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LETTRE CXII

A MADAME MARIE ROUSSEAU

H lai donne connaissance d’nne faveur spirituelle et intérieure dont saint Bernard l’a favorisé à Clairvaux (2).

[Probablement de Dijon vers le 10 septembre 1647 (3).]

Qui a Jésus a tout.

Madame,

J ai appris par M. Cambiac (4) que vous avez pris

(1) Sur l'autographe.

(2, 3 et 4) Après cinq ans d’un travail continuel M. Oiier se trouva si

la peine de m’écrire. J’aurais été ravi d’avoir reçu de vos nouvelles, comme je ne doute pas que vous avez été bien aise d’en avoir appris des nôtres par M. Breton villiers.

J’oubliai de vous écrire de Glairvaux [et par M. de Poussé (1) sur le sujet de Jean (2), dont sans doute vous m’écrivez , mais le temps ne me le permit pas , vu même que j’avais à vous mander le renouvellement intérieur qu’il avait plu au grand saint Bernard de me procurer sur le sujet de la charité intérieure que Dieu veut qui vive et règne dans ses [créatures, qui fut un sujet de joie et de consolation solide et assurée. Je pris résolution de vous le faire savoir, pour votre satisfaction et repos d’esprit dans cet] éloignement, et le genre de vie que Dieu désire de ceux^qui vivent à son service en la pureté de l’esprit, qui sèvre les enfants de lait et les veut soutenir d’une*plus forte nourriture. Ce n’est pas que le souvenir de l’enfance ne soit tendre et qu’il n’oblige à s’en ressouvenir souvent,

épuisé que les médecins l’obligèrent à prendre du repos. Il se détermina à faire le pèlerinage d’Annecy, qu’il avait promis à Dieu en 1637, à l’occasion d’une maladie fort grave dont il a été parlé.

— Parti de Paris le 2 septembre 1647, il visita d’abord CMtillon, où saint Bernard reçut de grandes faveurs de la sainte Vierge, puis Clairvaux, où il mourut saintement. [Vie de M. Olier, t. Il, p. 574.)

— Jean du Ferrier, dit de Cambiac, fut un des premiers séminaristes de Vaugirard : il s’attacha môme à la compagnie de Saint-Sulpice, mais il la quitta, comme on le dira bientôt. Il était frère de M. du Ferrier, qui pendant six ans aida de toutes ses forces M. Olier dans L’établissement de sa Société et la réforme de) sa paroisse.

(1) Antoine Raguier de Poussé, dont il sera bientôt parlé plus amplement, était aussi un des premiers disciples de M. Olier.

(2) Il s’agit probablement de Jean Blondeau, plus connu sous le nom de frère Jean de la Croix, lequel après la mort de M. Le Gauffre avait passé au service de M. Olier, qui l’occupait à la visite et au soulagement des pauvres. Marie Rousseau l’employait aussi assez souvent à cet office de charité.

mais, ma Mère, il faut mourir à tout et se crucifier dans les goûts de Dieu même.

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