‹ Lettres de M. OlierChapitre 18 sur 226 · IL TRAVAILLE A L’ÉTABLISSEMENT ET AU RÈGLEMENT DU SÉMINAIRE · texte numérisé non relu

IL TRAVAILLE A L’ÉTABLISSEMENT ET AU RÈGLEMENT DU SÉMINAIRE

Pendant que notre serviteur de Dieu était ainsi occupé au service de la paroisse, il ne laissait pas de travailler à l’établissement de son séminaire, sachant bien que Dieu ne l’avait pas tiré du travail des missions, où il faisait de si grands fruits, pour l’appliquer seulement au gouvernement d’une paroisse, de quelque grande étendue qu’elle fût.

Il portait toujours dans son cœur le désir de former des prêtres, qui se répandant dans tous les diocèses soutinssent l’ouvrage des missions. C’est pourquoi sitôt qu’il fut pourvu de la cure et qu’il eut appelé à soi les ecclésiastiques qui étaient à Vaugirard, il appliqua les uns au service de la paroisse, et les autres à la conduite de cette compagnie.

Il ne se contenta pas de donner de saints règlements et de vertueux directeurs aux personnes qui s’y retiraient, il voulut encore, quelque occupé qu’il fût d’ailleurs, s’appliquer lui-même à les former et à les préparer à recevoir dignement les saints ordres.

Pour rendre cette œuvre stable , il travailla à l’affermir par les lettres patentes du roi, et par l’autorité des supérieurs ecclésiastiques. Mais quelque saint que fût ce projet, il ne laissa pas d’y trouver beaucoup

d’oppositions. Voici enfin comment l’affaire réussit après une infinité de traverses.

On lui donna avis que M§r de Corneillan, évêque de Rodez, se voulait démettre en sa faveur de son évêché, et que la reine régente agréait ce changement. Cette nouvelle ne lui donna pas moins de peine qu’il en avait ressenti les autres fois qu’on lui avait présenté le même honneur : mais comme il douta si ce n’était point un moyen que la Providence lui offrait pour l’exécution de son entreprise, il se résolut d’aller trouver monsieur l’abbé de Saint-Germain, de qui dépendait l’établissement qu’il poursuivait, pour l’assurer que si ses services lui étaient agréables et qu’il trouvât bon qu’il travaillât dans le faubourg, il ne penserait nullement à la proposition qu’on lui faisait de cet évêché : que si au contraire il ne le jugeait pas utile dans la paroisse, il s’en retirerait n’ayant rien plus à cœur que de suivre les ordres de la Providence, et de ne rien entreprendre contre le gré des supérieurs.

Monsieur l’abbé admirant son humilité et son zèle, l’assura de sa protection, et lui promit d’appuyer son dessein en tout ce qui dépendrait de lui, ce qu’il fit effectivement.

Ainsi le séminaire, dont l’érection paraissait impossible, à cause des difficultés extrêmes qu’on y avait formées , fut solidement établi environ deux ans après que M. Olier eut pris possession de la cure de Saint- Sulpice.

Page 1