LETTRE CLI1I
A M. DE PARLAGES, A MONTPEYRODX.
Après lui avoir parlé de l’affaire de Clermont-Lodève, d’où il retirait ses sujets, il lui exprime le grand désir qu’il a de le revoir bientôt à Paris.
[8 octobre 1649.]
Qui a Jésus a tout.
Monsieur et très honoré en la croix de Jésus- Christ Notre-Seigneur,
Je suis bien heureux de voir vos sentiments touchant votre retour. La chère Compagnie vous désire avec autant d’ardeur que vous la souhaitez, si bien, mon cher Monsieur, vous n’avez qu’à satisfaire aux projets que vous nous marquez par la vôtre.
Pour ce qui est de la conduite que messeigneurs estiment utile de tenir pour la cure de Clermont, je l’estime très sainte et très avantageuse pour l’Église et pour la maison. C’est pourquoi je vous prie de la faire suivre à M. Couderc (2). Je m’en vais lui en écrire, souhaitant que ma lettre arrive assez à temps pour
(1) Sur l’autographe.
(2) M. Faillon résume à peu près ainsi l'affaire de Clermont-Lodève dont il est parlé dans celte lettre et dans les deux suivantes : « Le prédécesseur de M. du Bosquet, M. Plantavit de la Pause, avait engagé M. Olier, probablement en 1647, à former un établissement dans le prieuré-cure de Saint -Paul, unique paroisse de Clermont - Lodève. M. Pierre Couderc y fut envoyé avec deux ou trois autres ecclésiastiques de Saint-Sulpice. M. du Bosquet, qui arriva à Lodève dans les premiers jours de 1649, ne donna pas à M. Couderc la même confiance que son prédécesseur, ce qui porta M. Olier à lui dire de remettre sa cure à quelquun de ses confrères qui fût plus agréable au prélat, et peu après, sur de nouvelles considérations, de s’en démettre simplement entre les mains du prélat. » ( Vie de M. Olier, t. III, p. 260.)
prévenir l’exécution du premier projet que l’on en avait fait et qui nous était assez pénible , mais qu’on avait suivi selon l’ordre commun, qu’il est juste d’interrompre pour des raisons si judicieuses et profitables.
Je me donne à l’esprit de Notre-Seigneur pour m’unir à vous en tout votre voyage, pour vous prendre où vous êtes et vous conduire jusqu’ici. Il ne me sera pas pénible de vous accompagner partout, car je suis plus où vous êtes et me sens plus en vous par Jésus-Christ que dans moi-même. Dieu me fasse la grâce de jouir de ce bien, ce ne sera jamais qu’après l’avoir beaucoup désiré et attendu. Mes maux me rendent indigne de vous voir et me résolvent plus aisément à votre absence et privation. Je prie le ciel qu’il me rende digne d’en jouir et de vivre pour un jamais avec vous en l’unité parfaite de Jésus-Christ en qui je suis tout vôtre.
Olier.
A Saint-Sulpice, ce jour de Sainte-Brigitte.