‹ Lettres de M. OlierChapitre 15 sur 226 · ÉTABLISSEMENT DU SÉMINAIRE A PARIS · texte numérisé non relu

ÉTABLISSEMENT DU SÉMINAIRE A PARIS

Ils n’avaient pas demeuré quatre mois à Vaugirard, que la divine Providence les en tira pour les établir à Paris : et pour faire paraître que c’était sa sagesse infinie qui faisait cet établissement, il choisit un moyen qui n’était jamais venu en l’esprit à M. Olier, et qui lui donna ouverture pour faire des biens dont jusqu’alors il n’avait aucune pensée.

M. Julien de Fiesque, alors curé de Saint-Sulpice de Paris, étant affligé des désordres de sa paroisse et ennuyé de l’opposition qu’il trouvait dans plusieurs des prêtres qui y étaient habitués, et qui résistaient à tous ses desseins, conçut la pensée de quitter sa cure.

Comme il avait entendu parler du mérite de M. Olier et de la vertu de ses ecclésiastiques, il jeta la vue sur eux pour 1 execution de son dessein : il prit l’occasion d une procession qui se faisait de Saint-Sulpice à Vaugirard, pour demander à quelqu’un du séminaire, s’il n y avait personne dans leur compagnie qui voulût se charger de sa cure , et permuter quelque bénéfice

avec le sien. Cette proposition, quoiqu’elle parût avantageuse pour le dessein de M. Olier, ne fut point écoutée d’abord; notre serviteur de Dieu s’éloignant des entreprises qui avaient de l’éclat, et chacun des ecclésiastiques redoutant un si pesant fardeau.

Cependant monsieur le curé de Saint-Sulpice persiste dans sa pensée, il fait de continuelles instances, il emploie des personnes de piété, qui représentent à M. Olier, qu’il ne doit pas négliger une occasion qui lui donne entrée dans une moisson si abondante, enfin il n’omet rien de ce qu’il croit l’y pouvoir engager.

M. Olier étant ainsi sollicité se crut obligé de recommander cette affaire à Notre-Seigneur pour apprendre quelle était sa volonté.

Après beaucoup de prières faites sur ce sujet il se sentit fortifié de la grâce : et considérant combien il y avait à travailler dans cette vaste paroisse pour la gloire de Dieu, il se résolut d’entendre les propositions de M. de Fiesque et d’accepter sa cure.

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