A UN ECCLÉSIASTIQUE DE SES DISCIPLES
Du zèle qne les prêtres doivent avoir contre le monde, auquel ils doivent être morts. Ce qne c'est qne cette mort, et comment elle s'opère dans l'âme.
Monsieur et très cher en Notre-Seigneur,
- Vous trouverez dans cette lettre l'éclaircissement des difficultés que vous m'avez proposées dans votre: dernière. Il me semble qu'elles se peuvent réduire à ces
(1) C'est la CXCVP des imprimées.
trois, à quoi tout le reste de ce que vous m'avez écrit se rapporte. La première, ce que c'est qu'être mort intérieurement à tout ce monde. La seconde, d'où procède cette mort, et comment elle s'opère dans l'àme. La troisième, pourquoi les prêtres doivent être morts au monde, et en avoir non seulement-dégoût, mais une horreur si grande, qu'ils soient dans un zèle continuel de le détruire.
Pour la première, je vous dirai que cette mort est un dégoût intérieur que l'àme a de tout ce monde. Et remarquez que ce n'est pas seulement un mépris, c'est-à-dire une opération de l'entendement qui ne fait plus d'état de toute la créature, après en avoir une fois découvert la vanité et l'inutilité, mais c'est un dégoût que l'on ressent de toutes les choses de la terre , qui fait qu'on ne peut plus ensuite les regarder ni les souffrir.
Or ce dégoût procède pour l'ordinaire de l'union à Dieu, où l'âme ayant goûté cet objet souverainement aimable, ne peut plus avoir qu'un extrême dégoût de tout le reste. Car, comme Dieu comprend en soi tout l'être, et qu'il a de quoi remplir et contenter toutes nos facultés, il les satisfait toutes pleinement par son application. De sorte que la faculté de goûter, de flairer, de toucher, de voir et d'ouïr, qui sont des facultés intérieures de l'àme, qui s'exercent par les sens, et qui ne laissent pas de demeurer en l'âme, quoique l'âme n'opère point par elles, se trouvent parfaitement contentes, parce que, possédant leur véritable objet en Dieu, dans lequel elles se trouvent entièrement absorbées par une pleine satisfaction, elles ne peuvent plus rien supporter de ce qu'elles aperçoivent par les sens ; et l'âme aussi ne peut plus rien trouver en-
suite que de très dégoûtant. Cette disposition envers toute la créature grossière et imparfaite, est d'une obligation générale à tous les chrétiens; mais elle est d'une telle nécessité à tous les prêtres, que, s'ils n'en conçoivent un dégoût qui aille jusqu'à leur en donner horreur, et à les armer d'un zèle continuel pour la détruire, ils manquent à ce qu'ils doivent et à ce que Dieu demande d'eux dans leur condition. Car premièrement, tout ce monde, selon saint Jean, est dans une malignité vicieuse, qui doit être abolie, à cause du tort et de l'injure qu'elle fait à Dieu. Or, c'est à quoi doivent travailler les prêtres qui ont les intérêts de Dieu entre leurs mains, et dont l'obligation particulière est de défendre sa gloire.
De plus, toutes les créatures, avant le péché, étaient comme des miroirs de la beauté de Dieu qui le faisaient aimer; mais maintenant, comme elles attirent à elles toutes les personnes qui les regardent , elles les retirent insensiblement de Dieu. Dieu, autrefois caché en elles, se manifestait aux âmes pures et innocentes, et ainsi il était aimé dans toutes les créatures; mais présentement, comme il n'y parait presque plus, leur beauté particulière charme les hommes; en sorte que s'ils n'ont recours à la foi, et ne se servent d'elle dans les rencontres, ils y demeurent misérablement attachés. Si bien que, depuis la perte de l'innocence, elles sont très malignes, et servent d'autant d'occasions aux hommes d'offenser Dieu, qu'elles étaient utiles autrefois à le faire servir. Car, comme depuis qu'elles ont été des instruments pour le péché, elles ont été comprises dans la malédiction d'Adam, qui s'en était servi pour son crime, elles ont aussi encouru la haine et la malédiction de Dieu. Dé sorte qu'elles trempent avec
Adam dans sa malignité, qui est présentement contagieuse, et qui blesse tous ceux qui s'en approchent; à moins que la vertu , la grâce et la puissance de Notre-Seigneur ne les mette à couvert de sa malice. Cette vue doit encore donner aux prêtres bien de la haine contre le monde, qui perd ainsi les âmes ; et ils doivent avoir un grand zèle pour le détruire, afin d'ôter aux pécheurs cette occasion presque inévitable de leur ruine.
Ajoutez à cela que, depuis le péché, qui a rendu Adam, avec tout ce qui était de son domaine, tributaire du diable, le démon, comme Prince de ce siècle, usait de toute la créature selon ses desseins, qui sont d'offenser Dieu. Ainsi tout le monde était devenu comme un instrument de sa malice : Totus mundus sub maltgnopositus est, porte la version grecque. Tout le monde est dans la subjection et sous la domination du diable, et participe tout à sa malice. Et c'est ce qui doit allumer le zèle des saints prêtres contre le monde, puisqu'ils sont établis pour détruire le règne de ce malheureux prince, et pour rétablir celui de Jésus-Christ.
Enfin le monde, qui est l'assemblée des méchants, et qui fait profession de suivre les lois du diable, qui sont la superbe, l'avarice et le plaisir, qu'il suggère perpétuellement à ses suppôts (ce qui fait que tout le monde est en péché) doit être absolument en horreur aux ministres de Dieu, et à ses serviteurs ; et ils doivent avoir le zèle de l'anéantir et de le consommer au moins en sa malice et en ses mauvaises mœurs, en attendant le jour du jugement, auquel, étant revêtus du zèle et de la force de Jésus-Christ même, ils mettront avec lui le feu au monde et le consommeront, pour en faire un sacrifice parfait à la gloire de Dieu.
Jésus- Christ, comme prêtre, fera ce sacrifice glorieux ; et tous les prêtres qui ne font qu'un avec lui, entreront en part de cette auguste fonction, en récompense du zèle qu'ils auront eu pendant leur vie , pour le détruire en ses maximes et en ses mœurs. Car ceux qui par leurs mœurs auront condamné celles du monde, ceux qui l'auront jugé digne de mépris et de condamnation, ceux qui l'auront quitté, et s'en seront séparés comme d'un excommunié, auront pour récompense le droit de le juger avec Notre-Seigneur.
Ainsi les prêtres qui auront eu le zèle de sacrifier le monde à Dieu, y mettront le feu avec Jésus-Christ prêtre. Et ce zèle ardent pour les intérêts de Dieu, ce zèle brûlant et consumant tout ce qui s'oppose à sa gloire, est ce que demande la religion du prêtre, et le véritable esprit du sacerdoce.
Le zèle d'un prêtre doit être comme celui de saint Michel, qui renversa ses frères rebelles, servant de glaive entre les mains de Dieu, pour en faire des victimes éternelles dans le feu de l'enfer. Il faut qu'un prêtre soit ainsi tout de feu, pour détruire le péché et tout ce qui s'oppose à Dieu; et son zèle, comme religieux de Dieu, désireux de lui sacrifier toutes choses, et de l'honorer en toutes manières, doit s'étendre jusqu'à se séparer et se priver des choses du monde les plus innocentes, pour témoigner l'estime qu'il fait de la beauté et de la grandeur de Dieu, après laquelle seule il soupire, et qui seule le peut contenter. Il doit même travailler à ce que rien ne détourne sa vue de cet aimable objet, disant à tout le monde, comme saint Michel : Quis ut Deus? Qui est semblable à DieuP qu'est-ce qui lui peut être comparé? qui est-ce qui mérite d'être vu et d'être regardé? Rien n'est capable de détourner
mes yeux de dessus sa grandeur. Hélas ! mon Dieu, que tout périsse pour moi, que rien ne se présente à moi, que tout meure pour moi, et que tout s'anéantisse. Car, ô mon Dieu, rien ne peut être supportable auprès de vous; vous êtes toutes choses, mais sans imperfection, sans déchet et sans corruption ; vous êtes éternel, immense, infini; vous êtes adorable par tout vousmême; vous êtes Dieu en tout vous-même; il n'y a rien d'imparfait en vous. Eh! plût à Dieu, mon Créateur, que vous pussiez être connu et regardé au lieu de ces fantômes, et de ces impertinences qui amusent le monde! A quoi s'arrête-t-on? A un masque ridé qui couvre mille ordures. A quoi s'amuse-t-on? A contempler du vent, et un peu de fumée. Mon Dieu, vous êtes éternel, impérissable, interminable. Eh quoi, mon Dieu! dans peu de temps je verrai tout ce que maintenant on adore, réduit à une poignée de cendres; je verrai tout en feu, et je m'amuserai à tout cela? Hélas! non, mon Dieu, j'aime bien mieux m'attacher à vous, ô adorable Sacrificateur de tout le monde ! Rien de ces choses ne subsistera avec vous. Vous êtes l'unique objet de mon adoration, et je veux que tout le monde le confesse. Oui, je veux que toute la créature avoue qu'elle n'est rien auprès dé vous, et qu'elle doit être détruite à votre gloire. Rien ne mérite d'être auprès de votre être, et tout se doit confondre auprès de vous. Oh! s'il ne tenait qu'à moi, que je réduirais de bon cœur tout en cendre, afin de suppléer au devoir et à la religion de tout le monde! Oh! que je serais heureux, si je voyais que toutfût consommé pour votre gloire; si je voyais un feu universel qui publiât que rien ne doit être que vous! Oh! que ces flammes me plairaient, et que leur activité dévorante me serait agréable! Que ces
louanges me seraient douces, et que ce sacrifice consolerait une âme religieuse, et qui porte le respect et l'honneur qu'elle doit à la majesté infinie de Dieu !
Ce sera là le contentement de tous les saints au jour du jugement. Ils verront avec joie le feu qui brûlera le monde et qui vengera les offenses de Dieu, et ils seront ravis de voir encore paraître dans ce grand embrasement la vanité des créatures, et la solidité, la fermeté, l'immutabilité, l'éternité de Dieu, devant lequel rien n'est digne de subsister. Oh. 1 que ce grand jour sera odieux à toutes ces pauvres âmes abusées, qui aiment la vanité, et qui cherchent le mensonge ! Mais qu'il sera agréable à celles qui sont désireuses de la gloire de Dieu, et surtout aux saints prêtres, qui sont tout remplis de son culte et de sa religion î C'est là l'esprit dans lequel nous devons vivre.
Mais, en attendant ce dernier sacrifice, et cette entière consommation de toutes choses, ne laissez passer aucun jour sans lui sacrifier en esprit tout le monde avec vous, afin d'être digne de lui sacrifier son Fils. Je vous conseille de lui en bien demander la grâce, et de lui faire de cœur tous les matins cette protestation : mon Dieu, si je vous sacrifie tous les jours votre Fils, comment ferais-je difficulté de vous sacrifier tout le monde? Si je vous sacrifie celui qui a fait tout le monde, et qui vaut mieux, lui seul, que tout le monde ensemble, comment pourrais-je refuser de vous sacrifier ce qui est dans le monde? Non, mon Dieu, que je ne sois pas si misérable que de rien retenir. Je veux vous sacrifier toutes choses, sans m' excepter moimême. Que je sois tout entier sacrifié, et entièrement consommé à votre gloire. Qu'il n'y ait rien de moi qui ne vous soit consacré et dédié, qui ne soit immolé et
consommé pour vous. Et parce que j'espère par votre pure miséricorde, et par la bonté de votre Fils, qu'un jour je serai consommé dans votre sein, je me console en mon attente, désirant cependant, ô mon aimable Tout, que votre amour et votre charité consomment l'impureté qui règne en moi, et me fassent, en attendant l'éternité, une hostie consommée, une hostie de louange à votre gloire. Ainsi soît-il.
Voilà le véritable esprit du sacerdoce, et la grande disposition où vous devez être continuellement comme prêtre.
Jésus-Christ, en qualité de souverain prêtre, et de prêtre parfaitement religieux, devait offrir à son Père toutes les victimes les plus parfaites de la terre; et, après lui avoir sacrifié en esprit tout le monde, comme un jour il le sacrifiera en effet, le consommant par sa justice, ne trouvant point dans toutes les créatures de quoi se contenter, et ne pouvant se satisfaire, s'il ne venait à se sacrifier soi-même, il le fait une fois sur la croix, et il continue tous les jours au très saint Sacrement, où il est hostie et prêtre tout ensemble. Ainsi tout prêtre, pour être prêtre en perfection, et pour porter sa religion j usqu'au point que son état demande, doit être lui-même hostie de Dieu, à cause du grand zèle qu'il doit avoir de sacrifier tout à Dieu. De sorte qu'après avoir tout sacrifié, se trouvant encore de reste, il doit lui-même se sacrifier et se faire victime de Dieu; afin qu'en s'immolant de la sorte, il soit hostie et prêtre tout ensemble. La religion du prêtre n'est point effective si elle ne produit cet effet ; et c'est une chose pitoyable, que de voir un prêtre qui ne soit point encore mort intérieurement à toutes choses et à soimême.
LETTRE GCCGXVIII (1).
II lai marque la manière dont les serviteurs de Dieu doivent régler leur extérieur, pour y conserver la simplicité, riiumllité et la modestie clirétienne.
Monsieur,
Puisque vous désirez que 3e vous donne quelque règle pour votre extérieur, après avoir donné quelque posture à votre âme, je vous dirai ce qu'il a plu à Dieu de me faire remarquer aujourd'hui, savoir, que ceux qui paraissent le plus , ne sont pas pour cela les plus saints. Ainsi n'affectez point d'avoir un extérieur qui marque une sainteté particulière, mais tâchez de l'avoir toujours fort simple et fort naïf, comme Notre- Seigneur.
Il y a deux extérieurs dommageables : l'un qui porte les marques de l'extérieur du monde, qui est encore dans la composition, dans la règle et dans l'afféterie du siècle, et qui fait par là qu'on acquiert le titre d'honnête homme; comme de bien faire la révérence, et de bien composer son corps pour plaire au monde, et pour être estimé courtois, poli, civil, honnête. C'est ce qui doit être en mépris aux saints ecclésiastiques ; car, outre que ce grand soin qu'on y apporte n'est fondé souvent que sur la superbe et sur l'amour-propre , qui veulent être bienvenus partout,
(1) C'est la CCXV* des imprimées.
(2) La première phrase montre que cet ecclésiastique avait déjà reçu de M. Olier des conseils pour le bon règlement de son intérieur ; cependant la fin de la lettre indique qu'il n'était pas, actuellement , au séminaire, mais dans le monde.
qui veulent être estimés et aimés de tous, et qui recherchent toujours à s'établir dans Tesprit du monde, cela ne siérait nullement à votre état et à la sainteté de votre profession.
Je vous donne particulièrement cet avis, parce que j'ai remarqué sur cela, et avec douleur, une grande affectation en des personnes retirées, et qui, devant parleur état faire hautement profession de la mort au siècle et de la folie de l'Évangile, se laissaient néanmoins aller aveuglément à cette illusion du monde, s'imaginant par là faire merveille, et ne songeant point que c'est cette folie de l'Évangile et cette mort au monde, qui les doit rendre bienvenus, souhaités et estimés dans les compagnies, s'ils y veulent faire quelque fruit. Car autrement, cherchant à s'y faire estimer, et à y être bien reçus à cause de leur bonne grâce, ils ne feront pour l'ordinaire que de mauvais effets : comme de complaisance qu'ils donneront aux autres de leurs personnes; d'une certaine estime secrète qu'ils recherchent par cet extérieur, quoique par une volonté délibérée ils ne la demandent pas toujours; et de mille autres dérèglements fâcheux qui viennent de l'impureté de cette source.
lien est de même de ce mot d'honnête homme qu'on donne maintenant à des personnes pieuses, et que plusieurs recherchent avec affectation. On dit : C'est un honnête homme, il est bien fait, il a bonne mine, il sait son monde ; et on prend ce mot d'honnête, pour une personne qui est dans la civilité, qui sait le compliment, qui a le bon mot, et en qui on voit mille autres petites justesses mondaines , qui sont autant d'imitations du siècle, et qui par conséquent rendent une personne très éloignée des sentiments chrétiens. Car
un chrétien doit mettre sa gloire à mortifier tous ses membres, et son soin doit être de se faire voir comme un crucifié en tout son extérieur, et de paraître comme Notre-Seigneur en croix, qui n'avait rien de l'extérieur et delà régularité du monde. Je dis régularité ; car le monde a sa régularité aussi bien que la religion.
Le second extérieur qu'il faut éviter est un extérieur d'hypocrite, qui marque plus de piété au dehors qu'il n'en a au dedans. C'est là une.grimace hypocrite. Il faut que votre recueillement extérieur et votre modestie viennent du dedans. Il faut que ce soit l'esprit intérieur qui recueille l'extérieur, et qui donne une composition douce, modeste et très suave, comme il la donnait à Notre-Seigneur , qui gagnait tout le monde par son extérieur et par sa modestie. Cette modestie était en lui si considérable, que saint Paul ne trouvait rien de plus charmant pour obliger les chrétiens de satisfaire à sa demande. Je vous conjure, leur disait-il, par la modestie de Jésus-Christ. Et pour leur faire connaître que cette modestie devait être opérée en eux par la présence de Dieu : Que votre modestie, ajoute-il, soit vue de tout le monde, parce que Dieu est auprès de vous.
Il faut donc que la modestie, pour être chrétienne, et la composition extérieure du corps pour être sainte, procèdent de l'esprit et du recueillement intérieur : et il faut qu'elle soit naïve, gracieuse, point affectée nullement austère, ni particulière. Autrement elle n'est pas purement de l'esprit, mais de l'étude et du travail propre; ce qui serait pour l'ordinaire hypocrisie, et non pas modestie chrétienne. Car tout ce qui est chrétien est né du Saint-Esprit, et non pas de la chair ;
et tout ce qui est ainsi affecté pour plaire au monde, et composé par artifice et par effort, est de nous et de la chair. C'est pourquoi il faut chercher une autre voie, qui, dominant en nos âmes et sur nos corps, les compose avec une douceur, une suavité et une modestie non pareilles; comme on le voit tous les jours en de bonnes âmes qui, plus elles sont avancées dans la pureté de l'esprit, plus elles sont réglées dans leur extérieur, mais sans étude et sans aucune affectation, parce que c'est Dieu même qui compose leurs actions, et qui conduit leurs mouvements : et comme il ne fait rien dans le monde qu'avec nombre, poids et mesure, ces mouvements ne peuvent être que bien composés, qui suivent la cadence, le branle et le mouvement de ce divin Esprit. C'est un mouvement doux et suave, un mouvement fort et efficace, un mouvement libre et simple, grave et posé, honnête et charmant, sans contrainte, sans affectation et sans étude; toujours néanmoins égal et composé, toujours pieux et sans fard, qui porte continuellement à Dieu, qui ne distrait personne, qui ne donne point de peine ni de tentation, mais qui au contraire édifie et recueille beaucoup ; enfin c'est un mouvement qui se ressent toujours de la sainteté de son principe.
C'est sur ces maximes et sur ces fondements, et non pas sur ceux qu'on vous veut donner dans le monde, que je vous supplie de travailler à la modestie. Autrement vous n'acquerrez jamais cette vertu chrétienne qui vous est si nécessaire dans votre état, et vous n'en aurez que l'ombre et le fantôme.
LETTRE CCCCXIX (1).