‹ Lettres de M. OlierChapitre 183 sur 226 · LETTRE CLVIII · texte numérisé non relu

LETTRE CLVIII

A M. PIERRE COUDERC, A TOULOUSE (2).

Il lui propose d’aller au Puy et ensuite à Magnac pour y donner naissance à un établissement ecclésiastique.

[Vers la fin de 1649.]

Qui a Dieu a tout.

Monsieur,

Je ne sais si vos affaires sont avancées et si vous êtes en état de revenir bientôt. Je suis aussi en peine de savoir des nouvelles de la santé de M. du Ferrier que l’on me dit être fort mal. Ainsi vos desseins seront interrompus pour Saint-Flour et ne pourrez pas aller travailler en ces lieux. Vous êtes fort demandé par M. Lamothe-Fénelon à Magnac, où M. Hurtevent, si

(1) Sur l'autographe.

(2) M. P. Couderc, en quittant Clermont-Lodève, se rendit à Toulouse d’où il était originaire, et c’est de là que, ses affaires terminées, il alla à Magnac, petite ville de la Basse-Marche. Le marquis de Fénelon, dont la vertu et la bravoure sont connues, voulait créer à Magnac, dont il avait la seigneurie, une maison ecclésiastique où Ton trouvât des missionnaires pour les paroisses de ses terres, des directeurs et des professeurs pour les jeunes clercs qui voudraient s’y préparer aux fonctions du sacerdoce. Ainsi qu’on va le voir, M. Couderc, aidé de M. dTIurtevent et peut-être de quelque autre prêtre de Saint-Sulpice, en jeta les fondements, et après lui l’œuvre subsista, s'accrut et, moyennant les modifications exigées par les circonstances, elle s’est perpétuée jusqu’à ce jour. Tel est en effet l’origine du collège Magnac-Laval, dont M. l’abbé Normand vient de donner l’histoire au public. Il est à regretter que l’auteur de cette intéressante monographie n’ait pas connu les trois ou quatre lettres que M. Olier écrivit à M. Couderc au sujet de l’entreprise de Magnac.

sa santé lui permet, ira passer du temps pour se remettre et voir si l’on pourra faire un jour l’établissement d une communauté parmi ses prêtres. Il souhaiterait fort qu en revenant vous pussiez vous joindre à lui pour opérer plus efficacement; à quoi j’ai donné les mains et notre Compagnie, afin qu’en imitant notre cher Maître, vous fassiez du bien en passant. Je serais bien aise pourtant que cela n’interrompit point notre premier dessein de Notre-Dame duPuy où, après avoir passé quelques mois, vous prendriez la peine de retourner par Limoges, néanmoins après avoir rendu les hommages à notre sœur Agnès. Je ne sais pas fort bien la carte et ne sais pas si toutes ces choses sont compatibles. Au moins il y parait du besoin pour Notre-Seigneur. Je suis trop libre en votre endroit, mon cher Monsieur, mais pardonnez-moi.

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