‹ Lettres de M. OlierChapitre 138 sur 226 · LETTRE CXI · texte numérisé non relu

LETTRE CXI

A LA MÊME (2)

Il souhaite la destruction parfaite du vieil homme en elle, afin «iue Dieu y vive et règne seul par son esprit.

[Vers le 10 septembre 1647 (3).]

[Ma très chère fille,]

Si la charité se pouvait plaindre de l’excès de son

(1) C’était la XXXVe des imprimées.

(2) Nous rapportons encore cette troisième lettre à MllQ du Vigean au sujet de laquelle M. Olier nous apprend lui-même qu’il reçut, à cette époque, une nouvelle grâce bien signalée, devant l'image miraculeuse de la très sainte Vierge, vénérée à Chàtillon-sur-Seine. « Comme ia sainte « vierge, dit-il dans ses Mémoires, ne peut souffrir la moindre affliction « dans lé cœur de ses enfants, pour me mettre en repos d’une peine qui « me tenait au fond du cœur, elle m’expliqua l’état d’une âme qui était a « Paris et que j’appréhendais être troublée sur sa vocation. Je la vis « dans une dilatation de cœur, dans une joie et jubilation merveilleuse « qui fut cause que je dis à M. de Bretonvilliers : Je ne suis plus en peine « de Mlle du Vigean, elle est en paix et grande joie. Et en effet, deux « jours après je reçus de ses lettres qui me firent connaître sa disposi- « tion toute semblable à ce que j’en avais porté et ressenti dedans moi- <c même. (Cité dans la Vie ms. de M. Olier, t. II, p. 224.)

Après cette faveur et celle dont il a été parlé précédemment, M. Olier pouvait bien dire à MUo Marthe du Vigean que Dieu lui faisait beaucoup de grâces par elle, et l’on ne voit pas de meilleure manière d'expliquer la première phrase de cette lettre. Ce qui est dit un peu plus bas : Je désire de ne vous trouver plus à mon retour, convient très bien aussi puisque M. Olier venait de quitter Paris pour le plus long voyage qu il

ait fait durant son ministère pastoral.

(3) M. Olier était à Chàtillon-sur-Seine le 8 septembre 16 17 [Vie ae M. Olier, t. II, p. 573), ce qui, si l’on admet nos conjectures, fixe assez exactement la date de notre lettre.

bien, je le ferais des grâces que Dieu me fait par vous. 0 Dieu, il faut bien avouer que la vérité surpasse tous les sentiments des vertus, et qu’on ne doit point trouver à redire à sa conduite, puisque Notre-Seigneur Jesus-Christ , dans la sienne, a surpris et surmonté l’attente de tous les hommes.

Allez donc et vous perdez en Dieu, qui n’a ni mesure ni borne en ce qu’il est, et en ce qu’il opère. Je désire de ne vous trouver plus à mon retour, parce que je voudrais ne trouver en vous que Dieu seul qui vous ayant absorbée en lui, vous eût entièrement ravie et dérobée à tout ce qui est de vous. Laissez pour cela régner le Saint-Esprit sur vous : laissez-le agir en toute l’étendue de ses effets et de ses opérations divines. Qu il soit en vous le destructeur universel de vous-même , et le possesseur de tout votre intérieur en l’établissement parfait de son règne divin, et dans la plénitude de toutes ses vertus et de toutes ses perfections, qui vous rendront parfaitement semblable à lui. Adieu.

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