‹ Lettres de M. Olier, fondateur du Séminaire de saint-Sulpice [microform]Chapitre 5 sur 326 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

DE l'édition de 1672, PAR M. TROJSSOH.

L'accueil favorable que tout le monde a fait aux premiers livres de feu M. l'abbé Olier d'heureuse mémoire, et les désirs pressants qu'un chacun témoigne de voir ce qui reste à mettre au jour des ouvrages de ce grand homme, m'ont persuadé de ne pas refuser plus longtemps au public une satisfaction si légitime ; et, en attendant que l'on mette en lumière ce qu'il a écrit sur différents sujets, de ramasser plusieurs de ses lettres spirituelles, dans lesquelles o n trouverait un abrégé de ses dispositions et de ses maximes.

Ceux qui ont été assez heureux pour converser familièrement avec cet homme de Dieu, pendant qu'il était sur la terre, seront bien aises de voir dans ce petit recueil, une partie des saintes vérités qu'ils lui ont entendu débiter autrefois, avec tant de grâce et d'onction ; et ceux qui n'ont jamais eu le bonheur de le voir, auront au moins la consolation de l'entendre ici parler sur toutes sortes de matières, et d'y contempler un portrait fidèle de la beauté de son esprit et de ses éminentes vertus.

En effet , on peut dire que , sans y penser, il s'est dé-

vin PREFACE.

peint lui-même en cet ouvrage avec tout l'éclat et le succès qu'on eût pu désirer, et que la charité qu'il avait pour le prochain ayant trahi les sentiments de son humilité, nous a laissé dans ses lettres une vive expression de son intérieur, et des perfections qu'il y tenait cachées; en sorte qu'on peut justement lui appliquer ce que Godefroy, religieux de Clairvaux, dans la Yie qu'il a faite de saint Bernard, a dit à l'avantage de ce grand saint, que l'on voyait dans ses écrits, et son portrait et sa couronne ; puisqu'on y trouvait et la matière de son panégyrique, et l'image achevée de ses vertus. Itasuam videtur expressisse imaginem, et exhibuisse spéculum quoddam sui, ut iïlud Ambrosiaiium meritoilli uideatur aptari : laude sua ipse se sonet, et laureatus spiritus scriptis coronetur suis (i).

Je puis dire le même de l'auteur de ces lettres. Quand il n'aurait pas fait d'autres ouvrages , elles seules seraient capables de faire très avantageusement son éloge, et de nous mettre devant les yeux un tableau parfait de ces belles qualités de la nature et de la grâce, qui lui ont attiré l'estime de tout le monde.

Car, sans parler de l'éminence de son génie, et de cette beauté d'esprit naturelle qui lui a fait traiter si délicatement et si à fond les matières les plus sublimes, l'éclat de ses rares vertus paraît d'une manière si noble et si élevée dans chaque page de ce volume, qu'on peut

(1) Cap. TiK

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