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LETTRE LXXX

LE P. DE SAINT-PÉ, DE L’ORATOIRE (2), A Mme TRONSON.

Après quelques paroles de consolations sur son état de souffrance, il lui conseille de se mettre sous la direction de M. Olier, que la Providence lui a donné pour curé.

[Rouen, 20 décembre 1642.]

Madame,

La grâce de Jésus-Christ Notre-Seigneur vous soit donnée pour jamais. Je vous remercie très humblement

(1) Sur 1 autographe qui se conserve au séminaire de Saint-Sulpice.

(2) François de Saint-Pé, né dans le diocèse de Paris en 1599, et dont

du soin qu’il vous a plu prendre, en l’excès de votre affliction, de m’envoyer les papiers que je vous avais demandés, que je reçus hier, n’ayant reçu votre lettre qu’aujourd’hui.

Je rends aussi grâces à Dieu de ce qu’en votre très grand besoin il vous a consolée de la visite de M. Amelote qui est celui qui, à mon jugement, a plus reçu de notre très bon père. Donnez-vous à Dieu et abandonnez-vous à lui totalement pour le glorifier en votre souffrance, comme il lui plait de vous l’inspirer et comme vous me témoignez par votre lettre le désirer. Priez Jésus-Christ, qui est l’Époux de toutes les âmes et qui le veut être spécialement des veuves, d’être luimême votre soutien et espérez plus de secours de sa bonté que jamais. La confiance qui procède de l’âme affligée rend une grande gloire à Dieu. Essayez d’en faire quelquefois des actes, nonobstant la résistance des sens qui sont infidèles, et mettez souvent votre famille en sa toute-puissante protection : vous y avez plus de droits que jamais, car Dieu aime singulièrement ceux qui souffrent et s’applique à eux avec grande miséricorde.

Puisque Dieu vous a donné pour pasteur M. Olier, ma pensée est que vous vous adressiez à lui pour les besoins de votre âme. Outre que c’est une dévotion solide de suivre toujours tant qu’on peut l’ordre

la Vie édifiante a été donnée au public, fut retiré du monde et attiré à l’Oratoire par les instructions du P. de Condren, dont il devint un des plus chers disciples. Il remplit plusieurs emplois importants dans sa Société, et mourut le 9 janvier 1679. Il était curé de Sainte-Croix de Rouen, lorsqu’il écrivit à Mme Tronson, que nous ferons connaître ailleurs, la lettre que nous reproduisons ici et qui peut servir comme d'introduction à celles que M. Olier adressa lui-même, un peu plus tard, à cette pieuse veuve, dont il fut longtemps le directeur.

ordinaire de Dieu et de préférer les pasteurs aux autres, celui-là est un très grand serviteur de Dieu et des plus zélés disciples de notre très bon père. Je ne doute point qu’il ne vous rende les charités qu’il pourra, avec un soin très particulier, dès qu’il vous connaîtra.

Je suis en Jésus et Marie, Madame, votre très obéissant serviteur.

De Saint-Pé.

A Rouen, ce 20 décembre 1642.

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