‹ Lettres de M. Olier, fondateur du Séminaire de saint-Sulpice [microform]Chapitre 7 sur 326 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

Ce sentiment, si peu commun parmi les hommes, a été la disposition ordinaire de M. Olier; et bien qu'il ne pût pas ignorer les bénédictions très abondantes que Dieu versait sur ses travaux; bien qu'il se vît favorisé de plusieurs grâces extraordinaires et qu'il possédât les vertus dans un degré très sublime, il n'y avait rien néanmoins de plus humble que lui ; et on verra partout en ses écrits qu'il se regardait comme le plus inutile, le plus infidèle, et le plus grand pécheur qui fût au monde.

Sa charité n'a pas été moindre que son humilité. Elle lui faisait chercher continuellement de nouveaux moyens et de nouvelles inventions pour procurer partout le bien des âmes et l'avancement de la gloire du Fils de Dieu : et comme tout ce qu'il faisait n'était pas capable de satisfaire à l'ardeur de son zèle et de remplir toute l'étendue de ses désirs, elle l'a porté plusieurs fois à s'offrir pour aller prêcher la foi jusques à la Chine et jusques au Tonquin ; ce qu'il aurait exécuté , sans doute, s'il n'avait été retenu par l'autorité de ceux qui avaient charge de sa conduite. La France était trop petite pour cet homme apostolique ; sa charité s'étendait jusqu'au bout du monde, et jusqu'aux dernières extrémités de runivers, et renfermait dans son sein non seulement quelques villes et quelques provinces particulières, mais aussi tous les royaumes et toutes les nations de la terre. De sorte qu'on pouvait dire de cet admirable serviteur de Dieu, ce. que saint

Page 1