous apprendre à nous fortifier tous les jours en la vertu intérieure de l'esprit, à nous séparer de la chair, à nous tenir dans l'aliénation de nous-mêmes, et à ne vivre qu'en lui seul, qui nous rendra maîtres de la chair, du monde et du démon, trois ennemis qui veulent toujours nous attirer à eux, ou nous dégoûter du service de Dieu en notre vocation.
Quand je me représente où vous êtes, et où Notre-Seigneur vous a mise, et que je pense à vous en voir sortir, je tremble, voyant surtout les obstacles puissants que la providence de Dieu ne lève pas, et qu'il vous tient, ce semble, enchaînée et captive dans des liens piquants de toutes parts, pour vous arrêter en sa prison de pénitence. L'Écriture sainte dit qu'il vaut mieux aller dans une maison lugubre et de tristesse, que dans une maison de festin. Vous n'êtes plus maintenant, comme autrefois, dans une maison de joie, de consolation et de festin ; vous n'avez plus à craindre, comme par le passé, les applaudissements , les douceurs et les charmes. Dieu vous met à couvert de cela; car en changeant sa divine conduite sur vous, il vous a tirée de ces dangers, et vous a délivrée de ces périls; en sorte qu'il n'y a plus que l'abattement à craindre. Mais Jésus sera votre tout à jamais; il sera votre force et votre vertu en esprit, quoique l'extérieur en pâtisse; il sera en vous le prêtre qui offrira vos peines, et qui présentera toutes vos douleurs, comme autant de victimes très agréables à sa bonté divine.
Voilà une étrange leçon, laquelle je ne reçois pas sitôt pour moi et en moi, que je vous la présente, sachant que vous voulez avoir part à tous ces sentiments et à cette conduite, selon que vous me le redites tous les
jours dans vos lettres. Quels sacrifices pour moi que tous ces mots I Mais puisqu'il faut avec fidélité être conforme en tout àNotre-Seigneur et aux divines volontés de son Père, qui nous veut faire ses hosties, il faut être soumis à tout.
Dans l'ancienne loi, après avoir offert à Dieu une victime, on l'engraissait dans les étables du temple, puis on la mettait à mort, et ensuite le feu du ciel la venait dévorer (1). Après vous être offerte à Dieu en qualité d'hostie, il vous a engraissée en son temple l'espace de deux ou trois ans, où vous avez joui des douceurs du ciel et des grâces sensibles qui vous ont fortifiée, pour vous immoler ensuite, et vous faire mourir à tout vous-même, et être enfin rendue digne de la consommation du feu divin.
Au milieu de ces peines où je vous vois, et dont vous pouvez penser que je souffre davantage que de mes propres maux, ce m'est une joie très solide de voir et d'étudier les voies que Dieu observe sur vous pour votre sanctification ; car ce sont celles qu'il a observées sur son Fils et sur les chères âmes qu'il destine à sa gloire. Jésus-Christ, après avoir été longtemps dans la retraite, s'offrant incessamment en qualité d'hostie, a passé enfin par le crucifiement, par la mort et par la sépulture, et puis il est entré dansla consommation du feu divin, qui est l'amour de Dieu le Père. J'ai toujours espéré que Dieu vous ferait cette grâce de vous faire passer par tous les saints mystères de son Fils, qui ne les aurait pas opérés pour ses élus, s'il n'avait voulu les en rendre participants. Adieu.
S'il faut pourrir comme le bon grain pour fructifier,
(1) Voir la note de la lettre CCLXII% p. 167.
et pour devenir une nouvelle créature, et que Dieu permette pour cela ce mauvais traitement que l'on vous fait, se servant des mauvaises humeurs de cette personne, et soufErant que le tentateur vous persécute par elle, il faut honorer en tout ce principe universel de votre conduite, qui use avec amour, justice, sagesse et miséricorde de tous ces traitements, pour vous faire mourir à vous, et vous faire vivre en lui dans la perfection de son esprit.
LETTRE ceci (1).
Qu'elle doit attendre en paix la manifestation des ordres et des desseins de Notre-S,eigneur.
[Vers le même temps.]
Ma très chère et très honorée fille.
Je n'ai point d'ouverture certaine sur ce que Dieu peut demander de vous. Les moments du Seigneur ne sont pas encore venus. Cependant tenez-vous simplement en paix en lui et en sa divine Mère, attendant ses ordres et les saintes ouvertures de sa divine volonté. Dieu est au ciel vivant en sainteté au milieu de la splendeur de sa lumière; et nous sommes ici-bas en terre dans les ténèbres et dans l'obscurité, où il veut que nous gémissions en notre exil. C'est un état pénible, et bien contraire à la prudence des enfants du siècle, qui veulent toujours savoir à point nommé ce qu'ils feront, et ce qu'ils deviendront. Il n'en est
(1) C'est la CIP des imprimées.
(2) Le troisième alinéa indique assez clairement que la lettre est adressée à M<"« de Saujon.
pas de même des enfants de Dieu. Ils ont une sagesse qui les rend dépendants de lui à tout moment, qui les tient continuellement attentifs pour apprendre sa volonté, et qui, leur faisant demander qu'il se manifeste en la manière qu'il lui plaira, les tient dans une confiance certaine qu'il le fera dans son temps, et dans l'ordre qu'il a promis à son Église.
Notre bon Père est si aise de voir ses enfants faire profession de ne savoir où ils vont, et de marcher à tâtons en attendant ses ordres et sa voix, pour la suivre avec fidélité I II est si content de les voir dans cet état ne vouloir pas seulement ouvrir les yeux, ni se servir de leur prudence pour se conduire eux-mêmes, et sortir de la voie pénible de la foi, qui est si sûre et si avantageuse à l'âme I Cette voie est si certaine et si infaillible, qu'elle ne peut non plus manquer que Dieu même, qui a le droit de tenter ses enfants, mais qui, en prenant expérience de leur fidélité tout autant qu'il lui plaît , ne laisse pourtant jamais manquer pour un moment la lumière et le secours aux âmes qui l'attendent en paix, en patience et en confiance.
Dieu tente lui-même ses enfants, et les tente en diverses manières pour éprouver leur foi et leur fidélité. Tantôt il permet qu'ils soient persécutés : après il suspend pour quelque temps . l'effet des violences qui les pressent : puis il fait naître d'autres peines qui les tourmentent d'une nouvelle manière, en sorte qu'ils voient que la fin d'une tentation est le commencement d'une autre. La vie du chrétien, dit Job, est une milice et un combat perpétuel, dans lequel Dieu exerce l'âme pour la dégager et la détacher des créatures et d!elle-même. Et c'est ce que la sagesse du
monde à peine de souffrir; car comme elle porte l'homme à se fier à soi-même, et à se régler par sa propre prudence, elle ne peut, sans une peine extrême, se voir suspendue hors de soi , et dépendante continuellement d'autrui et de Dieu même, à moins que la foi ne l'abîme et ne l'absorbe.
Il faut que vous imitiez Abraham, ce modèle admirable d'une foi parfaite, afin que, vous oubliant vousmême, vous marchiez en foi, vous alliez en espérance contre espérance, et vous vous teniez certaine que Dieu, le père des croyants, sera le vôtre, et ne vous laissera pas dans vos besoins. Quand le temps sera venu de vous faire voir sa volonté, à laquelle il veut cependant que vous vous abandonniez, et que vous vous soumettiez en paix et en foi, il vous manifestera plus clair que le jour ce qu'il désirera de vous. En attendant, aimez votre cher et unique époux Jésus, de dessus lequel vous ne devez pas, même pour un instant, retirer votre vue ni votre cœur, étant toute à lui et ne vivant que pour lui.
Adieu. Je le prie qu'il vous détache de vous et de toutes choses.