LETTRE CCCXI
A MADAME TRONSON
Après lui avoir dit la consolation que lai donnent les dispositions dlinmilité qu'il voit en elle, il s'afflige an sujet d'une autre personne qu'il a dirigée et qui ne marcbe plus dans la simplicité des enfants de Dieu.
[Juillet 1655 (2).]
Ma très chère et très honorée fille en Jésus- Christ Notre-Seigneur,
J'ai reçu une grande joie recevant la dernière des vôtres qui me fait voir le désir que vous avez d'avancer dans la sainte humilité, et des voies que vous voulez tenir selon l'instinct de Dieu pour y parvenir.
Ma fille , pour vous parler en confiance , j'ai reçu une égale affliction d'avoir appris des nouvelles de votre pauvre fille spirituelle, qui s'est absolument abandonnée à une conduite d'illusion, sous Tapparence d'une éminente perfection, que j'ai peur qui ne la conduise en quelque précipice dont il sera presque impossible de la retirer. Je lui en ai donné quelque avis à sa dernière visite de Paris, où je trouvai déjà la face de son âme fort déguisée et altérée de ses états premiers (3).
Ma fille, si par compassion vous pouviez avoir occasion de la voir, vous lui feriez un grand bien de conférer avec elle de la simplicité de voies dont vous vous
(1) Sur l'autographe.
(2) Cette lettre a dû être écrite de Bourbon ou du Puy. M. Olier se trouvait dans cette dernière ville dès les premiers jours de juillet.
(3) 11 est probable que la fille spirituelle recommandée à M"" Tronson, et à qui s'adresse la lettre suivante, est la marquise de Portes, qui se trouvait en effet à Paris en 1655.
conduisez avec Notre-Seigneur. Recommandez-la à
M. Picoté.
. Olier.
LETTRE CCCXU (1).