‹ Lettres de M. OlierChapitre 105 sur 226 · A UN JEUNE CLERC · texte numérisé non relu

A UN JEUNE CLERC

H lui explique, à l’occasion «le la tonsure qu’il venait «le recevoir, quelques-unes «les obligations «les clercs.

[9 juin 1643 (2).]

Monsieur et très cher en Notre-Seigneur,

J’ai bien de la joie d’apprendre votre vocation à

(1 et 2) C’est la XXVIIe parmi les imprimées. Elle se trouve presque textuellement dans les Mémoires de M. Olier.

l’état ecclésiastique, et de savoir que Jésus-Clirist vous a reçu au nombre de ses ministres , et que l'Église vous a admis au nombre de ses clercs. C’est maintenant que vous devez vous considérer comme religieux de Notre-Seigneur, puisque vous entrez dans un état où on fait profession particulière de son culte, et où on est dans un engagement de lui rendre les devoirs les plus essentiels de la religion. C’est pourquoi vous avez changé d’habit en y entrant, et on vous a revêtu de la soutane, qui est l’habit de la sainte religion, pour vous faire connaître que la profession extérieure que vous faisiez, était une profession d’une continuelle religion envers Dieu. Et c’est pour cela aussi qu’en entrant dans le clergé, on vous a déclaré que vous entriez dans sa maison pour lui rendre service, en sorte que vous deviez vous considérer le reste de vos jours comme un de ses domestiques, qui doit assister continuellement auprès de sa personne.

C’est là le sujet de la joie qui s’est répandue dans sa famille, c’est-à-dire dans l’Église, qui a témoigné à votre entrée son ressentiment, et la joie qu’elle avait de voir un de ses enfants entrer en la maison de son prince , et la cour du roi se rendre plus magnifique. Et de même que les frères se réjouissent extrêmement lorsqu’ils voient l’avancement de leur frère à la cour, et l’honneur qu’il reçoit d’être admis en la maison du souverain (1) , ainsi toute l’Église s’est tellement réjouie de vous voir admis au saint clergé, qu’en témoignage de son allégresse, elle a chanté ce beau cantique : Domini est terra et plenitudo ejus. Alors elle

— C’est la date donnée par les Mémoires.

(1) Ce trait donne à entendre que le jeune clerc appartenait à une noble famille.

s’est écriée : Ouvrez vos portes, princes du Ciel : Attollite portas, principes , vestras, et introibit Rex gloriœ ; faisant allusion à Jésus-Christ, et comparant son entrée glorieuse clans le ciel à l’entrée du clerc dans l’Église, qui est le paradis du monde.

C’est pourquoi elle en fait paraître la même joie que les anges eurent de l’Ascension de Jésus-Christ dans le ciel.

Le clerc même est estimé roi par la couronne que le pontife lui fait sur la tête , pour montrer qu’il est roi de lui-même , sans quoi il ne serait pas admis à l’honneur de la cléricature. Et pour la récompense de ses travaux et des victoires qu’il a remportées sur luimême, on lui impose cette marque d’honneur et de sa sainte royauté; ce qui est encore une allusion à la récompense que le Père éternel donne à son Fils, à son entrée dans le ciel, en le déclarant roi, et lui mettant sur la tête une couronne de pierres précieuses : Posuisii super caput ejus coronam de lapide pretioso. Aussi le clerc reçoit l’honneur de roi par la Louche des peuples qui le nomment roi des vertus : Rex virtutum , po tens in prælio ; et en esprit il est un roi de gloire, en tant qu’il est vêtu du surplis, qui signifie la vie nouvelle, la vie divine, la vie de la résurrection dont le clerc est revêtu; en un mot, la religion du ciel.

Si bien que le clerc, comme religieux de Jésus- Christ, fait profession de toute la religion dans la cléricature. Car premièrement en mettant la soutane, il en professe la première partie, et celle qui s’exerce particulièrement sur la terre, qui consiste à être humilié, à porter sa croix, à être mortifié en toutes choses; qui est le fondement que l’Évangile met de toute la religion chrétienne : Qui non renuntiat omnibus quæ possi-

det, non potest meus esse discipulus. Et secondement il fait profession de la religion du ciel, qui est marquée par le surplis : religion parfaite, religion consommée, religion que les clercs doivent imiter autant qu’ils peuvent dans l’Église par des amours, des respects et des louanges continuelles, etc.

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