‹ Lettres de M. OlierChapitre 112 sur 226 · LETTRE XC · texte numérisé non relu

LETTRE XC

H lui rend compte des dispositions avec lesquelles il a reçu une humiliation citez le prince Henri de Bourbon-Gond»; (3).

[Vers le 13 juin 1043 (4).]

Monsieur,

Depuis les complots qui se sont faits pour empêcher 1 œuvre de Dieu, et le refus que vous savez que nous avons souffert, j’ai reçu un honneur, à cette occasion, delà part de notre divin Maître que je n’eusse jamais osé désirer, car il s’est par deux fois rendu présent à mon esprit en la manière qu’il parut devant Hérode. Quoique ce roi eût eu tant de désir de le voir, néanmoins après sa première joie passée, il se moqua de lui, le traitant comme un innocent et un fou, et l’exposant à la risée de toute sa cour, qui s’en moqua, comme lui-même avait fait. 0 quelle sainte innocence, quelle modestie notre saint Maître ne fit-il pas paraître en cette occasion, quoiqu’il ne se plaignît pas et qu’il se tût! Il voyait en son Esprit, et son Père même lui laissait ressentir en paix tous ces sujets de

(1) C’est la LI° des imprimées.

(2) Ce n est pas au P. Bataille que M. Olier a pu écrire cette lettre, mais à M. Picoté, qui était tout à la fois son directeur, son confrère et un des prêtres de sa communauté.

(3) Henri de Bourbon-Condé se montra, en plusieurs circonstances, très opposé aux réformes que faisait M. Olier. Ce prince est désigné assez souvent sous le nom d’Hérodedans les Mémoires de Marie Rousseau. M. Olier, dans cette lettre, lait allusion à 1 humiliation qu’il endura de la part de cet illustre paroissien, après avoir été rétabli dans son presbytère en juin 1645. (Vie de M. Olier , t. II, p. 175,)

(4) La date est indiquée par ce qui précède.

peine qu’on lui donnait, pendant que son cœur était en joie, en bénédiction, en hommage et en adoration sous ses ordres divins.

Cet aimable Sauveur s’était rendu présent en ce lieu pour faire du bien à ce roi et à toute sa cour; et il voit tout se raidir, et s’opposer au bien qu’il y voulait faire. Il faut que nous apprenions, par cet exemple, à vivre en paix et en patience dans ces occasions en la vertu de son esprit.

Il me suffit pour cette heure de vous donner cette instruction , vous confiant encore celle-ci qui m’a été donnée sur cette vue de Notre-Seigneur, savoir que je n’avais point encore eu lieu d’imiter cette circonstance de la Passion du divin Maître, et que je devais estimer heureuse cette rencontre qui m'y donnait quelque part. En effet, bien loin d avoir peine de cette conduite, j’en adore, bénis et loue Dieu de tout mon cœur : et pour la personne que vous savez, je ne pouvais lui avoir plus d’obligation, que de m avoir servi à un si grand bonheur. J’en porterai toujours la reconnaissance dans mon cœur, et je promets à Dieu que je prierai pour elle tous les jours de ma vie. J aurais déjà oublié et étouffé le souvenir de ces choses, si Dieu ne voulait que je fisse usage en toute son étendue d’une rencontre si importante, et que je misse ordre aux suites de cette affaire dans les voies de son esprit et de son Évangile.

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