‹ Lettres de M. Olier, fondateur du Séminaire de saint-Sulpice [microform]Chapitre 4 sur 326 · IV AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

IV AVERTISSEMENT

qui est reproduite ici et que l'on doit à M. Tronson, mettra d'avance le lecteur en état d'en apprécier le mérite. Il y verra le jugement qu'en portait cet homme si judicieux et si versé dans les matières de spiritualité, cet homme dont Bossuet et Fénelon prenaient volontiers les conseils et qui, dans les conférences d'Issy sur les états d'oraison, eut une part importante à la rédaction des trente-quatre articles qui y furent arrêtés et signés.

Et toutefois, à l'approbation d'un juge si compétent et que corroborerait au besoin celle du docteur Grandin, qui, en qualité de censeur, examina les Lettres spiritvelles avant leur impression, se joint l'approbation de Bossuet lui-même. Dans l'un de ses JDrincipaux écrits sur le quiétisme , après avoir invoqué le témoignage des auteurs mystiques les plus autorisés, sainte Térèse, saint Jean de la Croix, saint François de Sales, Gerspn, etc., il ne fait pas difficulté, sur un des points les plus élevés de la vie spirituelle, la suspension des puissances de l'âme dans l'oraison, d'apporter l'autorité de M. Olier, et, après en avoir faille plus bel éloge (1), de citer jusqu'à six passages de ses lettres sur ce sujet (2).

Ailleurs, cet homme si en garde contre toute mysticité de mauvais aloi, range M. Olier parmi les bons auteurs spirituels et dit à la sœur Cornuau « qu'elle n'avait qu'à suivre en confiance l'attrait qu'elle éprouvait pour la lecture de ses écrits (3) ».

. De telles autorités sont plus que suffisantes pour dissiper toute crainte au sujet de la doctrine contenue dans ces lettres et faire lire avec respect les passages où M. Olier, parlant à des âmes très élevées, a dû employer un lan-

(1) Audi virum prsestantissimuin ac sanctitatis odore florentem 01e- Ymm.(Mysticii7ituio,c-dp. XXX,n°99.)

(2) Ces passages sont tirés des lettres CXVIIIs CXXIIIe et CLVII de la première édition, qui sont la CCCLVI", la CCCLVII" et la CXVIII» de la nouvelle.

(3) Lettres de piété et de direction, lettre XCVIIP, à la soeur Cornuau.

AVERTISSEMENT. v

gage qu'ont de la peine à comprendre ceux qui ne sont pas encore arrivés à ces états.

Il ne faut pas non plus lire avec défiance, ou une sorte de défaveur, les nombreuses lettres que le serviteur de Dieu adressa à M™^ Anne Campet de Saujon, sa paroissienne et l'une de ses filles spirituelles les plus estimées et les plus soigneusement cultivées. Quoique, par un changement déplorable et bien surprenant, cette dame ait démenti, après la mort de M. Olier, les belles espérances que sa vertu et ses progrès dans la perfection avaient fait concevoir à ce sage directeur, les lettres, les conseils et les encouragements qu'il lui adressa, n'ont pas cessé pour cela d'être très propres à instruire, édifier et consoler; de même que les lettres écrites par saint François de Sales et sainte Chantai, à la mère Angélique Arnaud, dans le temps de la première ferveur de cette religieuse, n'ont rien perdu de leur parfum, quoique cette trop célèbre abbesse soit devenue, plus tard, janséniste obstinée et le plus ferme appui de Port-Royal.

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