‹ Lettres de M. Olier, fondateur du Séminaire de saint-Sulpice [microform]Chapitre 69 sur 326 · LETTRE XXVI · texte numérisé non relu

LETTRE XXVI

A LA MÊME RELIGIEUSE

II la console sur qaelqae peine qu'elle endurait et rcxborte â s'en servir pour s'ouïr pins intimement h Dieu (2).

[Clisson, derniers mois de 1638.]

Qui a Jésus a font.

Je vous vois, par les vôtres , tout affligée : je vous laisse à penser si je ne participe point à votre peine. J'en ai appris le sujet par M. le théologal de Vannes (3) , ce qui me fait penser à ce que vous me disiez souvent, que la joie que vous aviez vous serait bien changée. Cela est vrai et Dieu a pris occasion de votre satisfaction pour causer votre peine : qu'il soit béni de tout, qu'il s'en glorifie, s'il lui plaît !

Que pourrai-je faire pour servir ma très chère fille ? Les prières et sacrifices y seront employés; et mandezmoi ce à quoi je vous serai utile ; car, ma très chère fille, je dois vous servir de tout mon possible après

(1) D'après l'autographe dont la CCXXIV* des imprimées reproduit une partie.

(2) Quoique la mère de Bressand ne fût pas supérieure en 1638, il est hors de doute que la conduite de la maison reposait encore principalement sur elle, d'où l'on peut présumer que le sujet d'affliction dont lui parle M. Olier se rattachait à quelque difficulté dans le gouvernement de la communauté. Ce qui semble autoriser cette supposition, c'est que, d'après la fin de la lettre, la nomination du nouveau visiteur fait espérer à M. Olier que la cause de la peine sera ôtée.

(3) M. Henri Basseline dont il est encore parlé à la fin de la lettre.

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les obligations que j'ai à votre très chère maison et à vous en particulier, qui avez fait une charité à un pauvre serviteur de Dieu, qui doit s'en ressentir tout autant qu'il vivra.

Vivez, ma pauvre fille, en tranquillité auprès de Bien ; unissez-vous et vous réunissez le plus souvent que vous pourrez à lui, pour perdre la vue des choses inquiétantes qui vous pourraient troubler. L'union avec Dieu, le Père des véritables et solides lumières, vous ajoutera plus de choses que toutes les adresses hors de là. Servez-vous de cette occasion pour mieux servir Dieu et lui être plus intime que jamais. Changez cet empêchement en moyen de l'aimer ; que ces inquiétudes vous servent d'avertissement que vous n'êtes pas encore unie à Dieu comme vous le devez, dont la vue doit abîmer et engloutir tout autre qui peut être en l'esprit. Je prie le Ciel qu'il vous abîme en son amour et que vous y souffriez le martyre, si c'est son bon plaisir. Vous en ferez de même pour celui que Dieu vous a donné pour être entièrement à vous, en son amour et celui de sa sainte Mère.

Depuis celle-ci, j'ai vu M. Basseline, lequel m'a témoigné avoir reçu de vos nouvelles, par lesquelles il apprend que M. Carron (1) doit faire votre visite. J'espère que Notre-Seigneur conduira le tout pour le mieux. Vous êtes bien assurée que tant que vous lui serez fidèle, il ne vous délaissera point, mais, au contraire, prendra des soins plus grands que vous ne les espérez. Qu'il soit béni à jamais de toutes ses conduites !

(1) M. Carron était un chanoine de Nantes, qui fut père spirituel de la Visitation de celte ville pendant plusieurs années. (Avchiv. de la Visit. de Nantes.)

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