‹ Lettres de M. OlierChapitre 186 sur 226 · AU MÊME, A MAGNAC · texte numérisé non relu

AU MÊME, A MAGNAC

U le presse de prendre du repos et d’en faire prendre à ses jeunes collaborateurs. L’intérêt de l’âme et celui de la santé le demandant impérieusement.

[Été de 1650.]

Qui a Dieu a tout.

Monsieur et très cher en Notre-Seigneur,

J’apprends que vous et tous nos très chers frères sont présentement harassés de travail, quoique non

(1) Sur l’autographe.

pas découragés. Je vous supplie au nom de Dieu, qu’il vous plaise les arrêter et leur conseiller de ma part de prendre du repos. Le Fils de Dieu, qui n’avait pas besoin de la prière pour se fortifier et se renouveler en son Père après ses travaux évangéliques, se retirait en la montagne pour faire l’oraison , apprenant à tous ses disciples de faire le même en son Église. Tant que nous serons en ce monde, nous souffrirons beaucoup de déchet dans les forces intérieures de l’esprit, dans l’exercice extérieur et pour cela nous aurons toujours besoin de nous renouveler en Dieu.

Ainsi je vous demande, pour le bien de nos frères et le vôtre, d’en user de la sorte et, quelque presse qui vous assiège, il ne faut pas céder à la tentation qui vient ordinairement avec la ferveur. Nolite peregrinari in fervore quæ ad tentationem vobis fit. Le démon ne demanderait pas mieux que de vous accabler et ces jeunes ouvriers dans leurs premiers travaux. Il n’y a rien plus à craindre que les premiers efforts de la jeunesse qui abattent et qui accablent pour tout le reste de la vie. Adieu, notre très cher frère; le ciel vous comble de ses plus saintes bénédictions.

Olier.

LETTRE CLXIl (1).

Page 1