‹ Lettres de M. Olier, fondateur du Séminaire de saint-Sulpice [microform]Chapitre 70 sur 326 · LETTRE XXVII · texte numérisé non relu

LETTRE XXVII

n lui témoigne sa vive reconnaissance et se recommande ft ses prières, s'abandonnant cependant â Dieu ponr la consolation et pour la sonfTrance.

[Clisson, fm de 1638 (2).] Qui a Jésus a Mit.

Ma très honorée et très chère Mère et fille,

Je vous suis infiniment obligé de vos soins, mais encore plus confus de la manière dont vous avez usé envers moi : je vous prie, modérez ces excès. Pour ceux de votre cœur vers nous, en la pure charité, je ne puis pas m'en plaindre, mais, au contraire, en louer Dieu et le bénir de tout mon cœur, vous conjurant d'avoir toujours pitié de ma faiblesse pour demander à Dieu sa force. Je ne suis rien, vous le savez; mais, avec vos prières qui m'obtiendront Jésus, je pourrai tout et serai tout en lui.

Ma très chère Mère, qu'il y a une grande différence de nous-mêmes à nous-mêmes, selon les approches et les éloignements de ces grâces ! Hélas ! qu'en peu je vois ce que je suis tout seul, et qu'en peu je connais ce que je suis avec Dieu. Très chère fille, je sens bien ce que font vos prières et celles de nos sœurs avec celles de notre fille et Mère. Je ne puis pas douter que tous ces dons ne soient obtenus par vos cœurs charitables,

(1) D'après l'autographe dont la CLXVIIle des imprimées reproduisait la principale partie' en la joignant à une autre lettre adressée à la même religieuse.

(2) M. Olier est toujours à Clisson, d'où il envoie Pierre Vivien, son domestique, à Nantes, pour en rapporter quelques figures qui y sont demeurées après son départ.

de la bonté de Dieu , dont la justice me priverait continuellement. Mais, hélas! qu'il fasse ce qu'il voudra. Ses gênes, ses croix et ses martyres, ce seront nos amours : qu'il brise, qu'il coupe, qu'il brûle, pourvu que nous l'aimions dans le fond de notre âme, très obère fiHe, c'est assez.

A Dieu, ma très honorée, je suis tout vôtre.

Olier.

Faites donner, s'il vous plaît, les figures (1) qui sont demeurées à Nantes, à Vivien pour nous les apporter,

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