A UNE DE SES FILLES SPIRITUELLES
Que pour être fidCle à Dieu dans l’action, il faut y joindre l’oraison.
[Octobre 1643 (3).]
Ma chère fille,
Je ne puis, dans l’état où vous etes, vous exhorter a autre chose qu’à vous tenir fort recueillie, afin que l’exercice extérieur où Notre-Seigneur permet que vous soyez employée, ne vous fasse point le tort que souffrent la plupart des âmes dans ces rencontres. C’est un conseil où j’ai été confirmé depuis fort peu de jours
glorifié en son Fils unique ne l’empêchait pas de désirer, comme homme, les opprobres et les rebuts du monde.
(1) C’est la CLVe des imprimées.
(2) La teneur de la lettre porte à croire quelle est adressée à une religieuse que ses fonctions tiraient un peu de la vie d oiaison.
° (3) C’est l’époque où M. Olier lut les œuvres de saint Denis. Il en parle longuement dans ses Mémoires et dit entre autres choses que c’est, le patron des contemplatifs. Il ajoute que pour entrer en la contemplation divine il fallait n'avoir vue quelconque ni souvenir des choses grossières et terrestres.
par la lecture du grand saint Denis, Fapôtre de notre France.
Soyez donc invariablement unie et arrêtée à votre Epoux, afin qu’avec lui et en lui vous fassiez toutes choses. Autrement il se trouvera que vous ferez tout par vous-même, par votre effort, en votre vertu propre, c’est-à-dire, en un mot, que vous ne ferez rien qui vaille. C’est pourquoi, dans vos temps de loisir, recueillez-vous et faites oraison en votre chambre, quand ce ne serait qu’en adorant Dieu, ou bien en lui demandant force pour le servir, ou en vous donnant à lui pour être l’instrument de sa gloire, ou en désirant sacrifier tout ce qui est du vieil homme; ou bien en l’aimant, ou même en demandant pardon de vos péchés, et souhaitant votre totale conversion, et celle de toute la maison où vous êtes, et de tous les chrétiens ; ou en faisant souvent des actes dont je vous ai souvent parlé. Car pourvu que votre âme regarde Dieu, et s’occupe en lui, et en votre Époux, cela suffit pour une bonne oraison. La plus simple est toujours la meilleure. Nous en parlerons un jour à loisir. Adieu.